mercredi 29 décembre 2010

De l'ulcération

Ange Politien

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Janvier 2011 – Hermann – 30 €

Ange Politien, fin lettré de la cour des Médicis, a composé à Florence, dans la seconde moitié du Quattrocento, une œuvre poétique en italien et en latin, au sein de laquelle le long poème intitulé "Sylva in scabiem" ("De l’ulcération") apparaît comme un objet littéraire véritablement étrange : apparu d’ailleurs pour mieux se perdre, et n’être retrouvé qu’au milieu du XXème siècle, parmi les dossiers de Pic de la Mirandole conservés à Parme. Quel est donc le mal mystérieux qui ronge ce jeune homme, et dont il dépeint les ravages avec une extrême précision physiologique, une violence exacerbée, et une verve baroque incandescente ? Maladie du corps ou de l’esprit, ou les deux à la fois ? Les hypothèses ont
fleuri, allant de la gale à la mélancolie en passant par la syphilis...

Surveiller et jouir. Anthropologie politique du sexe

Gayle Rubin

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Janvier 2011 - Rostom Mesli (ed.) – 28 €

Extraits de la préface de David Halperin et Rostom Mesli
« Notre amie Gayle Rubin »

Gayle Rubin est une légende vivante des études sur la sexualité et de la queer theory. Le Marché aux femmes, qu’elle écrivit lorsqu’elle était étudiante de premier cycle, devint très vite l’article d’anthropologie sociale le plus cité ; on considère qu’il a fondé les champs de la théorie féministe et des études de genre, et qu’il est à la base de tous les travaux ultérieurs sur la construction sociale du genre. En fait, Rubin semble avoir été la première anthropologue féministe à employer le mot de « gender » dans un texte imprimé. À « Penser le sexe », autre article qu’elle écrivit dix ans plus tard, on attribue la fondation des études sur la sexualité, des études gaies et lesbiennes, et de la queer theory. Par la suite, Rubin publia une série d’articles qui l’ont confirmée dans son statut de représentante la plus éminente de ce qu’elle a elle-même appelé « une théorie radicale de la politique de la sexualité ».
Au cœur de cette théorie, l’idée que voici : ce qui, dans nos sociétés, passe pour la morale sexuelle dissimule l’opération sous-jacente d’un système illégitime de stratification sexuelle que l’on accepte sans l’interroger ; cette morale sexuelle recouvre une façon d’organiser la vie sexuelle en fonction d’une hiérarchie de privilèges et de prestige qui veut que certaines formes de comportement sexuel soient approuvées et promues comme allant de soi, tandis que les autres, aussi bien que les personnes qui les pratiquent, sont considérées comme problématiques, mauvaises, inacceptables, et sont non seulement critiquées, mais aussi persécutées, pénalisées et vouées à l’élimination au nom de l’hygiène morale et sociale.
Il n’y a, pourrait-on penser, pas grand-chose de radical dans cette perspective. Ce serait oublier qu’elle fut produite dans un temps où de nombreuses formes de comportement sexuel restaient pénalisées. D’ailleurs, jusqu’en 2003, l’État du Michigan a continué d’interdire tout rapport sexuel anal, oral, ou manuel entre deux personnes, quel que soit leur sexe, et considérait de tels actes comme des crimes passibles d’amendes et de peines qui pouvaient aller jusqu’à quinze années de prison ; et ces lois étaient parfois appliquées.
Au cours des trois dernières décennies, Rubin s’est aussi consacrée à l’écriture d’une histoire, monumentale et minutieuse, de l’émergence et de la formation, aux États-Unis, d’une subculture sexuelle spécifique qui n’avait jamais été étudiée par un anthropologue de métier ; à savoir les communautés gaies dites « cuir ». Ce travail est passé par la description et l’analyse des identités sociales (et pas seulement des pratiques sexuelles) produites par les homosexuels sadomasochistes. Le contexte politique plus large dans lequel elle a œuvré s’opposait parfois violemment à son approche, laquelle envisageait les différences de pratiques sexuelles d’un individu à l’autre comme de bénignes variations du comportement humain.
Nombreuses étaient les militantes féministes qui considéraient Rubin comme l’ennemi – comme la représentante la plus importante, la plus puissante et par conséquent la plus menaçante d’une perspective qu’elles tenaient pour antiféministe.
Le modèle théorique de Rubin, dont le raffinement et l’audace vont bien au-delà de ce que l’on peut en rendre ici, a l’avantage d’expliquer l’inégalité de genre dans des termes féministes. Rubin, en effet, place l’origine de la domination masculine, non dans une nature présentée comme fixe ou inaltérable, ou dans une essence de la féminité ou de la masculinité, mais dans des modalités d’organisation sociale et dans des pratiques institutionnelles. Mais le modèle de Rubin est politiquement efficace en un autre sens : en constituant effectivement le genre en construction socioculturelle, il vient légitimer le féminisme – conçu désormais comme champ de recherche interdisciplinaire dont l’objet principal est de mener l’analyse et la critique intellectuelles de la construction socioculturelle du genre.
Elle y revint dix ans plus tard, dans « Penser le sexe », où elle introduisit une deuxième innovation capitale. Dans ce nouvel article, elle se proposait de contester l’idée que « le féminisme est ou doit être le lieu privilégié d’élaboration d’une théorie de la sexualité ». « Le féminisme, y écrit-elle, est la théorie de l’oppression de genre », et s’il est vrai que « le féminisme sera toujours une source de réflexion passionnante sur le sexe », Rubin considérait qu’il n’avait ni ne devait avoir le monopole de la question. Au contraire, « bien que le sexe et le genre soient reliés, ils ne sont pas la même chose, et ils forment le fondement de deux aires différentes d’interaction sociale ».
À partir de 1991 et de son article sur « Les Catacombes » en particulier, Rubin sembla s’éloigner de l’anthropologie générale qui avait caractérisé ses premiers travaux, pour se consacrer de plus en plus à l’ethnographie d’espaces plus circonscrits et à l’étude de subcultures sexuelles : elle écrivit désormais sur tel bar, tel club, tel petit segment de rue, tel quartier. Ce changement présente une dimension sentimentale évidente. On aurait tort, cependant, de l’y réduire, ou de ne pas en saisir les implications politiques aussi bien qu’épistémologiques.
Le travail de Rubin n’a pas été totalement ignoré en France, mais il y est resté méconnu. Et pourtant, Rubin elle-même n’est pas sans lien avec la culture française. En 1976, elle écrivit une introduction pour la traduction américaine du roman de Renée Vivien, Une femme m’apparut. Au début des années 1970, c’est-à-dire à une époque où Jacques Lacan restait encore assez peu connu aux États-Unis, elle assista à une séance de son séminaire ; elle fut aussi la première théoricienne du genre et de la sexualité à accorder au travail de Lacan une place prépondérante. Quand Michel Foucault se rendit à San Francisco à la fin des années 1970, il prit contact avec Gayle Rubin qui s’était présentée à lui quelques années plus tôt à la Bibliothèque nationale. Dans sa découverte de la vie homosexuelle san-franciscaine et de la subculture sadomasochiste, Foucault bénéficia grandement de la connaissance qu’avait Rubin de la ville. Foucault reconnut d’ailleurs sa dette à la fois personnelle et épistémologique dans une interview où il évoque « notre amie Gayle Rubin ». La parution du présent recueil va enfin permettre aux lecteurs français de relire les réflexions que livre Foucault, dans les interviews de ses dernières années, sur la politique et sur l’éthique du sadomasochisme homosexuel masculin, à la lumière des écrits si marquants de Rubin sur le même sujet et à la même époque – et de goûter quelque chose de la saveur électrique de ces années enivrantes qui produisirent les pensées les plus audacieuses de notre temps sur le sexe, l’éthique et la politique, élaborées par des individus qui faisaient collectivement l’expérience physique et intellectuelle des limites des possibilités humaines.

Répondre de la parole

Daniel Lemler

9782749213477FS

Janvier 2011 – Erès – 23 €

« Mais où est passée l'humanité dans tout cela ? » Ce cri du coeur, poussé par une femme venant d'effectuer un long parcours en « FIV » dans un grand service parisien, introduit magistralement la question qui sera traitée dans cet ouvrage.
Alors que nombreux sont ceux qui déplorent la déshumanisation de notre société, l'auteur pose la question. « Quelle est ta part dans ce qui t'arrive ? », qui pourrait être le symbole de notre lutte contre la déshumanisation. Elle nous interpelle au lieu de notre subjectivité et nous invite à être hic et nunc, auteur de notre parole et d'en répondre.

mercredi 22 décembre 2010

Savoir inconscient et droits de l'homme

Revue INSISTANCE - Coordination : Alain DIDIER-WEILL - Paolo LOLLO

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Décembre 2010 – Editions Erès – 25 €

À quelles conséquences prêtent la reconnaissance ou la nonr econnaissance de « l'homme » qui est annoncée dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ? À ceux qui considèrent que la croyance en « l'homme » universel contribue au désordre du monde, s'opposent ceux qui se trouvent poussés à affirmer que c'est, au contraire, sa négation qui induit le malaise de notre culture. Au delà de sa dimension d'universalité, l'expression « l'homme » évoque aussi un indéterminé qui, en posant l'existence d'un au-delà du déterminé, demande au philosophe, à l'homme politique, à l'artiste, au psychanalyste de se prononcer sur le sens qu'acquiert aujourd'hui pour eux le mot « liberté ». La psychanalyse maintient vivace le droit de l'homme à devenir ce qu'il n'est pas encore, en accentuant - au-delà des différents articles de la déclaration universelle - l'existence d'un article unique et absolu : droit de l'homme devenu parlant à se reconnaître et se faire reconnaître comme parlant : tout à la fois endetté et libéré par la parole.

Ont participé à ce numéro : Gerard ALBISSON - Fabienne ANKAOUA - Dominique BERTRAND - Pascale CHAMPAGNE - Jean CHARMOILLE - Danielle CHARMOILLE - Marco antonio COUTINHO JORGE - Eric DIDIER - Claire GILLIE-GUILBERT - Claude MAILLARD - Denise MAURANO - Colette MAURI - MITCHELEE - Jean NOEL - Baldine SAINT GIRONS - Charles SARFATI - France SCHOTT-BILLMANN - Frederic VINOT - Jean-michel VIVES - Alain ZAEPFFEL -

Le réel insensé - Introduction à la pensée de Jacques-Alain Miller

Nicolas Floury

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Paru le : 03/11/2010 – Editeur : Germina – Collection : Les clés de la philo – Prix : 16 €

Ce livre reprend l'essentiel de la pensée de Jacques-Alain Miller.
Cette pensée prend son envol dans la philosophie pour aboutir à l'élaboration d'une nouvelle clinique et de nouveaux concepts psychanalytiques. Elle fait passer la psychanalyse du registre du sens à l'ordre insensé et sans loi du réel. C'est là prendre au sérieux le changement de paradigme proposé par Lacan dans son tout dernier enseignement. Le " cap vers le réel " que nous propose Miller est-il tenable ? Quelles en sont dès lors les implications pour la clinique psychanalytique ? Comment comprendre qu'il puisse ainsi s'agir d'abandonner les rives de la signification ? Et surtout quelle politique peut-on déduire d'une telle pratique rénovée de la psychanalyse '? C'est principalement à ces questions que cet ouvrage, le premier consacré intégralement aux travaux de Jacques-Alain Miller, se propose d'introduire.
Le lecteur y découvrira une pensée haute en couleur et désireuse de répondre aux impasses croissantes de la civilisation, mais aussi quelques mises au point sur les polémiques qui entourent et ont entouré Jacques-Alain Miller. Il y découvrira aussi, comme en filigrane, une élucidation de certains points obscurs de la pensée de Jacques Lacan.

mercredi 15 décembre 2010

La condition humaine n'est pas sans conditions

Jean-Pierre Lebrun - Entretiens avec Vincent Flamand

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Octobre 2010 – Editions Denoël – Prix : 22 €

Erasme 1 avançait : « On ne naît pas humain, on le devient. » Mais comment peut-on le devenir? Quelles évolutions, quelles contraintes doit-on accepter, dès l'enfance puis tout au long de son existence, pour pouvoir vivre véritablement comme un homme? Et en quoi la société dans laquelle nous vivons favorise-t-elle ou empêche-t-elle ce parcours vers l'humanisation? Autant de questions que Jean-Pierre Lebrun travaille à clarifier depuis de très nombreuses années.

Refusant à la fois la nostalgie d'un passé idéalisé et d'être aveuglé par les sirènes du « progrès », il se demande si nous sommes encore capables, voire soucieux, de désirer. Sachant que le désir, le propre de l'homme, a affaire au langage et au manque. Et qu'il se différencie de la jouissance, comblante et par là même mortifère. Or notre société dite néolibérale, imposant la recherche éperdue de ladite jouissance, confondant égalité et égalitarisme. affaiblissant la fonction paternelle au nom du rejet, certes légitime, du patriarcat, tend à dévaloriser tout ce qu'implique la condition humaine. Ce qui a des conséquences majeures, et très concrètes, qu'explore ici Jean-Pierre Lebrun, dans tous les domaines de la vie individuelle et collective : la politique, l'éducation, la culture, le psychisme et ses pathologies, mais aussi la vie conjugale ou les modes de consommation.

Une réflexion profonde mais accessible, du point de vue de la psychanalyse, sur les problèmes cruciaux que doit affronter l'homme contemporain.

dimanche 12 décembre 2010

Quelque chose à dire à l'enfant autiste

J-A Miller, E. Laurent, A. Stevens, Ph. Lacadée, B. De Halleux

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Octobre 2010 – Edition : Michele – Collection : Je est un Autre – Prix : 21 €

Ce livre retrace l’expérience d’un centre spécialisé, l’Antenne 110, qui accueille des enfants autistes depuis trente-cinq ans. Les textes rassemblés ici témoignent d’une clinique institutionnelle inventive dont le socle a été nommé “pratique à plusieurs”, pratique qui trouve ses racines dans le langage. Il a pour but de montrer et d’attester que les enfants souffrant d’autisme ont un potentiel spécifique pour y suppléer à condition d’être entendus dans ce qu’ils ont à nous dire. La pratique de ce centre donne un éclairage atypique sur les ressources de ces enfants pris dans leurs stéréotypies et exclus du discours commun ainsi que sur des réponses inédites que les intervenants leur adressent. Sa lecture permet aux professionnels - éducateur, paramédical, psychologue et psychiatre - de trouver une position juste dans leur écoute et dans leurs interventions auprès des enfants. En outre, ce livre traduit et met en forme le savoir intuitif que les parents manifestent dans leur rencontre avec ces professionnels. Au-delà de la clinique originale développée au fil des pages, le lecteur découvrira une prise de position décidée, un désir de savoir et de « savoir y faire » avec ces enfants, un désir fondé sur une éthique analytique sans concession.

Revue Sigma n°4 : De Mens

Vient de paraitre – 16 €

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EDITORIAL

CLINIQUE

Trajet d’un sujet au sein d’un EHPAD

Élisabeth Germain

Quand un sujet perd l’esprit

Aurélie Gougeon, Mathilde Coudray

« J’ai toujours oublié »

Marie Leblanc

Madame T. et son reflet

Kathy Dartier

Du deux-coupage au nouage

Béatrice Brault-Lebrun

Le dys fonctionne

Dorothée Delbary

RECHERCHES

Fonction du prête-mot et construction de fiction

S. Borgogno, K. Dartier, M. Leblanc, W. Robin-Vinat

Démence ou inhibition psychotique ?

François Sauvagnat, Maud Vinet-Couchevellou

Effets de formation. Un pari pour la subjectivité

Claudine Valette-Damase

De l’esprit du Mens au corps du dément

Mathieu Rouet

Au sujet d’une maladie étrange du cortex cérébral

Aloïs Alzheimer, trad. de Susanne Hommel et Lore Salzer

Présentation et introduction à : « Les états régressifs... »

Mathieu Personnic

Les états régressifs aigus chez les vieillards

Georges Daumézon

OUVERTURES

Q.I Interruptus

Catherine Thimeur-Tencé

Ce qui laisse à désirer

Christophe Even

À propos de « Un monde sans fous »

Agnès Chartier

Rencontre. « 11.19 Une jambe en moins dans la tête »

Agathe Merlin

Chronique d’une découverte science-ationelle :

Lathouse et Alzheimer

Texte et oeuvre p.190-191 : Pierre Daniel

jeudi 9 décembre 2010

L’En-Je lacanien n°15 : Rencontre et répétition

Rédacteurs en chef : Michel Bousseyroux, Didier Castanet et Antonio Quinet

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Parution : janvier 2010 – Editions Erès : prix : 25 €

La répétition est un concept fondamental de la psychanalyse que Lacan articule, pour la situer par rapport au réel, avec celui de tuché, comme rencontre manquée avec le réel. Qu'il s'agisse de la rencontre avec le réel du père, du sexe, ou de la mort, le névrosé ne rencontre le réel qu'en le ratant. Mais ce ratage peut être parfois occasion à ne pas manquer, kairos, pour se réveiller au réel.

Ont participé à ce numéro : Michel BOUSSEYROUX - Nicole BOUSSEYROUX - Didier CASTANET - Monique DESORMEAUX - Anne-marie DEVAUX - Xavier DOUMEN - Anne JOURDAIN -Marie-jose LATOUR - Serge LAZARO - Dominique MARIN - Progreso MARIN - Anne-marie MOUREY - Albert NGUYEN - Jacqueline PATOUET - Sophie ROLLAND MANAS - Colette SOLER - Pierre SOULAGES - Axel TUFFERY -

dimanche 5 décembre 2010

Les Paradoxes du délire Wittgenstein, Schreber et l'esprit schizophrénique

Louis A. Sass

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Traduit de l'anglais par Pierre-Henri Castel

Parution : 13 décembre 2011 – Editions : Ithaque – Prix : 24 €

Les Paradoxes du délire est un essai sur la philosophie et sur la folie – sur la folie comme proche parente de la philosophie, et sur la philosophie comme une espèce de la folie.
Être fou, tant dans la pratique clinique que dans l’imagination de tout un chacun, est considéré comme un état de l’esprit où l’on croit des choses fausses et où l’on en perçoit d’autres qui n’existent pas. Mais bien des schizophènes n’agissent pas comme s’ils prenaient leurs délires pour la réalité. Dans un travail d’une pénétration et d’une sensibilité exceptionnelles, Louis Sass fait voler en éclats les conceptions reçues du délire, en mettant en regard les notes autobiographiques d’un schizophrène paranoïde – le célèbre Daniel Paul Schreber – avec les écrits du philosophe (ou de l’antiphilosophe) Ludwig Wittgenstein.
Quantité de « maladies intellectuelles » que Wittgenstein a détectées en philosophie – ces maladies qui impliquent le détachement à l’égard de la vie en société comme de toute préoccupation pratique, ainsi qu’une pente exagérée à l’abstraction et à la centration de la conscience sur elle-même – présentent de frappantes affinités avec les symptômes de la schizophrénie. La schizophrénie, démontre ainsi Louis Sass, pourrait bien être non la perte de la rationalité, mais le point ultime sur la trajectoire d’une conscience s’involuant sur soi seule.

L'auteur

Louis Arnorsson Sass, docteur en philosophie, est professeur de psychologie clinique à l’université Rutgers (New Jersey), où il occupe également les fonctions de chercheur au Centre des Sciences cognitives et de professeur de Littérature comparée. Ses travaux, toujours marqués par l’interdisciplinarité, se situent à la croisée de la psychologie clinique, de la philosophie, des arts et de la littérature. Ils incluent des études phénoménologiques à propos de la schizophrénie et sur les notions de «vérité» et de «Soi» en psychanalyse, en philosophie herméneutique et à l’époque postmoderne. Il est notamment l'auteur de Madness and Modernism: Insanity in the Light of Modern Art et de Literature and Thought.

mercredi 1 décembre 2010

Savoirs et clinique N° 12, octobre 2010 : Freud et l'image

Franz Kaltenbeck  (dir.), Collectif

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Paru le : 25/11/2010 – Editeur : Erès – Prix : 28 €

"Freud et l'image", issu d'un colloque interdisciplinaire, cerne la tension entre l'image dont le sens se laisse dévoiler et une autre fonction de l'image, qui excède le discours, porteuse d'effets esthétiques ou productrice de symptômes.
La psychanalyse tient compte des effets structurants de l'image, lisibles dans sa clinique (l'image du corps propre est le support précoce du moi, un cauchemar peut pousser au suicide). Mais des axes différents traversent sa théorie de l'image. Ainsi, dans La Science des rêves, Freud dévoile un sujet divisé qui, dans son sommeil, est soumis à une véritable passion des images. L'image semble être ici serve du logos, Freud comparant le rébus du rêve aux hiéroglyphes.
En revanche, Lacan met l'accent sur la puissance de l'image à travers la fixité du fantasme et traite l'imaginaire comme une donnée irréductible de l'expérience humaine. Les images, enracinées dans le désir de l'Autre, sont le vecteur de toutes sortes de volontés idéologiques, religieuses ou politiques. Des auteurs ont étudié le surgissement de l'image dans la littérature. D'autres, inspirés par le regard de Freud sur l'art, ont questionné l'art contemporain (peinture, photo, vidéo, cinéma) afin d'en tirer des conséquences novatrices pour la psychanalyse.
Ce numéro a été publié avec l'aide du CRIMIC, Centre de recherche interdisciplinaire sur les mondes ibériques contemporains, de Paris-Sorbonne.

mercredi 24 novembre 2010

Lacan : points de repère

Serge André

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A paraître le : 20/01/2011 - Editeur : Le Bord de l'eau – Prix : 25 €

L’objet de ce livre, c’est lire Lacan.
Or, l’enseignement de Lacan peut faire « mur de langage » pour les élèves. Que l’on ne puisse emprunter d’autre voie pour aborder Lacan, que celle qui consiste à passer par ses signifiants, n’entraîne pas automatiquement cette conséquence qu’il n’y aurait qu’à le réciter. D’ailleurs, quand on le récite, c’est toujours de travers…Trois grandes périodes marquent l’enseignement de Lacan : celle de l’identification imaginaire, celle de la systématisation du symbolique, et la plus récente : celle de la rencontre du réel.
Plutôt que ces distinctions, il y a lieu de le relire en suivant le fil d’un concept. Celui du sujet par exemple. Comment Lacan passe-t-il de sa thèse sur la paranoïa au Je du stade du miroir, puis au « sujet enfin en question », puis au sujet divisé du fantasme ? De même pour la chaine signifiante, avec le déplacement qui porte Lacan d’une interrogation sur le symbole et le langage, puis à l’hypothèse d’une chaine formelle, et de là à l’écrit du signifiant jusqu’à la chaine borroméenne.
Quant à l’objet, on voit se préciser, au fil de son enseignement, son hétérosexualité : de l’objet de pulsion et de l’objet du désir, à l’objet a. L’intérêt de ce « programme » n’est pas tant de l’établir et ensuite de le meubler de références à l’oeuvre de Lacan, que de le faire fonctionner, d’éprouver la cohérence (ou l’incohérence) de cette oeuvre.

mercredi 17 novembre 2010

Freudaines. Chroniques de la quinzaine

Roger Gentis

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Parution : décembre 2010 – Editions Erès – Prix : 25 €

Pendant plus vingt ans Roger Gentis a chroniqué pour La quinzaine littéraire les ouvrages psychanalytiques et psychiatriques fraîchement publiés.
Jamais autant que pendant ces années-là (1975-1996), les publications dans ces champs ne furent si nombreuses, si diversifiées et si fertiles. Ces ouvrages reprennent une sélection d'articles les plus significatifs. Publier ces textes aujourd'hui présente un triple intérêt : d'abord un intérêt littéraire car ces chroniques, indépendamment de leur finalité avouée, sont un pur travail d'écriture et révèlent un Roger Gentis, écrivain ; un intérêt historique et intellectuel car à travers les multiples ouvrages présentés se dégagent les lignes de force et les questions qui traversent et structurent encore et toujours la pensée contemporaine ; enfin, un intérêt bibliographique car cet ouvrage constitue un répertoire critique de textes psychiatriques fondamentaux.

La force du nom - Leur nom, ils l'ont changé

Sous la direction de Céline Masson et Michel Gad Wolkowicz

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Parution : octobre 2010 – Editeur : Dèsclée de Brower – Prix : 25 €

Leur nom, ils l’ont changé... Les noms comme les visages nous identifient, ils portent l’histoire des ancêtres et se (trans)portent de génération en génération : transmission du patronyme, du nom dit de famille. Comme nous dit la petite histoire (juive), les noms nous collent à la peau et à vouloir s’en séparer, ils vous reviennent comme des signifiants porteurs de l’origine. Dans la tradition juive, le nom apparaît comme porteur de sens. Dans la Bible, le premier acte d’Adam fut de nommer tous les animaux et tous les oiseaux que dieu avait créés (Genèse 2, 19-20). Puis Adam nomme sa femme Ève. À faire la route (de l’exil), nombreux sont les juifs qui ont changé d’un « nom à coucher dehors » car ce nom, parfois difficilement prononçable, les identifiait comme venant d’ailleurs, risquant de freiner leur intégration et leur promotion sociale. Comment les noms nous identifient-ils ? De quels lieux sont-ils porteurs ? Comment nous approprions-nous nos noms ? Comment habitons-nous nos noms ? Et quel regard les autres portent-ils sur notre patronyme ? Avec notamment les contributions de Cyril Aslanov , Raphaël Drai, Alain Didier-Weill, Bruno Huisman, Nicole Lapierre, Meir Waintrater, Eric Ghozlan, Francine Kaufmann...

jeudi 11 novembre 2010

Le réel insensé - Introduction à la pensée de Jacques-Alain Miller

Nicolas Floury

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Paru le : 03/11/2010 – Editeur : Germina – Collection : Les clés de la philo – 16 €

L'essentiel de la pensée de Jacques-Alain Miller et de ses apports conceptuels à la théorie et à la clinique psychanalytique.
Cette pensée prend corps à partir d’une lecture des philosophes logiciens anglo-saxons pour aboutir à l’élaboration d’une nouvelle clinique et de nouveaux concepts psychanalytiques. Elle propose un changement de paradigme en psychanalyse : passer du registre du sens à l’ordre, insensé, du réel. On découvre alors comment l’ancien maoïste repenti déduit de la psychanalyse une nouvelle politique. Une fois ce parcours effectué, on comprend que la véritable passion de Jacques-Alain Miller est d’élucider les mystères de la pensée.

Les premières métapsychologies de Freud 1891-1896

Thierry Simonelli

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Parution : avril 2010 – Edition : Liber (Québec) – Coll. Voix psychanalytique – 30,50 €

Freud commence comme chercheur de laboratoire en neuropathologie qui travaille sur les tissus nerveux, il finit comme celui qui écoute et déchiffre les «romans» personnels de ses patients. Ce passage ne va pas de soi. Pour reprendre une ancienne distinction épistémologique, Freud passe d'une science de la nature, c'est-à-dire d'une science nomothétique, à une science idiographique, une science historique. Au cours de ce passage, il doit composer avec les connaissances neurologiques qui sont les siennes, les modèles explicatifs et les métaphores neurologiques dont il dispose, avant d'inventer d'autres modes d'explication. Entre 1891 et 1896, il expérimente donc incessamment: un modèle explicatif se substitue à un autre, puis un nouveau modèle apparaît et refoule les autres pendant quelque temps ou les complémente pour être rejeté ou simplement oublié quelques mois plus tard. Il tâte, va et vient, reprend, laisse encore. Il se fourvoie, revient sur ses pas, se précipite dans des spéculations parfois fabuleuses. La psychanalyse n'est pas sortie tout armée sous le coup d'une inspiration soudaine. C'est ce parcours de chercheur que suit pas à pas cet ouvrage, des travaux sur l'aphasie jusqu'à l'Esquisse pour une psychologie scientifique, dégageant au fur et à mesure les modèles que Freud a successivement proposés pour décrire les premières «compréhensions psychologiques» qui, les unes plus les autres moins, alimenteront la théorie psychanalytique ultérieure.

La question féminine, de Freud à Lacan

Markos Zafiropoulos

9782130585282FS

Paru le : 27/10/2010 – Editeur : PUF – Collection : philosophie d'aujourd'hui – Prix : 19 €

Si le rejet haineux de la mère est la condition d’entrée des filles dans le registre œdipien, comment cette même fille pourrait-elle donc sortir de l’œdipe par la voie de l’idéalisation de la mère ? Ici réside l’aporie rendant fort difficile de faire de la mère l’avenir idéal de la femme, comme le voulait Freud exprimant enfin sa perplexité par cette question, qui hante depuis le monde psychanalytique : Que veut la femme ? Cette question a d’importantes incidences sociales puisque tous s’aperçoivent aujourd’hui de la place du désir des femmes dans les réorganisations de la modernité. Il était donc urgent de reprendre ce dossier pour sortir de l’impasse freudienne et, avec les autres sciences sociales, désenclaver sur ce point la psychanalyse.

Après avoir examiné de manière critique les textes de l’anthropologie freudienne et situé ce qui, dans la réponse de Freud, apparaît peu convaincant (y compris pour Freud lui-même), l’auteur montre l’intérêt qu’il y a à emprunter la solution de Lacan disjoignant radicalement le désir de la femme des satisfactions maternelles. En écartant la solution par la mère, on peut alors s’engager dans la relecture des perplexités de Dora, cette jeune hystérique conduite à repenser l’énigme de son devenir femme sans la mère, mais avec les figures idéales de la Vierge et de la maîtresse du père. Loin de faire apparaître seulement la solution à l’énigme de la féminité par la voie de l’Autre femme idéalisée (Vierge ou maîtresse), cet ouvrage montre que la disjonction opérée par Lacan entre la mère et la femme permet aussi de rendre intelligible la multiplicité des avatars morbides opposant la fille à sa mère inconsciente.
Pour cette nouvelle enquête sur l’anthropologie psychanalytique de Freud et de Lacan, M. Zafiropoulos relance donc aussi la clinique du cas et rend visite à la jeune femme anorexique, à sa sœur boulimique, à la jeune homosexuelle analysée par Freud, à la femme hétérosexuelle et enfin à Médée : la vraie femme, selon Lacan.

mercredi 27 octobre 2010

Traité du bas de l'être

Jean Broustra

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Paru le : 21/10/2010 - Editeur : Erès - Collection : 69 – Prix : 13 €

Le traité du bas de l'être est un essai sur les modalités contrastées entre le bas et le haut, le lourd et le léger, le corporel et le spirituel.
Inscrit dans la tradition occidentale, tel le Traité de la concupiscence de Bossuet ou le célèbre livre de Bachelard L'air et les songes, il accorde une place privilégiée à la philosophie (d'Héraclite à Deleuze), à la psychanalyse, à la poésie. Plusieurs pratiques sont données en référence, à partir de l'expérience de l'auteur dans la médecine psychiatrique, la psychanalyse, la psychothérapie en ateliers d'expression, l'écriture dans la tenue de carnets personnels et la publications de romans.
Loin d'être conceptuel et abstrait, cet ouvrage relate une histoire de vie à la recherche d'une pensée, d'un sens, par le jeu de la transmission mais aussi par la prise de risque d'une nécessaire invention.

Violence de l'insécurité

Didier Robin
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Paru le : 20/10/2010 - Editeur : PUF - Collection : Souffrance et théorie – Prix : 18 €
Le sentiment d’insécurité frappe par son intensité et, en tant que sentiment, il est forcément vrai.
Néanmoins, les idées et images qui lui sont associées peuvent s’avérer trompeuses. L’insécurité, en effet, n’est pas toujours là où on l’imagine, ni les dangers tapis là où l’on croit les trouver. Ainsi, en dépit du sens commun, dans notre société individualiste, nous avons dix fois plus de « chances » de nous suicider que d’être assassinés. Comment envisager objectivement dès lors les tenants et aboutissants du sentiment d’insécurité ? Comment jeter les bases d’une sécurité véritable ? Où situer la violence ? Pour aborder ces questions, nous nous appuierons sur diverses données issues de pratiques éducatives et psychothérapeutiques.
Nous ferons également appel aux enseignements de la psychanalyse, le tout sous les regards croisés de l’histoire, de la sociologie et de la démographie.

jeudi 21 octobre 2010

En analyse avec Freud

Manfred Pohlen

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Paru le : 14/10/2010 – Editeur : Tallandier – Prix : 22.90 €

Le 29 mars 1922, Ernst Blum commence une analyse avec Freud, qu'il achève quatre mois plus tard. Immédiatement après ses séances avec le fondateur de la psychanalyse, et avec son accord, il en retranscrit le contenu. Les notes de Blum nous montrent Freud hors de toute convention. Elles donnent à voir le psychanalyste au travail et permettent de nous figurer quel clinicien il était : un Freud ouvert, spontané, plein d'idées et d'humour, qui se présente comme partenaire de son analysant. Sur la base d'un dialogue avec Blum lui-même, Manfred Pohlen reprend et présente les procès-verbaux des séances et met en lumière les origines juives de la psychanalyse et la pratique de l'analyse.

mercredi 13 octobre 2010

La pulsion et ses avatars

Philippe de Georges

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Sortie prévue le : 14/10/2010 – Editeur : Editions Michèle  - Collection : Je est un autre – Prix : 28 €

Cet ouvrage rassemble, sous une même couverture et un même titre la trace écrite de deux séminaires: « Leçons de Chose » et « Ethique et pulsion ».
Le premier a pour objet le concept de pulsion, mis au premier plan de son appareil théorique par Freud, remanié par lui au fil de ses travaux et des exigences de la pratique, puis repris par Lacan. Le second interroge l’usage actuel du concept de pulsion à partir des transformations de celle-ci dans l’expérience de la cure. Depuis que le terme avait été employé par Freud dans ses premières élaborations sur la vie psychique, la question apparaissait, toujours aussi vive, de savoir comment pulsion et langage pouvait s’articuler, comment la satisfaction de la première pouvait être nouée aux nécessités du lien social et au souci de l’autre.
Il s’avérait donc bien venu d’interroger le rapport de la pulsion à ce que peut être une éthique qui tienne compte d’elle. Une telle éthique résultant de l’expérience analytique est actuelle et nécessaire : ce que Freud appelait « le malaise dans la civilisation » a pris une forme paroxystique qui rend urgent de repenser à nouveaux frais ce que peut être un style de vie pour les temps à venir. Philippe De Georges soutiendra ici que la psychanalyse est plus que jamais d’actualité.

La parole ou la mort - Essai sur la division du sujet

Moustapha Safouan (Edition revue et corrigée)

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Sortie le : 14/10/2010 – Editeur : Seuil – Prix : 17 €

La première édition de ce livre a été publiée en 1993 avec pour sous-titre: Comment une société humaine est-elle possible ? La thèse principale en était en effet qu’outre l’inceste mère-fils, il existait trois autres prohibitions ayant le même caractère d’universalité : celles du mensonge, du meurtre et de l’appropriation du don sans y répondre par un contre-don.
L’ensemble de ces lois constitue l’ordre symbolique sans lequel la vie sociale ne serait pas possible. Une dimension est cependant restée implicite, celle de la division du sujet entre procès de l’énonciation et procès de l’énoncé. C’est ce thème qui occupe le premier plan dans la présente édition, où la division du sujet est ramenée à notre situation au sein du langage, en tant qu’il nous permet certes d’exprimer nos intentions et de parler des choses, mais sans nous donner la moindre définition qui serait comparable à une saisie de l’essence.
Nous passons notre vie à nous expliquer avec les mots. Ce que la psychanalyse, elle, démontre, c’est le lien étroit que le signifiant, sans considération aucune pour nos intentions, entretient avec la vérité. Ce changement du centre de gravité du livre a entraîné des modifications substantielles ; il ne serait pas exagéré de parler d’un nouvel ouvrage.

Psychanalyse des enfants séparés : Études cliniques, 1952-1986

Jenny Aubry

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Paru le : 13/10/2010 -  Editeur : Flammarion – Collection : Champs Essais – Prix : 14 €

Médecin des hôpitaux, pédiatre, neuropsychiatre, psychanalyste, membre fondateur de l'Ecole freudienne de Paris, Jenny Aubry (1903-1987) fut la première en France à s'intéresser au destin des très jeunes enfants séparés de leur famille. Dés 1946, elle avait eu conscience de l'effet désastreux de la carence des soins maternels en prenant la direction d'un dépôt de l'assistance publique - la fondation parent de Rosan - où étaient hébergés soixante enfants fort bien traités par des infirmières qui ne s'occupaient que de leur santé et de la propreté des lieux. Privés de parole, d'affect de désir, ils poussaient des grognements, demeuraient immobiles pendant des heures durant, léchaient les barreaux de leur lit ou s'arrachaient les cheveux. Jenny Aubry démontra que ces enfants souffraient de problèmes psychiques qui les condamnaient à la délinquance, à l'autisme ou à la folie. Il fallait donc mener avec eux un travail de psychothérapie précoce, seul capable de les sauver de l'enferment dans le silence et le néant. L'idée était nouvelle et subversive. Elle s'est imposé aujourd'hui dans toutes les institutions hospitalières. En 1963, poursuivant sa lutte en faveur des enfants séparés, Jenny Aubry créa, à l'hôpital des Enfants malades, la première consultation de psychanalyse dans un service de pédiatrie. Sont réunies ici les principales études cliniques réalisées par Jenny Aubry entre 1952 et 1986, et destinées aux praticiens de l'enfance en détresse : psychologues, éducateurs, assistantes sociales, médecins, psychiatres. Rédigées dans un style incisif, portées par une souveraine espérance, elles témoignent que, pour l'enfant, même atteint des pires blessures de l'âme et du corps, rien n'est jamais jouée d'avance

Comment les neurosciences démontrent la psychanalyse

Gérard Pommier

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Paru le : 13/10/2010 – Editeur : Flammarion – Collection : Champs Essais – Prix : 10 €

Les recherches sur le cerveau ont tant progressé ces dernières années que la conception de l'homme en est bouleversée : le corps ne serait plus qu'une " machine " dont il suffirait de réparer les rouages en cas d'avarie ; les sentiments comme l'amour, le désir, des créations comme la poésie, ne seraient plus qu'une question d'hormones et de connexions nerveuses ; quant à l'activité psychique, les rêves, l'inconscient, les symptômes, de bons médicaments les disciplineraient. Eternel débat du corps et de l'esprit que les neuroscientifiques invitent les psychanalystes à remettre sur le métier. A tel point qu'une question se pose avec de plus en plus d'insistance : peut-il y avoir deux approches différentes, voire contradictoires, d'un même phénomène ? Ce livre fait justice de cette opposition infondée, qui doit surtout sa force à une méconnaissance des processus cérébraux et de la vie psychique. Il ne viendrait pas à l'idée d'un psychanalyste de nier l'importance des processus organiques : comment la puissance psychique se dispenserait-elle des potentialités du corps ? Dès ses débuts, la psychanalyse a subverti cette opposition grâce à l'une de ses découvertes majeures : celle de la pulsion, qui anime le psychique en même temps qu'elle intègre le somatique, et dialectise au point de l'invalider toute opposition entre le mental et le cérébral : Mais il y a plus sensationnel encore, car nombre de découvertes de la neurophysiologie apportent de l'eau au moulin de Freud. Sans l'avoir cherché, les neurosciences montrent comment le langage modélise le corps beaucoup plus profondément que le symptôme hystérique ne le laissait prévoir. Cette mise en tension du corps par le langage est si importante que nombre de résultats de la neurophysiologie ne peuvent être interprétés sans la psychanalyse. Plusieurs questions aussi essentielles que celle de la conscience, par exemple, demeurent insolubles sans le concept d'inconscient. En mesurant l'apport des neurosciences à la psychanalyse, on commence à avoir une idée plus précise de ce qu'est un " sujet ", mais aussi de ce corps dont nous sommes si conflictuellement les curieux locataires.

jeudi 7 octobre 2010

Robert Walser, le promeneur ironique - Enseignements psychanalytiques de l'écriture d'un "roman du réel"

Philippe Lacadée

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Paru le : 25/08/2010 – Editeur -: Cécile Defaut – Collection : Psyché – Prix : 20 €

Robert Walser.
écrivain Suisse d'expression allemande, reconnu de son vivant par les plus grands - Franz Kafka, Robert Musil, Walter Benjamin - est " un de ces "artistes de la langue" tels que les définira André Breton ". Il se voue à incarner une sorte de poète moderne : " C'est pour moi une sorte d'écrivain pointilliste. Comme un kaléidoscope. Son univers est tout entier contenu dans chaque point. Cette fragmentation fait qu'il est à mes yeux l'un des écrivains majeurs du XXe siècle, du moins pour la littérature allemande ".
Philippe Lacadée fait le choix ici de ne pas tenter une " biographie " classique de cet homme si secret, si à l'écart du monde et autres, mais de la déduire de ses écrits. Ce sont les héros de Walser qui le présentent au monde. Lui-même ne se représente pas dans une mise en scène pour un Autre toujours improbable, mais se donne tel quel, dans une foule de détails, si singuliers, dont foisonne cette écriture d'apparence tantôt naïve, honnête et simple, tantôt si déroutante.
Robert Walser est dans son écriture, dans ce qu'il nomme son roman du réel, qui structure tous ses romans. Il est à partir du récit de ses héros que nous chercherons à déduire ce qu'a été sa vie. Dans cet essai, Philippe Lacadée montre que le poète, tout en devançant la psychanalyse, nous éclaire : son écriture miniature radicalise en quelque sorte les deux modes de l'écrit, soit le signifiant et la lettre, elle marque la distinction entre l'écrit qui ne parle que pour lui et le dessin de l'écriture miniature.
C'est un Walser avec Lacan qui nous est ici proposé et qui éclaire aussi bien le psychanalyste que le poète.

mercredi 6 octobre 2010

De quoi la psychanalyse est-elle le nom ? - Démocratie et subjectivité

Roland Gori

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Sortie le : 07/10/2010 – Editeur : Denoël – Collection : Médiations – Prix : 23 €

Doit-on dépister les schizophrènes dangereux comme on dépiste le diabète ? Doit-on soigner sans consentement les malades mentaux soupçonnés de présenter un danger pour eux-mêmes ou autrui ? L’imagerie médicale du cerveau dit-elle la vérité ? Devrait-on y soumettre les prévenus, les conjoints adultères et les employés soupçonnés d’indélicatesse ? Autant de questions que nos sociétés abordent par le fait divers et les émotions collectives pour ne pas avoir à y réfléchir. Face à une logique de l’audimat qui ne cesse de gagner du terrain, face à une régression sécuritaire qui atteint la vie politique, mais aussi la justice, l’école et la santé, la psychanalyse apparaît comme un antidote. Elle résiste aux nouvelles idéologies de la résignation en reconnaissant à l’humain sa dimension tragique, conflictuelle, singulière autant qu’imprévisible. Confrontés aux nouveaux cyniques qui veulent en finir avec elle et avec la culture qui en est issue, il nous importe plus que jamais de savoir de quoi la psychanalyse est le nom.

mercredi 29 septembre 2010

L'énigme de la manie - La passion du facteur Cheval

Paul-Laurent Assoun

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Paru le : 17/09/2010 – Editeur : Arkhe editions – Collection : Analyser – Prix : 15,90 €

Ce livre comporte deux volets. Un retour à la manie, cet état euphorique, pathologie de l’excès de l’humeur et de l’agir. Freud lui-même la désigne comme le point de butée de la théorie de la mélancolie : comment le sujet bascule-t-il dans cet état de grâce catastrophique, qui fait fusionner le moi avec son propre idéal, surmontant triomphalement la perte ?

Un examen métapsychologique et clinique permet de situer les différents « états maniaques » (kleptomanie, toxicomanie, etc.) ainsi que les moments maniaques du collectif.

Ensuite, l’examen d’un « cas », espèce de « passion construiseuse », celle du facteur Cheval (1836-1924), personnage énigmatique que son « Palais idéal » a fait passer à la postérité. Suppléance monumentale dans une logique psychotique sous-jacente, elle prend sens comme « arc de triomphe » sur la perte. L’énigme de la manie donne ainsi accès à la vérité du sujet et du collectif – comme l’indique la fête primitive de l’« après-Meurtre » du Père. Liberté folle qui jouit de triompher de la mort et de la castration.

mercredi 22 septembre 2010

Jacques Hassoun... de mémoire - Actualité de la transmission

Claude Spielmann (dir.)

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Paru le: 16/09/2010 - Editeur : Erès - Collection : Actualité de la psychanalyse – Prix : 23 €

Jacques Hassoun, psychanalyste décédé il y a 10 ans, était un homme d'une très grande culture.
Dans tous ses écrits (plus de 20 ouvrages parus et de nombreux articles, rassemblés pour partie dans le livre Extraits d'une œuvre, L'Harmattan), il a fait travailler ensemble la psychanalyse, l'histoire, les langues, la politique... sur fond de judaïsme, dans un souci constant de transmission, entendue non pas comme répétition mais toujours transformation et invention. Selon ce principe, 18 auteurs (psychanalystes, sociologues, journalistes) rendent compte ici de la pertinence et de l'influence de sa pensée au regard de l'actualité où la psychanalyse et, d'une manière générale, le lien social sont mis à mal.

mercredi 15 septembre 2010

Les chimères du corps - De la somatisation à la création

Sylvie Le Poulichet

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Paru le : 15/09/2010 – Editeur : Aubier – Collection : Psychanalyse – Prix : 21 €

Depuis plusieurs années, Sylvie Le Poulichet explore la dynamique de phénomènes qu´elle a dénommés « processus limites », à l´oeuvre chez des patients ordinairement désignés comme borderline. Ces patients souffrent d´une difficulté à « habiter » leur corps, à repérer les limites entre le vivant et le mort et à s´approprier leur histoire.
Le déploiement de la vie paraît chez eux tombé sous le coup de condamnations parentales, émanant d´événements traumatiques et de fantasmes inconscients, qui se transmettent de génération en génération. Ces sujets en viennent à sacrifier inconsciemment certaines zones de leur corps ou des aspects de leur identité sexuelle. Et des somatisations, des dépressions, des addictions (la boulimie, par exemple), des états de figement affectent souvent leur devenir.
Dans cet ouvrage, on voit se déployer les mouvements de la démarche analytique : l´auteure relate des séquences de cure où l´analyse de rêves et la traversée de fantasmes permettent de recomposer les figures du corps en souffrance.
Des scènes insoupçonnées apparaissent, ayant le pouvoir de construire de nouvelles versions de la venue au monde du sujet. Et c´est lorsque s´animent les images du corps pensées par le langage du rêve que se produisent de nouvelles prises de corps. C´est lorsque sont analysées les chimères du corps - ces étranges assemblages fantasmatiques de plusieurs corps, vivants ou morts, en un seul, qui vont jusqu´à menacer la continuité d´existence - que tous les symptômes douloureux disparaissent.
Ce livre montre quels sont les modes d´interprétation qui permettent de dissoudre les fantômes, de dénouer les forces traumatiques et de mettre en jeu des processus créateurs qui laisseront enfin surgir un nouveau champ de regard, de présence, de jeu et de désir.

Les 200 clitoris de Marie Bonaparte

Alix Lemel

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Paru le : 15/09/2010 – Editeur : Mille et une Nuits – Prix : 12 €

À quoi rime cette histoire de « 200 clitoris » ? Et pourquoi le nom de Marie Bonaparte lui est-il attaché ? « Deux cents clitoris », c’est l’échantillon que la princesse de Grèce dit avoir constitué pour son étude morphologique destinée à valider sa thèse sur la frigidité féminine : contre la théorie de Freud sur la sexualité, elle entend démontrer en 1924 dans son article « scientifique » signé A.
E. Narjani que les causes en sont anatomiques. Marie Bonaparte sait que Freud tentera de défendre sa théorie. Elle souhaite en découdre avec lui. Il foncera dans le piège. À la manière d’une enquête policière, psychanalytique et littéraire, Alix Lemel raconte ce qui s’est joué dans la troublante relation entre Marie Bonaparte et Freud.Alix Lemel n’est pas psychanalyste et ne connaît Freud et Marie Bonaparte que par les livres.
Sa curiosité l’entraîne à s’étonner de petits détails qui lui paraissent sonner faux. Elle s’attache à comprendre (ou à imaginer) ce qu’ils peuvent dissimuler. Les 200 clitoris de Marie Bonaparte est son premier livre publié.

mercredi 8 septembre 2010

La revue lacanienne n°7 : Alcools

Septembre 2010

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Editions Erès – Prix 17 €

Dans la suite du numéro La psychanalyse est-elle une addiction ?, la revue entend reprendre le fait de l'alcoolisme. Elle emprunte le pluriel d'Apollinaire afin de faire entendre la multiplicité des réalités de cette conduite et les avancées dans le dialogue entre médecine
spécialisée et psychanalyse.

Ont participé à ce numéro : Alain BELLET - Pascale BELOT-FOURCADE - Marika BERGES-BOUNES - Jean BRINI - Jean-luc CACCIALI - Olivier DOUVILLE - Sabine DUCHENNE -Thierry FLORENTIN - Ingrid FRANCE - Eva-marie GOLDER - Nazir HAMAD - Jean-paul HILTENBRAND - Claude LANDMAN - Charles LASEGUE - Cedric LEVAQUE - Nicolas MITERAN - Pascale MOINS - Marc MORALI - Esther TELLERMANN - Remi TEVISSEN -

dimanche 5 septembre 2010

Fondamentaux de la psychanalyse lacanienne - Repères épistémologiques, conceptuels et cliniques

Laetitia Jodeau-Belle et Laurent Ottavi (dir)

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Paru le : 02/09/2010 – Editeur : PU Rennes – Collection : Didact Psychanalyse – Prix : 20 €

La finalité de cet ouvrage didactique est de donner quelques éclaircissements et repères conceptuels, épistémologiques et cliniques susceptibles de faire transmission, tant aux étudiants qu'à tout à chacun qui décide de se mettre au travail de la psychanalyse lacanienne, dans ses recherches universitaires et dans sa pratique clinique - et in fine dans sa formation analytique.
Le " maniement" des outils lacaniens - "schémas, formules, graphes, mathèmes" - suppose un savoir-faire qui s'appuie non sur "une théorie de l'inconscient comme tel que sur une théorie de la pratique analytique. La structure qu'on reconnaît à celle-ci est supposée à l'inconscient". Lacan a ainsi fait publiquement démonstration du détail de son discours à partir de la pratique analytique. Et il "assure, précise Jacques-Alain Miller dans son article Encyclopédie consacré à la pensée de Lacan, [...] une étonnante résistance à la banalisation, et une diffusion qui va bien au-delà de la compréhension".
L'organisation quaternaire de cet ouvrage tente de restituer, à partir de la chronologie de ses séminaires et de ses écrits, une logique du travail de Lacan "inscrite dès ses commencements". Nous y avons ainsi situé quatre parties - La structure et l'Autre ; L'objet ; La jouissance ; Cliniques contemporaines - qui délimitent et organisent les jalons conceptuels à partir desquels il nous a semblé pouvoir cerner la "structure fondamentale" de son oeuvre.

Freud et ses visiteurs - Français et Suisses francophones (1920-1930)

Marcel Scheidhauer

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Paru le : 02/09/2010 – Editeur : Erès – Collection : Hypothèses – Prix : 25 €

Vienne, entre 1920 et 1930, est l'une des capitales intellectuelles du monde.
Des écrivains, des musiciens, des artistes plasticiens, des savants y drainent l'élite européenne. C'est dans ces années que des hommes et des femmes rendent visite à Freud, au numéro 19 de la Bergstrasse, dans son cabinet de travail qui lui sert à l'occasion de pièce de réception. A partir des témoignages - parfois inédits, la plupart dispersés dans des correspondances, des articles de journaux ou de revues, et des autobiographies, devenus inaccessibles - de ces visiteurs, psychiatres, hommes de lettres, journalistes, pionniers de l'aventure psychanalytique, Marcel Scheidhauer apporte une contribution précieuse à l'histoire de la psychanalyse dont l'effacement contribue au sommeil dogmatique, au fétichisme des concepts et à la pétrification de vérités supposées atemporelles.
Le lecteur, qu'il soit profane ou non, s'interrogera sur son propre rapport à la psychanalyse et sur les relations d'aliénation et de séparation aux figures du Maître qui sous-tendent les aléas de la transmission de la psychanalyse, les péripétie des enjeux et des tumultes institutionnels.

mercredi 1 septembre 2010

Lettres du symptôme - Versions de l'identification

Erik Porge

9782749212630FS

Parution : septembre 2010 – Editeur : Erès – Collection : Point hors ligne – Pris : 23 €

Poursuivant sa lecture précise et rigoureuse de l'œuvre lacanienne, Erik Porge a souhaité prendre le « temps de comprendre » ce qui a amené Lacan à un nouvel abord du symptôme.
Lacan parle alors d'une « identification au symptôme en fin d'analyse ». L'expression est hautement énigmatique. Elle associe deux termes qui n'ont pas l'habitude de l'être, « identification » et « symptôme », et selon un mouvement apparemment contraire à celui que l'on attendrait, à savoir une réduction des symptômes en fin d'analyse. Comment Lacan en est-il arrivé là ? Que signifie cette expression pour les psychanalystes ?

mercredi 25 août 2010

L’En-Je lacanien n°14 : Pour quoi la poésie ?

Editions Erès – Août 2010

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La question a déjà été posée par Hölderlin : Wozu Dichter ? A quoi bon le poète ? A quoi bon la poésie ? La question vaut aussi pour le psychanalyste, d'autant qu'il semble bien, à lire le séminaire L'insu-que-sait de l'une-bévue s'aile à mourre, que Lacan attendait plus, sur le tard, de la poésie que de la logique pour éveiller ou réveiller au réel de l'inconscient. Quelle peut bien en être la réson, comme l'écrit Ponge, est la question à laquelle les contributions de ce numéro s'efforceront de répondre.

Ont participé à ce numéro : Nathalie AOUSTIN - Nicole BOUSSEYROUX - Michel BOUSSEYROUX - Patrick CALSOU - Didier CASTANET - Sylviane CERNOIS - Cyrille DELORO -Monique DESORMEAUX - Xavier DOUMEN - Bruno GENESTE - Stephane HABIB - Luis IZCOVICH - Anne JOURDAIN - Sebastien LANGE - Serge LAZARO - Progreso MARIN -Anne-marie MOUREY - Albert NGUYEN - Claire PAGES - Jacqueline PATOUET - Axel TUFFERY - Michael TURNHEIM - Lea VILMER -

Champ psychosomatique n°57 : la Passion

L’esprit du temps – Août 2010

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André Green a annoncé il y a 30 ans déjà les grandes difficultés que la psychiatrie et la psychanalyse auraient à surmonter, du fait qu'elles se sont établies comme sciences par le refoulement de la passion et de la folie. Il faisait de la prise en compte de la passion dans la clinique un enjeu de survie de la psychiatrie et de la psychanalyse. Ce volume permet de poursuivre ce débat.

“ Selon Hegel, rien de grand ne s’est jamais fait sans passion. La passion d’une part serait intrinsèque au processus de création et d’autre part, elle aurait une fonction unifiante parmi les sujets d’une même société. Beethoven, Picasso et tant d’autres auraient-ils créé de telles œuvres sans passion ? La vie, l’art et même le progrès d’une manière générale ne se penseraient pas sans passion, ce qui la rangerait du côté de l’Eros. Et pourtant la question n’est pas si simple.

Au sens classique, la passion désigne les états et les phénomènes dans lesquels la volonté est passive, notamment par rapport aux impulsions du corps. Au sens moderne, la passion serait une inclination violente et exclusive vers un objet, créant un déséquilibre psychologique... La passion a donc également à voir avec le corps et la folie….” (…)

Frédérique Debout et Annie Roux « Argument »suite sur CAIRN.INFO

mercredi 18 août 2010

La Famille, fin d'un drame

La revue lacanienne n°8

2529

Septembre 2010, ed. Erès, 17 €

Les propositions récentes du Code de la famille et les débats de société ne sont pas sans solliciter les psychanalystes. La revue entend donc rouvrir ce dossier classique : rappelons que Lacan rédigea un article sur ce thème dans les années 1930. Elle interrogera notamment ce qui reste du complexe d'OEdipe dans les formes familiales contemporaines et mobilisera ici un dialogue avec l'anthropologie.

mercredi 11 août 2010

Psychanalyse, marxisme, idéalisme allemand, autour de Slavoj Zizek

Raoul Moati (sous la direction de)

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  • Editeur : Presses Universitaires de France
  • Parution : 15 septembre 2010
  • Collection : ACTUEL MARX CON
  • Prix : 20 €

Ce livre représente la première introduction critique en France de l'oeuvre du philosophe slovène Slavoj Zizek, figure aujourd hui incontournable de la pensée radicale. Ce livre réunit des contributions d'universitaires en philosophie spécialistes de l'idéalisme allemand, du marxisme et de la psychanalyse ainsi que des psychanalystes lacaniens, tous lecteurs de l'oeuvre de Zizek depuis son commencement (1989). Slavoj Zizek contribue également à l'ouvrage à travers deux textes inédits, l'un sur Hegel, l'autre sur Marx.
Raoul Moati est agrégé de philosophie, ATER à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est l'auteur de Derrida/Searle, déconstruction et langage ordinaire (PUF, « Philosophies », 2009).

Sommaire

Zizek, De Marx à Hegel, et retour
G. Morel, L'écran noir, Zizek et le cinéma
R. de Calan, Une défense de l'universalisme abstrait, Zizek, les révolutionnaires et la morale kantienne
F. Fischbach, Le sujet inter-passif
S. Zizek Peut-on encore être hégélien aujourd hui ?
J.-M. Rabaté, « Parallaxe » Marx : du marxisme de Lacan au marxisme de Zizek
F. Kaltenbeck, La liberté de Zizek
L. Chiesa, L'hypothèse communiste de Zizek
R. Moati, L'hégélianisme lacanien de S. Zizek

mercredi 4 août 2010

Et la mort ?

Revue Adolescence, n° 72

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Parution : juillet 2010 – Prix : 23 € – Edition : l’esprit du temps

 

René Roussillon Précarité et vulnérabilité identitaires

Yves Morhain Le spleen adolescent

Bernard Duez Mort nécessaire, mort suffisante

Isée Bernateau « Mourir d'amour »

Vincent Di Rocco Goûter la saveur de la mort

S. Flémal, A. Lefèbvre Entre mort, délire et création

Charles Gheorghiev Geste de survie

Florian Houssier Impasse des voeux parricides

É. Morhain, Y. Morhain Le « violon »

Catherine Weismann-Arcache Penser la mort pour rêver d'amour

F. Sauvagnat, P. Bonny Prises de risques vis-à-vis du VIH

David Le Breton Les jeux d'étranglement

Christine Condamin Martyrs et meurtriers chez Mishima

Laurie Laufer Édouard Levé, anatomie d'un suicide

Béatrice Vandevelde Corentin

Marie Windels Blogueuses pro-ana

Alexandra Triandafillidis Stratégies d'immortalité

Résumés

Colloques « Parcours en France » de la Revue

La psychanalyse au Maghreb et au Machrek

Topique, n° 110

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Paru le 7 juillet 2010 – 21 € – Editeur : l’esprit du temps

 

Sophie de Mijolla-Mellor - Éditorial

Jalil Bennani - Psychanalyser au Maroc

Saïd Bellahkdar - Contribution à l'histoire de la psychanalyse en Algérie : une psychanalyse face à la violence extrême

Patrick Delaroche et Hager Karray - Brève histoire de la psychanalyse en Tunisie

Riadh Ben Rejeb - La psychanalyse en Tunisie : approche historique et état des lieux

Raja Ben Slama - La psychanalyse en Égypte : un problème de non-advenue

Mouzayan Osseiran - De quelques difficultés de la pratique psychanalytique au Liban

Nayla Debs - L'identité libanaise, une difficile identité plurielle

Rafa Nached - Histoire de la psychanalyse en Syrie

Tevfika Tunaboylu-Ikiz - La psychanalyse en Turquie

Pinar Padar - Turquie : la reconstruction du Surmoi de l'Empire à la République

Nader Barzin - La psychanalyse en Iran

Esmat Torkghashghaei - La notion de psychanalyse et les enjeux politiques : le parcours de la psychanalyse en Iran

Houria Abdelouahed - Ce voile qui cache la forêt

Psychanalyse, politique et société

Le Coq Héron, n° 201

9782749212487,0-585772

Paru le 1er juillet 2010 – 17 €

 

Éditorial
Jacques Letondal et Judith Dupont

Dossier I : Les dispensaires psychanalytiques

La psychanalyse classique, la politique et l'engagement social dans l'entre-deux-guerres

Réflexions sur les cliniques gratuites
David James Fisher

« Une révolution dans "l'âme de l'homme" »
Elizabeth Ann Danto

Colloque « Histoire de la fondation des dispensaires psychanalytiques »
AIHP, mars 2009, Paris

Les fondations

Présentation
Nicolas Gougoulis, Michelle Moreau Ricaud

La Policlinique de Berlin (1920-1933) : une « organisation nouvelle »
Michelle Moreau Ricaud

Les centres de consultations psychanalytiques dans leur histoire
Nicolas Gougoulis

Psychanalyse et justice sociale

L'Ambulatorium de Vienne
Elizabeth Ann Danto

Les dispensaires après 1945

Le CCTP dit « centre Jean-Favreau »
Jean-Louis Baldacci

Le CPP Evelyne et Jean-Kestemberg

Une expérience exceptionnelle dans l'approche psychanalytique de la psychose
Alain Gibeault

La consultation psychosomatique depuis l'investigation
Diran Donabedian

De la consultation d'hygiène mentale de la Seine (OPHS) au département de psychothérapie

Le centre Victor-Smirnoff
Marie-Claude Fusco, Jacqueline Morisi

L'institut Édouard-Claparède
Dominique Arnoux

Dossier II : Psychanalyse et politique, psychanalyse et société

Psychanalyse et politique : du IIIe Reich au conflit israélo-palestinien
Emanuel Berman

Santé mentale, santé sociale.

Y a-t-il un gène du chômage ?
Francis Martens

D'une nouvelle Weltanschauung

Réflexions sur la crise
Daniel Lemler

Insécurités contemporaines et malaise dans la culture
Didier Robin

Psychanalyse, vulnérabilité et guerre
Eli Zaretsky

Lectures

Adolescents et parents en crise. Psychologue dans un Point Accueil Écoute Jeunes, de Pascal Hachet
par Claude Nachin

jeudi 29 juillet 2010

Ces fictions nécessaires

LA LETTRE DE L'ENFANCE ET DE L'ADOLESCENCE (Revue du Grape) n°79

2010-07-29_001310

Editions Erès – Juillet 2010 – 16 €

L'origine latine du mot « fiction » est un verbe dont les définitions recouvrent tout autant l'acte de « manier », « caresser », « composer » ou encore « feindre ». Dans quelle mesure est-il nécessaire pour un sujet d'accompagner son histoire subjective de ces mouvements ? Que nous enseigne la clinique de l'enfance et de l'adolescence sur leur caractère nécessaire, tout à la fois symbolique et imaginaire, dans la construction subjective ? Nos pratiques peuvent-elles s'appuyer sur les « fictions » pour accompagner, éduquer, soigner ?

Coordination : Maryvonne BARRABAND (@) - Viviane DURAND
Ont participé à ce numéro : Lucie BOUSQUET - Laurence CAMPET-DENISSE - Vincent CORNALBA - Armando COTE - Tristan GARCIA-FONS - Vanessa JULIEN - Karima LAZALI - Marc LEVIVIER - Anne LONCAN -Veronique MASSUY - Jose MOREL CINQ-MARS - Claudine OURGHANLIAN - Didier PILORGE - Ilaria PIRONE - Jean-bertrand PONTALIS - Myriam REVIAL - Alain VERGNIOUX -

jeudi 22 juillet 2010

Numéro 75 de la revue la Cause freudienne : La psychanalyse en forme

www.ecf-echoppe.com/

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Nathalie Georges-Lambrichs Éditorial
Huit passants considérés
Jacques-Alain Miller, Ouverture
Angelina Harari, Couples au singulier
Sérgio Passos Ribeiro de Campos, L’a-spièglerie du sinthome
Gustavo Stiglitz, Bonjour École Une
Sergio Caretto, L’homme droit
Patricia Bosquin-Caroz, Une « a-moureuse »
Silvia Salman, Animer l’amour
Anne Lysy, « Faut y aller ! »
Leonardo Gorostiza, La densité d’un vide
Nouvelles impressions de passe
Jacques-Alain Miller, Est-ce passe ?
Pauline Prost, À rebours
Rodolphe Adam, Un point pathématique
Serge Cottet et alii, Rapport conclusif du cartel I
Miquel Bassols et alii, Rapport conclusif du cartel II
Éric Laurent, Quelques réflexions sur les rapports des derniers cartels de la passe
Peser ses mots
Monique Amirault, Une jeune fille libre
Antoni Vicens, Idiot
Marie-Hélène Blancard, Savoir dire le nom
Valérie Péra-Guillot, Le psychiatre, le psychanalyste et l’avocat
Le grand entretien : Soulages le réfractaire
L’orientation lacanienne
Jacques-Alain Miller, Logiques du non-savoir en psychanalyse
L’époque et la philia
Mitra Kadivar, Le mystère des congrès
Rose-Paule Vinciguerra, Le phallus, résidu qui vérifie
Pierre-Gilles Guéguen, Psychanalyse au siècle du fétichisme généralisé
Nathalie Jaudel, Êtes-vous neurophile ou neurosceptique ?
Pierre Malengreau, Bord de semblant et sinthome
Jacques-Alain Miller, Comment se révolter ?
Psychanalyse, littérature et poésie
Nassia Linardou-Blanchet, Entre l’écrit et l’oral
Pascal Torres, Autopsie du poème
Le Cabinet de lecture
La Psychanalyse au plus près
Augustin Menard, Freud et la France • Sonia Chiriaco, Deux petits cahiers • Bernard Seynhaeve, Y incroire ? • Mónica Gurevicz, L’Orient et le continent noir • Geneviève Mordant, La voix d’un seul • Johnny Gavlovski E., L’amour du père et la poussée du surmoi • Nathalie Georges-Lambrichs, « Les paroles ne parlent pas d’elles-mêmes »
Folie, aliénations Bertrand Lahutte, Aliénations langagières • Matteo De Lorenzo, La psychiatrie déclinée par la psychanalyse • Thérèse Petitpierre, Ciné-Tévé
Malaise contemporain Francesca Biagi-Chai, De Freud ou de Michel Onfray, lequel est… ? • Pierre-Yves Turpin, Une histoire d’amour contrariée par l’Autre-politique • Emmanuelle Garcia, Sciences trop humaines • Guillaume Roy, Échapper au regard • Catherine Lacaze-Paule, Penser le regard
Les sciences Myriam Mitelman, Maths pour les nuls que nous sommes presque tous • Pierre-Yves Turpin, De l’incomplétude d’une somme • Nathalie Georges-Lambrichs, La petite bête
Arts & lettre Serge Cottet, Un cas de phobie du signifiant • Joëlle Hallet, « Je m’oralise » • Michèle Miech, Ironie de l’amour • Mathilde Madelin, Secrète monstration • Gustavo Dessal, Asile impur du roman • Gérard Seyeux, Une bioéthique nommée désir
La guerre ? Sandrine Corouge, Un spectacle total : à propos d’Avatar de James Cameron • Guy Briole, Panorama de la guerre • Pauline Prost, « On se réveillera ! »

mercredi 21 juillet 2010

Quid pro quo n°5

Marie-Hélène Devoisin / Laurent Cornaz / Hyacintha Lofé

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E.P.E.L. – Mai 2010

Marie-Hélène Devoisin, MLF : L'invention au XXe siècle d'une homologia parrêsiacôté femmes,
pour Chaque une plurielle autant que mille, Générations MLF 1968-2008
Laurent Cornaz, Dupe d'un nom,
pour Jean-Claude Milner, L'Arrogance du présent, Regards sur la décennie 1965-1975
Hyacintha Lofé, Les objets, vous dis-je !,
pour Tobie Nathan, À qui j'appartiens ? Écrits sur la psychothérapie, sur la guerre et sur la paix

Le numéro 5 de la revue Quid pro quo vient de paraître. Il comporte trois petits livres. Le premier porte sur l’ouvrage collectif Génération MLF 1968-2008. Ce Mouvement passe, le plus souvent encore aujourd’hui, pour l’incarnation du féminisme. Croisant une version de la psychanalyse, la parrêsia antique dont Michel Foucault fit grand cas, et de multiples références, Marie-Hélène Devoisin montre dans un texte aux allures de Manifeste, qu’il n’en est rien.
Il y a quelques années de cela, le linguiste Jean-claude Milner se demandait tranquillement si il existait encore une vie intellectuelle en France. La réponse était dans la question. À l’occasion de son dernier livre, lecture peu commune de ce que fut l’aventure de la Gauche prolétarienne à laquelle il appartint, son signataire se demande si ce livre peut être tenu pour le dernier volet d’un triptyque, avec deux de ses livres antérieurs, Les Penchants criminels de l’Europe démocratique (2003) et Le Juif de savoir (2006). Dans une lecture qui déborde aussi ces trois livres, relisant Milner, Laurent Cornaz prend la balle au bond, interrogeant le statut de L’avenir… Une inattendue figure émerge de cette lecture critique.
De son côté, Hyacintha Lofé se saisit de la publication du livre de Tobie Nathan, À qui j’appartiens ? pour revisiter le parcours de T. Nathan au-delà de ces vingt dernières années, sa proximité puis finalement sa rupture d’avec la psychanalyse. Qu’en est-il de son prolongement de "l’éthnopsychiatrie" proposée par son maître Georges Devereux, avec qui finalement il rompit un samedi soir de 1981… Pour une Autre appartenance.
Ces trois essais montrent aussi, selon des voies multiples, comment la psychanalyse, si pressente aujourd’hui dans la culture, n’en réduit pas pour autant le malaise ; faisant l’objet de refus pas toujours bruyants.

dimanche 11 juillet 2010

Anthropologie de la guerre

Sigmund Freud

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Parution : juin 2010 – Editions : Fayard – Prix : 20 €

Quel regard le père de la psychanalyse, mort quelques jours après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, a-t-il porté sur les soubresauts de la politique internationale qui ont émaillé le début du XXe siècle ?
Dans Considération actuelle sur la guerre et la mort (1915) et Malaise dans la civilisation(1930), puis dans une lettre à Albert Einstein Pourquoi la guerre ? (1932), Freud articule sa réflexion sur la guerre à une interrogation plus large sur les causes profondes des conflits, la pulsion de mort, la notion de civilisation et la transmission de l’ordre symbolique qu’elle suppose.
Ce dernier thème trouve un écho dans une postface d’Alain Badiou écrite pour les parents et les enfants que nous sommes. Le malaise de civilisation contemporain se manifeste dans le désarroi des jeunes générations, et des fils en particulier. Quelle initiation est possible dans un Etat démocratique souffrant d’un déficit de capacité symbolique ? Comment faire de nos fils des sujets ?
Cet ensemble de textes de Sigmund Freud, proposés ici en version originale et dans une nouvelle traduction, avec une présentation magistrale et un glossaire de l’allemand freudien, nous fait redécouvrir un Freud « politique » à la résonance singulièrement contemporaine.

Traduit de l’allemand par Marc Crépon et Marc de Launay
Introduction et appareil critique de Marc Crépon et Marc de Launay

vendredi 9 juillet 2010

Œdipe mimétique

Mark Anspach

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Editions de l’Herne – Avril 2010 – 12,50 €

Préface et entretien de René Girard

Œdipe roi est le premier polar. Il faut trouver le meurtrier de Laïos. Œdipe accuse le prophète Tirésias : « C’est toi le coupable ». Tirésias répond du tac au tac : « Le coupable, c’est toi.
Et en plus, t’as couché avec ta mère ! » Bientôt tout le monde reprend le refrain : Le roi Œdipe est une ordure.

Et si tout le monde se trompait ? Pour René Girard, le mythe d’Œdipe a son origine lointaine dans le lynchage d’un bouc émissaire. Mark Anspach décèle dans le texte même de Sophocle des indices qui jettent un doute sur la culpabilité du protagoniste. Sa seule faute serait de se laisser emporter dans ses rapports mimétiques aux autres. Mais n’est-ce pas là une tendance qu’il partage avec le père de la psychanalyse ? L’auteur trouve dans la vie de Freud lui-même des éléments à l’appui d’une lecture mimétique.

Premières pages

Critiques

mercredi 7 juillet 2010

La dépression, affect central de la modernité

Cinzia CROSALI CORVI

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Parution : mai 2010 – PU de Rennes – Prix : 20 €

L’époque moderne nous confronte à une multiplication grandissante des affects dépressifs. Plus les objets de consommation produits par la science circulent sur le marché en promettant le bonheur et plus il est difficile pour l’être parlant d’atteindre à la satisfaction de sa demande. Ce paradoxe caractérise notre modernité, qui se révèle productrice à la fois d’objets de plus en plus performants et de ce malaise inquiétant de la civilisation appelé : dépression.
Tout le monde peut à un moment donné de sa vie se dire déprimé. Pour la psychanalyse lacanienne, la dépression n’est pas une maladie biologique, elle n’est pas non plus un symptôme, mais un affect. Elle découle de la difficulté pour chaque sujet de mettre en résonance le signifiant avec la jouissance, de conjuguer le symbolique avec le réel. Elle signale un débranchement d’avec le discours, donc d’avec le lien social. La dépression a des liens étroits avec l’angoisse puisque l’état dépressif exprime le retrait du sujet face à l’angoisse et au surgissement de l’objet qui cause son désir. Désarrimé de l’objet, le sujet n’arrive plus à saturer sa jouissance par son symptôme. Seul un diagnostic différentiel des états dépressifs permet une pratique clinique tenant compte de la structure de chaque sujet. La boussole de cette clinique de l’affect dépressif est « l’objet cause du désir », à distinguer de l’objet du désir. Loin d’un objectif de normalisation, le traitement psychanalytique des sujets, définis par le discours moderne comme « déprimés », valorise la potentialité de chacun vers des solutions inédites et particulières à chaque sujet.
Ce livre veut démontrer que, face aux protocoles standards d’évaluation de l’humeur qui définissent la dépression à partir de l’effet des antidépresseurs, privilégiant ainsi une causalité organique, la psychanalyse propose une clinique du cas par cas, une clinique pour laquelle la singularité des modes de vie (des modes de jouissance) d’un sujet, a la priorité sur les modalités de recaptation neuronale de la sérotonine.

Cinzia Crosali Corvi, née à Fidenza près de Parme, est psychologue clinicienne, psychanalyste et criminologue. Elle vit en France où elle exerce en tant que psychanalyste, associant sa pratique à une activité de recherche au sein de l’École de la Cause freudienne. Ce livre est le résultat d’une thèse de Doctorat en psychanalyse, réalisée en co-tutelle avec l’Université Paris-8 et l’Université de Bergame (Italie) sous la direction du professeur Pierres-Gilles Gueguen et du professeur Pietro Barbetta. Thèse soutenue à l’Université de Paris-VIII sous la présidence du professeur Jean-Claude Maleval.

Vous avez dit dépression ?

La clinique lacanienne Numéro 17 - revue semestrielle – 2010

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Editons Erès – Prix : 25 €

Si le monde actuel connaît une forte augmentation des pathologies dépressives - ou dites dépressives - la question du statut que le psychanalyste leur donne n'est pas simple. Il peut en effet être tenté d'analyser ce phénomène « de l'extérieur », en dénonçant la généralisation d'un diagnostic qui en dirait plus long sur le discours médical contemporain que sur le sujet qui se dit déprimé. Il peut aussi distinguer de façon très marquée la mélancolie d'un côté, et de l'autre des troubles névrotiques de l'humeur, qui seraient nettement moins bien caractérisés. Mais il ne peut éviter cependant d'aller un peu plus loin : à supposer que la généralisation du diagnostic de dépression n'aille pas de soi, ce qu'il faut, pour le moins, c'est tenter de l'éclairer. Or dès lors qu'on tente de le faire on s'aperçoit selon les mots d'un des articles du dossier que « le dépressif est celui qui est le mieux à même de nous apprendre quelque chose de notre monde ».