jeudi 29 juillet 2010

Ces fictions nécessaires

LA LETTRE DE L'ENFANCE ET DE L'ADOLESCENCE (Revue du Grape) n°79

2010-07-29_001310

Editions Erès – Juillet 2010 – 16 €

L'origine latine du mot « fiction » est un verbe dont les définitions recouvrent tout autant l'acte de « manier », « caresser », « composer » ou encore « feindre ». Dans quelle mesure est-il nécessaire pour un sujet d'accompagner son histoire subjective de ces mouvements ? Que nous enseigne la clinique de l'enfance et de l'adolescence sur leur caractère nécessaire, tout à la fois symbolique et imaginaire, dans la construction subjective ? Nos pratiques peuvent-elles s'appuyer sur les « fictions » pour accompagner, éduquer, soigner ?

Coordination : Maryvonne BARRABAND (@) - Viviane DURAND
Ont participé à ce numéro : Lucie BOUSQUET - Laurence CAMPET-DENISSE - Vincent CORNALBA - Armando COTE - Tristan GARCIA-FONS - Vanessa JULIEN - Karima LAZALI - Marc LEVIVIER - Anne LONCAN -Veronique MASSUY - Jose MOREL CINQ-MARS - Claudine OURGHANLIAN - Didier PILORGE - Ilaria PIRONE - Jean-bertrand PONTALIS - Myriam REVIAL - Alain VERGNIOUX -

jeudi 22 juillet 2010

Numéro 75 de la revue la Cause freudienne : La psychanalyse en forme

www.ecf-echoppe.com/

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Nathalie Georges-Lambrichs Éditorial
Huit passants considérés
Jacques-Alain Miller, Ouverture
Angelina Harari, Couples au singulier
Sérgio Passos Ribeiro de Campos, L’a-spièglerie du sinthome
Gustavo Stiglitz, Bonjour École Une
Sergio Caretto, L’homme droit
Patricia Bosquin-Caroz, Une « a-moureuse »
Silvia Salman, Animer l’amour
Anne Lysy, « Faut y aller ! »
Leonardo Gorostiza, La densité d’un vide
Nouvelles impressions de passe
Jacques-Alain Miller, Est-ce passe ?
Pauline Prost, À rebours
Rodolphe Adam, Un point pathématique
Serge Cottet et alii, Rapport conclusif du cartel I
Miquel Bassols et alii, Rapport conclusif du cartel II
Éric Laurent, Quelques réflexions sur les rapports des derniers cartels de la passe
Peser ses mots
Monique Amirault, Une jeune fille libre
Antoni Vicens, Idiot
Marie-Hélène Blancard, Savoir dire le nom
Valérie Péra-Guillot, Le psychiatre, le psychanalyste et l’avocat
Le grand entretien : Soulages le réfractaire
L’orientation lacanienne
Jacques-Alain Miller, Logiques du non-savoir en psychanalyse
L’époque et la philia
Mitra Kadivar, Le mystère des congrès
Rose-Paule Vinciguerra, Le phallus, résidu qui vérifie
Pierre-Gilles Guéguen, Psychanalyse au siècle du fétichisme généralisé
Nathalie Jaudel, Êtes-vous neurophile ou neurosceptique ?
Pierre Malengreau, Bord de semblant et sinthome
Jacques-Alain Miller, Comment se révolter ?
Psychanalyse, littérature et poésie
Nassia Linardou-Blanchet, Entre l’écrit et l’oral
Pascal Torres, Autopsie du poème
Le Cabinet de lecture
La Psychanalyse au plus près
Augustin Menard, Freud et la France • Sonia Chiriaco, Deux petits cahiers • Bernard Seynhaeve, Y incroire ? • Mónica Gurevicz, L’Orient et le continent noir • Geneviève Mordant, La voix d’un seul • Johnny Gavlovski E., L’amour du père et la poussée du surmoi • Nathalie Georges-Lambrichs, « Les paroles ne parlent pas d’elles-mêmes »
Folie, aliénations Bertrand Lahutte, Aliénations langagières • Matteo De Lorenzo, La psychiatrie déclinée par la psychanalyse • Thérèse Petitpierre, Ciné-Tévé
Malaise contemporain Francesca Biagi-Chai, De Freud ou de Michel Onfray, lequel est… ? • Pierre-Yves Turpin, Une histoire d’amour contrariée par l’Autre-politique • Emmanuelle Garcia, Sciences trop humaines • Guillaume Roy, Échapper au regard • Catherine Lacaze-Paule, Penser le regard
Les sciences Myriam Mitelman, Maths pour les nuls que nous sommes presque tous • Pierre-Yves Turpin, De l’incomplétude d’une somme • Nathalie Georges-Lambrichs, La petite bête
Arts & lettre Serge Cottet, Un cas de phobie du signifiant • Joëlle Hallet, « Je m’oralise » • Michèle Miech, Ironie de l’amour • Mathilde Madelin, Secrète monstration • Gustavo Dessal, Asile impur du roman • Gérard Seyeux, Une bioéthique nommée désir
La guerre ? Sandrine Corouge, Un spectacle total : à propos d’Avatar de James Cameron • Guy Briole, Panorama de la guerre • Pauline Prost, « On se réveillera ! »

mercredi 21 juillet 2010

Quid pro quo n°5

Marie-Hélène Devoisin / Laurent Cornaz / Hyacintha Lofé

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E.P.E.L. – Mai 2010

Marie-Hélène Devoisin, MLF : L'invention au XXe siècle d'une homologia parrêsiacôté femmes,
pour Chaque une plurielle autant que mille, Générations MLF 1968-2008
Laurent Cornaz, Dupe d'un nom,
pour Jean-Claude Milner, L'Arrogance du présent, Regards sur la décennie 1965-1975
Hyacintha Lofé, Les objets, vous dis-je !,
pour Tobie Nathan, À qui j'appartiens ? Écrits sur la psychothérapie, sur la guerre et sur la paix

Le numéro 5 de la revue Quid pro quo vient de paraître. Il comporte trois petits livres. Le premier porte sur l’ouvrage collectif Génération MLF 1968-2008. Ce Mouvement passe, le plus souvent encore aujourd’hui, pour l’incarnation du féminisme. Croisant une version de la psychanalyse, la parrêsia antique dont Michel Foucault fit grand cas, et de multiples références, Marie-Hélène Devoisin montre dans un texte aux allures de Manifeste, qu’il n’en est rien.
Il y a quelques années de cela, le linguiste Jean-claude Milner se demandait tranquillement si il existait encore une vie intellectuelle en France. La réponse était dans la question. À l’occasion de son dernier livre, lecture peu commune de ce que fut l’aventure de la Gauche prolétarienne à laquelle il appartint, son signataire se demande si ce livre peut être tenu pour le dernier volet d’un triptyque, avec deux de ses livres antérieurs, Les Penchants criminels de l’Europe démocratique (2003) et Le Juif de savoir (2006). Dans une lecture qui déborde aussi ces trois livres, relisant Milner, Laurent Cornaz prend la balle au bond, interrogeant le statut de L’avenir… Une inattendue figure émerge de cette lecture critique.
De son côté, Hyacintha Lofé se saisit de la publication du livre de Tobie Nathan, À qui j’appartiens ? pour revisiter le parcours de T. Nathan au-delà de ces vingt dernières années, sa proximité puis finalement sa rupture d’avec la psychanalyse. Qu’en est-il de son prolongement de "l’éthnopsychiatrie" proposée par son maître Georges Devereux, avec qui finalement il rompit un samedi soir de 1981… Pour une Autre appartenance.
Ces trois essais montrent aussi, selon des voies multiples, comment la psychanalyse, si pressente aujourd’hui dans la culture, n’en réduit pas pour autant le malaise ; faisant l’objet de refus pas toujours bruyants.

dimanche 11 juillet 2010

Anthropologie de la guerre

Sigmund Freud

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Parution : juin 2010 – Editions : Fayard – Prix : 20 €

Quel regard le père de la psychanalyse, mort quelques jours après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, a-t-il porté sur les soubresauts de la politique internationale qui ont émaillé le début du XXe siècle ?
Dans Considération actuelle sur la guerre et la mort (1915) et Malaise dans la civilisation(1930), puis dans une lettre à Albert Einstein Pourquoi la guerre ? (1932), Freud articule sa réflexion sur la guerre à une interrogation plus large sur les causes profondes des conflits, la pulsion de mort, la notion de civilisation et la transmission de l’ordre symbolique qu’elle suppose.
Ce dernier thème trouve un écho dans une postface d’Alain Badiou écrite pour les parents et les enfants que nous sommes. Le malaise de civilisation contemporain se manifeste dans le désarroi des jeunes générations, et des fils en particulier. Quelle initiation est possible dans un Etat démocratique souffrant d’un déficit de capacité symbolique ? Comment faire de nos fils des sujets ?
Cet ensemble de textes de Sigmund Freud, proposés ici en version originale et dans une nouvelle traduction, avec une présentation magistrale et un glossaire de l’allemand freudien, nous fait redécouvrir un Freud « politique » à la résonance singulièrement contemporaine.

Traduit de l’allemand par Marc Crépon et Marc de Launay
Introduction et appareil critique de Marc Crépon et Marc de Launay

vendredi 9 juillet 2010

Œdipe mimétique

Mark Anspach

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Editions de l’Herne – Avril 2010 – 12,50 €

Préface et entretien de René Girard

Œdipe roi est le premier polar. Il faut trouver le meurtrier de Laïos. Œdipe accuse le prophète Tirésias : « C’est toi le coupable ». Tirésias répond du tac au tac : « Le coupable, c’est toi.
Et en plus, t’as couché avec ta mère ! » Bientôt tout le monde reprend le refrain : Le roi Œdipe est une ordure.

Et si tout le monde se trompait ? Pour René Girard, le mythe d’Œdipe a son origine lointaine dans le lynchage d’un bouc émissaire. Mark Anspach décèle dans le texte même de Sophocle des indices qui jettent un doute sur la culpabilité du protagoniste. Sa seule faute serait de se laisser emporter dans ses rapports mimétiques aux autres. Mais n’est-ce pas là une tendance qu’il partage avec le père de la psychanalyse ? L’auteur trouve dans la vie de Freud lui-même des éléments à l’appui d’une lecture mimétique.

Premières pages

Critiques

mercredi 7 juillet 2010

La dépression, affect central de la modernité

Cinzia CROSALI CORVI

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Parution : mai 2010 – PU de Rennes – Prix : 20 €

L’époque moderne nous confronte à une multiplication grandissante des affects dépressifs. Plus les objets de consommation produits par la science circulent sur le marché en promettant le bonheur et plus il est difficile pour l’être parlant d’atteindre à la satisfaction de sa demande. Ce paradoxe caractérise notre modernité, qui se révèle productrice à la fois d’objets de plus en plus performants et de ce malaise inquiétant de la civilisation appelé : dépression.
Tout le monde peut à un moment donné de sa vie se dire déprimé. Pour la psychanalyse lacanienne, la dépression n’est pas une maladie biologique, elle n’est pas non plus un symptôme, mais un affect. Elle découle de la difficulté pour chaque sujet de mettre en résonance le signifiant avec la jouissance, de conjuguer le symbolique avec le réel. Elle signale un débranchement d’avec le discours, donc d’avec le lien social. La dépression a des liens étroits avec l’angoisse puisque l’état dépressif exprime le retrait du sujet face à l’angoisse et au surgissement de l’objet qui cause son désir. Désarrimé de l’objet, le sujet n’arrive plus à saturer sa jouissance par son symptôme. Seul un diagnostic différentiel des états dépressifs permet une pratique clinique tenant compte de la structure de chaque sujet. La boussole de cette clinique de l’affect dépressif est « l’objet cause du désir », à distinguer de l’objet du désir. Loin d’un objectif de normalisation, le traitement psychanalytique des sujets, définis par le discours moderne comme « déprimés », valorise la potentialité de chacun vers des solutions inédites et particulières à chaque sujet.
Ce livre veut démontrer que, face aux protocoles standards d’évaluation de l’humeur qui définissent la dépression à partir de l’effet des antidépresseurs, privilégiant ainsi une causalité organique, la psychanalyse propose une clinique du cas par cas, une clinique pour laquelle la singularité des modes de vie (des modes de jouissance) d’un sujet, a la priorité sur les modalités de recaptation neuronale de la sérotonine.

Cinzia Crosali Corvi, née à Fidenza près de Parme, est psychologue clinicienne, psychanalyste et criminologue. Elle vit en France où elle exerce en tant que psychanalyste, associant sa pratique à une activité de recherche au sein de l’École de la Cause freudienne. Ce livre est le résultat d’une thèse de Doctorat en psychanalyse, réalisée en co-tutelle avec l’Université Paris-8 et l’Université de Bergame (Italie) sous la direction du professeur Pierres-Gilles Gueguen et du professeur Pietro Barbetta. Thèse soutenue à l’Université de Paris-VIII sous la présidence du professeur Jean-Claude Maleval.

Vous avez dit dépression ?

La clinique lacanienne Numéro 17 - revue semestrielle – 2010

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Editons Erès – Prix : 25 €

Si le monde actuel connaît une forte augmentation des pathologies dépressives - ou dites dépressives - la question du statut que le psychanalyste leur donne n'est pas simple. Il peut en effet être tenté d'analyser ce phénomène « de l'extérieur », en dénonçant la généralisation d'un diagnostic qui en dirait plus long sur le discours médical contemporain que sur le sujet qui se dit déprimé. Il peut aussi distinguer de façon très marquée la mélancolie d'un côté, et de l'autre des troubles névrotiques de l'humeur, qui seraient nettement moins bien caractérisés. Mais il ne peut éviter cependant d'aller un peu plus loin : à supposer que la généralisation du diagnostic de dépression n'aille pas de soi, ce qu'il faut, pour le moins, c'est tenter de l'éclairer. Or dès lors qu'on tente de le faire on s'aperçoit selon les mots d'un des articles du dossier que « le dépressif est celui qui est le mieux à même de nous apprendre quelque chose de notre monde ».