mercredi 24 novembre 2010

Lacan : points de repère

Serge André

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A paraître le : 20/01/2011 - Editeur : Le Bord de l'eau – Prix : 25 €

L’objet de ce livre, c’est lire Lacan.
Or, l’enseignement de Lacan peut faire « mur de langage » pour les élèves. Que l’on ne puisse emprunter d’autre voie pour aborder Lacan, que celle qui consiste à passer par ses signifiants, n’entraîne pas automatiquement cette conséquence qu’il n’y aurait qu’à le réciter. D’ailleurs, quand on le récite, c’est toujours de travers…Trois grandes périodes marquent l’enseignement de Lacan : celle de l’identification imaginaire, celle de la systématisation du symbolique, et la plus récente : celle de la rencontre du réel.
Plutôt que ces distinctions, il y a lieu de le relire en suivant le fil d’un concept. Celui du sujet par exemple. Comment Lacan passe-t-il de sa thèse sur la paranoïa au Je du stade du miroir, puis au « sujet enfin en question », puis au sujet divisé du fantasme ? De même pour la chaine signifiante, avec le déplacement qui porte Lacan d’une interrogation sur le symbole et le langage, puis à l’hypothèse d’une chaine formelle, et de là à l’écrit du signifiant jusqu’à la chaine borroméenne.
Quant à l’objet, on voit se préciser, au fil de son enseignement, son hétérosexualité : de l’objet de pulsion et de l’objet du désir, à l’objet a. L’intérêt de ce « programme » n’est pas tant de l’établir et ensuite de le meubler de références à l’oeuvre de Lacan, que de le faire fonctionner, d’éprouver la cohérence (ou l’incohérence) de cette oeuvre.

mercredi 17 novembre 2010

Freudaines. Chroniques de la quinzaine

Roger Gentis

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Parution : décembre 2010 – Editions Erès – Prix : 25 €

Pendant plus vingt ans Roger Gentis a chroniqué pour La quinzaine littéraire les ouvrages psychanalytiques et psychiatriques fraîchement publiés.
Jamais autant que pendant ces années-là (1975-1996), les publications dans ces champs ne furent si nombreuses, si diversifiées et si fertiles. Ces ouvrages reprennent une sélection d'articles les plus significatifs. Publier ces textes aujourd'hui présente un triple intérêt : d'abord un intérêt littéraire car ces chroniques, indépendamment de leur finalité avouée, sont un pur travail d'écriture et révèlent un Roger Gentis, écrivain ; un intérêt historique et intellectuel car à travers les multiples ouvrages présentés se dégagent les lignes de force et les questions qui traversent et structurent encore et toujours la pensée contemporaine ; enfin, un intérêt bibliographique car cet ouvrage constitue un répertoire critique de textes psychiatriques fondamentaux.

La force du nom - Leur nom, ils l'ont changé

Sous la direction de Céline Masson et Michel Gad Wolkowicz

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Parution : octobre 2010 – Editeur : Dèsclée de Brower – Prix : 25 €

Leur nom, ils l’ont changé... Les noms comme les visages nous identifient, ils portent l’histoire des ancêtres et se (trans)portent de génération en génération : transmission du patronyme, du nom dit de famille. Comme nous dit la petite histoire (juive), les noms nous collent à la peau et à vouloir s’en séparer, ils vous reviennent comme des signifiants porteurs de l’origine. Dans la tradition juive, le nom apparaît comme porteur de sens. Dans la Bible, le premier acte d’Adam fut de nommer tous les animaux et tous les oiseaux que dieu avait créés (Genèse 2, 19-20). Puis Adam nomme sa femme Ève. À faire la route (de l’exil), nombreux sont les juifs qui ont changé d’un « nom à coucher dehors » car ce nom, parfois difficilement prononçable, les identifiait comme venant d’ailleurs, risquant de freiner leur intégration et leur promotion sociale. Comment les noms nous identifient-ils ? De quels lieux sont-ils porteurs ? Comment nous approprions-nous nos noms ? Comment habitons-nous nos noms ? Et quel regard les autres portent-ils sur notre patronyme ? Avec notamment les contributions de Cyril Aslanov , Raphaël Drai, Alain Didier-Weill, Bruno Huisman, Nicole Lapierre, Meir Waintrater, Eric Ghozlan, Francine Kaufmann...

jeudi 11 novembre 2010

Le réel insensé - Introduction à la pensée de Jacques-Alain Miller

Nicolas Floury

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Paru le : 03/11/2010 – Editeur : Germina – Collection : Les clés de la philo – 16 €

L'essentiel de la pensée de Jacques-Alain Miller et de ses apports conceptuels à la théorie et à la clinique psychanalytique.
Cette pensée prend corps à partir d’une lecture des philosophes logiciens anglo-saxons pour aboutir à l’élaboration d’une nouvelle clinique et de nouveaux concepts psychanalytiques. Elle propose un changement de paradigme en psychanalyse : passer du registre du sens à l’ordre, insensé, du réel. On découvre alors comment l’ancien maoïste repenti déduit de la psychanalyse une nouvelle politique. Une fois ce parcours effectué, on comprend que la véritable passion de Jacques-Alain Miller est d’élucider les mystères de la pensée.

Les premières métapsychologies de Freud 1891-1896

Thierry Simonelli

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Parution : avril 2010 – Edition : Liber (Québec) – Coll. Voix psychanalytique – 30,50 €

Freud commence comme chercheur de laboratoire en neuropathologie qui travaille sur les tissus nerveux, il finit comme celui qui écoute et déchiffre les «romans» personnels de ses patients. Ce passage ne va pas de soi. Pour reprendre une ancienne distinction épistémologique, Freud passe d'une science de la nature, c'est-à-dire d'une science nomothétique, à une science idiographique, une science historique. Au cours de ce passage, il doit composer avec les connaissances neurologiques qui sont les siennes, les modèles explicatifs et les métaphores neurologiques dont il dispose, avant d'inventer d'autres modes d'explication. Entre 1891 et 1896, il expérimente donc incessamment: un modèle explicatif se substitue à un autre, puis un nouveau modèle apparaît et refoule les autres pendant quelque temps ou les complémente pour être rejeté ou simplement oublié quelques mois plus tard. Il tâte, va et vient, reprend, laisse encore. Il se fourvoie, revient sur ses pas, se précipite dans des spéculations parfois fabuleuses. La psychanalyse n'est pas sortie tout armée sous le coup d'une inspiration soudaine. C'est ce parcours de chercheur que suit pas à pas cet ouvrage, des travaux sur l'aphasie jusqu'à l'Esquisse pour une psychologie scientifique, dégageant au fur et à mesure les modèles que Freud a successivement proposés pour décrire les premières «compréhensions psychologiques» qui, les unes plus les autres moins, alimenteront la théorie psychanalytique ultérieure.

La question féminine, de Freud à Lacan

Markos Zafiropoulos

9782130585282FS

Paru le : 27/10/2010 – Editeur : PUF – Collection : philosophie d'aujourd'hui – Prix : 19 €

Si le rejet haineux de la mère est la condition d’entrée des filles dans le registre œdipien, comment cette même fille pourrait-elle donc sortir de l’œdipe par la voie de l’idéalisation de la mère ? Ici réside l’aporie rendant fort difficile de faire de la mère l’avenir idéal de la femme, comme le voulait Freud exprimant enfin sa perplexité par cette question, qui hante depuis le monde psychanalytique : Que veut la femme ? Cette question a d’importantes incidences sociales puisque tous s’aperçoivent aujourd’hui de la place du désir des femmes dans les réorganisations de la modernité. Il était donc urgent de reprendre ce dossier pour sortir de l’impasse freudienne et, avec les autres sciences sociales, désenclaver sur ce point la psychanalyse.

Après avoir examiné de manière critique les textes de l’anthropologie freudienne et situé ce qui, dans la réponse de Freud, apparaît peu convaincant (y compris pour Freud lui-même), l’auteur montre l’intérêt qu’il y a à emprunter la solution de Lacan disjoignant radicalement le désir de la femme des satisfactions maternelles. En écartant la solution par la mère, on peut alors s’engager dans la relecture des perplexités de Dora, cette jeune hystérique conduite à repenser l’énigme de son devenir femme sans la mère, mais avec les figures idéales de la Vierge et de la maîtresse du père. Loin de faire apparaître seulement la solution à l’énigme de la féminité par la voie de l’Autre femme idéalisée (Vierge ou maîtresse), cet ouvrage montre que la disjonction opérée par Lacan entre la mère et la femme permet aussi de rendre intelligible la multiplicité des avatars morbides opposant la fille à sa mère inconsciente.
Pour cette nouvelle enquête sur l’anthropologie psychanalytique de Freud et de Lacan, M. Zafiropoulos relance donc aussi la clinique du cas et rend visite à la jeune femme anorexique, à sa sœur boulimique, à la jeune homosexuelle analysée par Freud, à la femme hétérosexuelle et enfin à Médée : la vraie femme, selon Lacan.