jeudi 24 décembre 2009

Revue SIGMA n°3 - La norme alitée

Revue de recherches en psychopathologie



Prix : 16 €
Octobre 2009

CLINIQUE
« C'est trop! », un récit clinique, Jean-Char/es Troadec
Clara Allégée, Gael Nevi
Reich et le bestiaire, Claude Oger
RECHERCHES
« Le bâillon infernal », Laurent Ottavi
Le « phallus lacanien» et l'opération analytique, Mane-Hélène Blancard
La « charge mentale », Patrice Poirier
Phénomène élémentaire psychotique et psychose ordinaire, François Sauvagnat
OUVERTURES
De l'ordinaire au pire ... , Xavier Bernard
Rencontre avec Guillaume Le Blanc
Dé-penser le corps, Lucie Juliot
Évaluator, Anne Dubreucq
Editorial
Yann Divry
Névrose actuelle. Le terme est de Freud et date un peu, certes. Mais ne pouvons-nous interroger aujourd’hui ce point initial de l’invention de la psychanalyse à partir de ce que Freud appellait les « mots tout fait » de sa modernité ? – « mots tout fait » de la grande fabrique du symptôme, émergeants à la faveur de tel discours, à telle époque. Freud lui-même les égrène : anémie, sous-alimentation, surmenage, hérédité… A le relire, on est frappé par l’homologie qui se dessine entre ce qu’il appelait les névroses actuelles et ce que l’on nomme aujourd’hui le symptôme contemporain. Car de mots tout fait, nous avons aussi les nôtres : dépression, burn-out, no life, charge mentale, trouble de l’attachement etc. Autant d’offres de causes-prêt-à-porter mises sur le marché comme autant de motifs de consultations lorsque les effets du discours commun produisent un corps malade, réparable, transformable... en un mot, aliéné. Discours murmuré par un monde qui, à la différence de celui de Freud, sait que le rapport sexuel n’existe pas. L’écart entre d’un côté les débuts de l’interrogation de Freud et de l’autre les interrogations des praticiens quant aux modes de jouir contemporains est-il aussi grand qu’il parait ? Cet écart, ne relèverait il pas précisément d’un effet de discours lié aux frayages du discours analytique ? En quoi, peut être, si Freud dépasse Freud, Freud reste indépassable ; d’où, sans doute, que le sens d’un retour à Lacan, c’est le retour à Freud au sens de Lacan : que la névrose actuelle ment. Elle est effet du discours, tout comme le sujet lui-même, et se nourrit des signifiants flottant à la surface d’un Autre qui, à défaut d’être réglé par l’exception et d’exister, inexiste et pousse à la norme.

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