jeudi 29 décembre 2011

L'EN-JE LACANIEN n°17: Sens, hors-sens et équivoque

Rédacteur en chef : Michel Bousseyroux, Didier Castanet et Antonio Quinet


Janvier 2012 - Erès - 25 €

Le sens, c'est ce qu'on demande : qu'est-ce que ça veut dire ? Le sens colle au langage. La psychanalyse aussi fait sens. Mais ce faisant elle donne sens à ce qui n'en a pas : le réel, l'inconscient en tant que réel, l'inconscient en tant qu'il chiffre la jouissance. Comment l'interprétation alors peut-elle viser, faire mouche pour ferrer ce réel ? Par l'équivoque, répond Lacan.

Ont participé à ce numéro :  Michel BOUSSEYROUX -  Didier CASTANET -  Sylviane CERNOIS -  Michel CODDENS -  Monique DESORMEAUX -  Xavier DOUMEN -  Luis IZCOVICH -  Anne JOURDAIN -  Marie-jose LATOUR -  Serge LAZARO -  Fulvio MARONE -  Albert NGUYEN -  Jacqueline PATOUET -  Jose PAZO ESPINOZA -  Marc STRAUSS -  Axel TUFFERY

> lLe sommaire sur CAIRN

dimanche 25 décembre 2011

Sphinx - Création et reconstruction

Bernard Wagner


Janvier 2012 - Persée - 21 €

Dans la légende, Oedipe conchie le Sphinx au nom de son propre intérêt ; cette erreur symbolise sa cécité et sa bêtise.Sommes-nous aveugles à notre propre péril faute d'examiner ce que figure le Sphinx ? Sommes-nous nos propres bourreaux, nos propres monstres, face à notre fin ? La facilité avec laquelle l'humanisation et la subjectivité disparaissent n'a d'égal que l'oubli du temps premier de la réflexion. Entre réflexes et réflexions, les mésaventures de l'être humain ont commencé au stade anal, au moment de la maîtrise de ses sphincters.
Comment en parler pour que chacun puisse y reconnaître ce qui lui est " propre " ? Comment retrouver un temps de vie où la place serait réservée à un acte de création et de réflexion pour soi-même ? Avons-nous perdu de vue cette idée et les conséquences néfastes de cette absence ? Le Sphinx n'est-il pas alors la figure emblématique et nécessaire d'une renaissance à travers la création, faite de constructions et de reconstructions, pour éviter une chute progressive vers la bestialité ? Ce nouvel essai autour de la création prolonge les deux premiers de Bernard Wagner, psychologue clinicien, arthérapeute et psychanalyste ? Le violon d'Astrid et Le triangle obscur, issus de son travail en milieu psychiatrique et de son expérience d'animation d'ateliers de création thérapeutique.

Voix

Gérard Wajcman



Janvier 2012 - Nous - 9 €


Voix est le tout premier livre de Gérard Wajcman.
Publié pour la première fois en Suisse en 1979 avec le titre "Voix-le face à la chute des sons nus", il devint vite indisponible. Cette nouvelle édition souhaite rendre à ce bref essai la visibilité qu'il n'a jamais eue. Le point de départ pour cette réflexion sur la voix, "objet petit a" lacanien, est l'expérience, troublante et saisissante, de l'écoute des rares enregistrements des voix de castrats.
À partir de cette figure paradoxale et étrange qu'est le castrat, l'analyse de Wajcman se confronte non seulement à l'agencement de la voix à la musique - notamment dans l'opéra - mais d'une manière générale à la "corporalité" de la voix, à la voix comme "signe" d'un corps sexué, au rapport entre voix et image et, finalement, à l'affect autant puissant qu'énigmatique qu'une voix produit sur son auditeur.

mercredi 14 décembre 2011

Une enquête chez Lacan

Charles Melman

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Novembre 2011 – Erès – 14 €

“L'enjeu de ce volume est actuel : il n'est pas de nous situer dans Lacan pour lutter contre ce qui se rangerait au dehors, mais de savoir comment penser avec Lacan, ce que veut dire habiter cette réflexion, ce que c'est que de s'y situer, comment s'en orienter.
Dans l'idée d'enquête, résonnent aussi bien la quête que le roman policier. À condition de prendre le détective de La lettre volée pour phare. Il n'y a pas là à s'emparer de la résolution des énigmes. Il y a à les circonscrire. Dans ce séminaire, Charles Melman accepte d'apporter des effets de clarification dans le traitement de questions aussi simples qu'essentielles que "Clinique de la manie", "Qu'est-ce qu'une névrose ?" "La délinquance", "Qu'est-ce que l'interprétation du psychanalyste ?" "Qu'attendons-nous d'une psychanalyse ?", etc.
Sans donner à maîtriser le Réel en jeu, il parvient à ne pas donner à son lecteur ce sentiment déprimant d'être perpétuellement renvoyé ailleurs puisque la saisie de l'inconscient se déroberait toujours. Il répond. Et c'est sans doute aussi cela, se situer à l'intérieur des thèses lacaniennes : prendre le risque d'affirmer. Paradoxalement, c'est en cela qu'il se montre intempestif.”

Journal Français de Psychiatrie n°36 : Traumatismes

Janvier 2011

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Edition Erès – 19 €

La présentation dramatique de la plainte a aujourd'hui évolué.
La place et le rôle de " la victime " sont complexes, se situant autant dans le réel que dans les fantasmes divers, leur repérage et leur intensité variant selon les contextes, selon les époques. La répression du " bourreau " fautif en est également conséquente. Il nous appartient de délimiter le champ de ces plaintes, justifiées sans doute mais dans quel registre, et d'étudier l'actualité de ces dérives compassionnelles dont les effets ne sont pas neutres.
Notre intérêt prend racine dans notre pratique, à l'écoute des émergences cliniques de ces notions. Mais le " social " et les médias proposent d'autres présentations, standardisées : " victime, stress post-traumatique, harcèlement, etc. " Si les émotions ne sont pas maîtrisées, on est dans le trauma, à réparer. Y a-t-il toujours préjudice ? Ou désagrément ? Une grande prudence s'impose : quels sont les usages du statut de victime dans les champs, clinique, juridique, social et politique ? Les séquelles et leur appréciation donneront lieu au litige confrontant médecine et justice.

dimanche 11 décembre 2011

La vie descriptible de Michel Foucault

David Halperin traduction Isabelle Châtelet



Décembre 2011 - Cahiers de l'Une-bévue - 20 euros

La parution du livre de David Halperin Saint Foucault, Towards a Gay Hagiography fut un événement aux États-Unis. Inédite en français, sa troisième partie La vie descriptible de Michel Foucault vient compléter Saint Foucault publié aux éditions EPEL. Foucault l'avait écrit : « les procédés disciplinaires […] abaissent le seuil de l'individualité descriptible et font de cette description un moyen de contrôle et une méthode de domination. […] Et cette descriptibilité nouvelle est d'autant plus marquée que l'encadrement disciplinaire est strict : l'enfant, le malade, le fou, le condamné deviendront, de plus en plus facilement à partir du XVIIIe siècle et selon une pente qui est celle des mécanismes de discipline, l'objet de descriptions individuelles et de récits biographiques. Cette mise en écriture des existences réelles n'est plus une procédure d'héroïsation ; elle fonctionne comme procédure d'objectivation et d'assujettissement ». En soulignant qu'il n'y a rien de personnel dans la subjectivité, Halperin replace la « mise en écriture » d'une existence déviante dans l'arène politique et tire de la biographisation de Foucault une leçon des effets de pouvoir sur tous ceux – le délinquant, le pervers, le pauvre, la personne de couleur, la femme – que la société moderne peut qualifier d'anormaux.

David Halperin est titulaire de la chaire W. H. Auden d'Histoire et de Théorie de la sexualité à l'Université du Michigan à Ann Arbor. Il est le cofondateur de la revue GLQ, Gay and Lesbian Questions et auteur de nombreux travaux, comme Cent ans d'homosexualité et autres essais sur l'amour grec (EPEL), Oublier Foucault, mode d'emploi (EPEL), ou Que veulent les gays ? Essai sur le sexe, le risque et la subjectivité (Amsterdam).

Illustration de couverture : Catherine Lord

vendredi 2 décembre 2011

Analytique de la chair

Guy-Félix Duportail

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Novembre 2011 – Cerf – “Passages” – 34 €

Mon corps est-il un objet parmi d'autres dans l'espace ou bien crée-t-il l'étendue qu'il perçoit jusqu'à l'écho des étoiles ? À quelle spatialité suis-je assujetti pour être relié « de l'intérieur » au monde et aux autres corps qui m'entourent ? Les dimensions de l'espace sont-elles des coordonnées de la matière morte ou sont-elles des variations modales de mon esprit ? C'est à la découverte de la spatialité du corps vivant que nous invite Guy-Félix Duportail dans son « Analytique de la chair ». Il nous apprend, entre autres, que la phénoménologie et la psychanalyse se rencontrent en ces lieux de la chair suivant des principes topologiques communs. G.-F. Duportail dessine le schéma intérieur de la subjectivité comme se donnant « à l'extérieur », dans le monde. La subjectivité incarnée se retourne comme un gant et se retrouve ainsi exposée au-dehors, dans son « sinthome », comme disait Lacan, dans son « implexe », comme disait Merleau-Ponty. Dans tous les cas, elle se réalise dans une « création » réparatrice de son mal-être. L'immanence est donc dans la transcendance, et l'espace-temps se réfléchit dans la chair, dans les tourbillons de sa jouissance.
La présente « Analytique de la chair » révèle qu'un corps sans organes (Deleuze et Guattari) est certes moins qu'un nœud, mais demeure plus qu'un emmêlement, et qu'une chair sublime mais sans corps (Levinas, Henry) ne fait du visage qu'un masque, et de la Vie glorieuse du Moi qu'un éloge de la pulsion de mort.

mercredi 23 novembre 2011

Les présages. Ou le souvenir d’enfance retrouvé

Nestor A. Braunstein

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Novembre 2011 – Stock – 24 €

Que fait un psychanalyste, sinon tenter de déchiffrer les rêves que nous portons en nous comme des présages de ce que nous deviendrons ? Le plus grand psychanalyste mexicain interprète dans ce magnifique livre les premiers souvenirs d’enfance relatés par des écrivains, ainsi que des rêves, pour démêler ce qui appartient à la vérité et au mensonge nécessaire. La mémoire, en chacun de nous, tente ainsi de mettre à distance le sentiment de cette inquiétante étrangeté de notre passé, en récrivant sans fin notre propre histoire.
C’est un écrivain, Julio Cortázar, qui, racontant son plus ancien souvenir, celui de la terreur que lui inspire le chant d’un coq, a mis Nestor A. Braunstein sur la voie de cette hypothèse, qu’il va par la suite s’employer à vérifier à propos des premiers souvenirs de différents auteurs : Borges et García Marquez qui parlent sa langue, mais aussi Virginia Woolf ou Vladimir Nabokov, Elias Canetti ou Hermann Broch, enfin Perec ou Leiris, sans parler de l’omniprésence de Freud et de Proust.
Lors de cette promenade par les sentiers oubliés de textes peu fréquentés, mais déterminants pour la compréhension de leur auteur, Nestor A. Braunstein n’use d’aucun jargon et fait preuve de l’humanisme souriant d’un psychanalyste averti. (Présentation de l’éditeur)

lundi 21 novembre 2011

Le réel de l'amour - Trois modèles lacaniens

David Monnier

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Octobre 2011 – PU Rennes – 24 €

Pourquoi tout le monde ne fait pas l'amour avec tout le monde ? Pour quoi faire, l'amour ? Pourquoi arrive-t-il que l'amour s'arrête ? Telles sont quelques questions brûlantes qui permettent d'aborder l'amour ici en évitant des faux problèmes et sans prétendre à des solutions aussi ineptes que dérisoires.
Se déploie que l'amour est nécessairement subjectif et même qu'il est impossible qu'il ne le soit pas. Car il n'y a pas de sujet sans amour, qui ne se conçoit sans amour, qui soit sans une conception de l'amour. Se démontre au long cours que l'amour relève d'une logique temporelle. Dès sa rencontre, contingente, il s'agit de se donner possiblement les moyens de sa fin. Et l'amour n'est pas tant aveugle que myope.
Il ne voit guère plus loin que le bout de son nez dans le miroir narcissique de l'autre. Il se doit de faire écran à ce qu'il hait. Sur fond d'adultère, l'amour peut s'appréhender comme un bouleversement asocial, amoral. Dans l'après-coup, on lui fait un sort en en profitant pour s'identifier. On fait en sorte d'en être débarrassé une fois pour toutes en s'accouplant. Mais il ne se laisse pas toujours faire.
Notre thèse élabore le mécanisme de l'amour à partir de l'enseignement de Jacques Lacan. Ses propos se recoupent et se répondent de sorte qu'on a pu discerner sept modèles. Ici, nous en produisons les trois derniers, rapportés à une approche du réel. On peut faire valoir la cohérence de la théorisation lacanienne. Cela fournit un accès à ce qu'il dit si bien qu'il se révèle accessible. C'est une incitation à y aller voir de plus près.
Et on peut saisir ce dont il parle, sans d'emblée cerner ses références érudites. Cela y invite, à l'occasion. On peut enfin souligner la pertinence de sa démarche telle qu'il n'a pas qu'une thèse à asséner mais qu'il en considère et mobilise plusieurs inlassablement. Ce qui compte, c'est le trajet et ce qui importe, ce sont les détails. Alors, nous proposons, de l'amour, de dégager la définition, la structure, la conjoncture, la fonction, le fonctionnement, les critères, les conditions, les circonstances, les limites.
Corollairement, nous repérerons l'articulation de l'amour au désir, à la demande, à la jouissance, à la pulsion, au fantasme. Incidemment, nous envisagerons quelques figures littéraires et musicales, représentations sociales et mythes culturels liés à l'amour.

Lacan lecteur de Gide

Philippe Hellebois

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Octobre 2011 – Ed. Michèle – “Je est un autre- 19 €

De nombreux livres furent consacrés à André Gide mais aucun encore au Gide dont parla Lacan dans un article fameux, paru en 1958 et inclus ensuite dans ses Écrits, " Jeunesse de Gide ou la lettre et le désir ".
Ce Gide-là, qui ne ressemble à aucun autre, fit date dans son enseignement en l'amenant à des élaborations nouvelles et fondamentales : l'amour différencié du désir, l'objet a qui deviendra l'une de ses grandes inventions, la clinique de l'enfant dans ses aspects les plus sombres, la perversion comme on ne l'a jamais vue... Lacan montrait aussi les enjeux vitaux de la littérature pour Gide dont le style n'était pas qu'un gracieux ornement mais aussi et surtout une solution à son symptôme.
Les cliniciens pourront y trouver de quoi affiner leurs catégories et les spécialistes de Gide découvrir leur grand homme sous un autre jour. Difficile, mystérieux, nécessitant beaucoup de lectures, le texte de Lacan est longtemps resté dans l'ombre. Puisse ce livre aider à la dissiper ! (présentation de l’éditeur)

L'actuel malaise dans la culture

François Richard

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Octobre 2011 – Ed. L’Olivier – Coll. Penser/Rêver – 21 €

Au même moment où Freud écrit Le malaise dans la culture (1929), des discussions extrêmement fécondes ont lieu à Francfort où les auteurs et de la future Ecole de Francfort (Adorno, Marcuse, Lowenthal) réfléchissent sur les mécanismes sociaux de domination en utilisant à la fois la psychanalyse, la phénoménologie et le marxisme, en faisant l'hypothèse d'une participation du psychisme le plus subjectif aux processus sociaux.
François Richard s'inscrit dans cet héritage, celui de la rencontre, au début des années 1930, entre la psychanalyse et la critique sociale. Le malaise dans la culture contemporaine s'est approfondi depuis le célèbre essai de Freud et se caractérise aujourd'hui par une contradiction entre les exigences moralisatrices croissante et le déchaînement, imaginaire mais aussi très réel, de la violence et de la vulgarité.
Les psychanalystes rencontrent dans leurs cures des pathologies nouvelles. La psychanalyse, elle, se voit reprocher son conservatisme alors qu'elle chercher au contraire à penser le " surmoi culturel civilisé " dont a besoin notre époque. L'actuel malaise est-il la continuation sous des formes transformées de celui dépeint par Freud il y a quatre-vingt-deux ans ou bien constitue-t-il quelque chose de tout à fait nouveau et différent ? La psychanalyse est-elle susceptible aujourd'hui de contribuer à la compréhension du moment historique et social présent, dans un dialogue avec les anthropologues et les sociologiques, les philosophes et les historiens ? Ce sont là les questions qui sont au centre de ce passionnant essai.

Ames scrupuleuses, vies d'angoisse, tristes obsédés

Pierre-Henri Castel

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Octobre 2011 – Ithaque – 34 €

Obsessions et contrainte intérieure de l'Antiquité à Freud - Volume 1

Scrupules morbides, remords délirants, angoisses absurdes, rituels compulsifs...
Comment les hommes ont-ils soigné les souffrances, voire les folies que la " conscience morale ", suprême valeur de l'individu occidental, a suscité en nous, dès son triomphe au 17e siècle ? Le premier volume de cette étude, qui en comprendra deux, s'ouvre sur une provocation : ces symptômes, nos " obsessions " et nos " compulsions ", n'ont pas toujours existé. Avant Saint Augustin, même leur possibilité est douteuse.
Il s'achève avec Freud, qui forge le terme de " névrose obsessionnelle ". Entre les deux, les scrupuleuses du Grand Siècle, Kierkegaard, Esquirol et Janet scandent un parcours qui aboutit à la psychiatrisation de l'obsédé. Une foule inquiète s'y bouscule : les superstitieux d'Athènes et Rome, les premiers moines en Egypte, une religieuse possédée et son génial confesseur, des enfants qui insultent Dieu, de dignes bourgeois qui étouffent leurs impulsions criminelles, des mystiques et des neurologues, un médecin bien malade, et quelques Sénégalais.
Chaque fois, les conflits qui les ravagent révèlent la cruelle fabrique de notre intériorité et le prix psychique dont l'individu moderne l'aura payée.

La perversion sadomasochiste - L'entité et les théories

Franco De Masi

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Octobre 2011 – Ithaque – “Psychanalyse” – 24 €

A l'opposé des hypothèses avancées par Robert Stoller (selon laquelle la perversion est une forme érotique de la haine) et par différents chercheurs contemporains, Franco De Masi soutient que la perversion est éminemment anobjectale : si la haine est bien un sentiment dirigé contre un objet, le véritable pervers sadique ne s'intéresse absolument pas à sa victime ; il ne la hait pas, pas plus qu'il ne hait à travers elle un quelconque objet, plus ou moins originaire.
Pour De Masi, la perversion sadique n'a rien à voir avec le développement de la psychosexualité ; dénuée de toute signification évolutive ou régressive relativement à une phase ou à une position données, elle n'est pas l'expression d'une fixation et pas davantage celle d'une défense contre des risques d'anéantissement. Née d'une destructivité primaire qui se dévoile à travers des états sexualisés de l'esprit, elle est le visage pur de Thanatos.
Si Freud avait situé la perversion dans la continuité du développement " normal ", avec ses conflits, ses angoisses et ses mésaventures - l'ayant pour ainsi dire " dépathologisée " comme une possibilité intrinsèque et irréductible de l'être humain -, De Masi la rend définitivement pathologique, sous la forme d'un noyau destructif indépendant du cours du développement psychosexuel et relationnel ou des aléas de la vie mentale " normale ".
Aussi, contre une bonne partie de la littérature psychanalytique, De Masi refuse-t-il toute continuité entre la sexualité normale et la sexualité perverse et affirme la différence essentielle, sur le plan clinique, entre la véritable perversion sadomasochiste (dite " structurée ") et le domaine plus fluctuant et varié des agirs et des comportements pervers épisodiques et défensifs, à caractère compulsif, symptomatiques d'états dépressifs ou d'angoisses de dissolution (comme il arrive dans les états limites).
Après un examen attentif des diverses hypothèses psychanalytiques sur la perversion, De Masi avance ses propres thèses, pour la distinguer clairement de la nébuleuse de haine, d'agressivité ou de contrôle des objets plus ou moins sadomasochistes qui se manifestent dans une série assez complexe, mais plus courante, de scénarios relationnels ou de situations cliniques (comme dans la mélancolie). Ses hypothèses radicales, inspirées notamment des travaux de Meltzer, constituent sans doute une contribution fertile, et pleine d'érudition, à la compréhension de cette pathologie.

Structure, logique, aliénation - Recherche en psychanalyse

François Balmès

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Octobre 2011 – Erès – Coll. Scripta – 23 €

L'Ecole de psychanalyse Sigmund Freud a choisi d'éditer une série des derniers travaux de François Balmès concernant les questions de structure et de logique en psychanalyse.
Les abords chaque fois un peu différents de ces questions, au fil des textes retenus, permettent de cerner les difficultés inhérentes aux concepts en jeu, ainsi que le maniement de l'outil que constitue le quadrangle de Jacques Lacan. François Balmès, psychanalyste et philosophe, montre comment le quadrangle peut être un appui pour une pensée exigeante et critique, permettant de revisiter les textes freudiens et philosophiques (Aristote, Descartes, Heidegger...) dans leurs résonances et leurs apports à l'élaboration contemporaine de la psychanalyse.
Il y réinterroge également l'histoire de la structure, de sa pérennité comme concept au-delà de la fin du structuralisme.

samedi 29 octobre 2011

Psychologie Clinique n° 32 : La traduction, variations psychanalytiques

Sous la direction de Jean-Yves Samacher, Rober Samacher, Olivier Douville

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Octobre 2011 - ditions EDK/Groupe EDP sciences – 25

Ce numéro de Psychologie clinique envisagera sous différents angles les rapports que la psychanalyse entretient avec la traduction et tentera de répondre plus particulièrement aux trois interrogations suivantes : en quelle mesure la psychanalyse nous permet-elle de porter un autre regard, un regard neuf, sur l’œuvre de traduction? Dans le cadre de la cure, quelle est la spécificité du travail de traduction ou d’interprétation opéré par le psychanalyste ? Enfin, quelles sont les déformations, transformations et innovations conceptuelles découlant de la traduction des terminologies psychanalytiques freudienne et lacanienne en langues étrangères ?

Pour répondre à ces questions, ce numéro de la revue prendra en compte les différentes acceptions du mot traduction, ainsi que les différents champs d’application de cette notion : champ psychanalytique, mais aussi champs littéraire, sociologique, anthropologique. Écrits par des auteurs qui ne sont pas tous psychanalystes, mais qui, pour certains, œuvrent également en tant que traducteurs littéraires ou traducteurs scientifiques, les articles ont été regroupés en trois sections principales, correspondant chacune à des logiques distinctes, ou à des abords différents de l’opération traductionnelle :

1) Les traductions intrapsychique et extrapsychique, qui nous amènent sur le terrain de la traduction intersémiotique (autrement dit, la traduction d’un langage de signes à un autre langage de signes). Dans ce cadre, sera interrogée la place du corps et de l’affect dans la traduction, ainsi que l’interaction entre langage verbal et langage non-verbal.

2) La traduction psychanalytique, en tant que réflexion sur la tâche du psychanalyste, où l’on verra qu’il existe à la fois des divergences et des similitudes entre les opérations de déchiffrage et de réécriture effectuées par le traducteur littéraire et le travail d’interprétation opéré par le psychanalyste. Seront également abordées la place et la fonction des trois registres : Réel, Imaginaire et Symbolique.

3) Les traductions intralinguistique et interlinguistique des œuvres psychanalytiques, où sera soulevée plus spécifiquement la question de la transposition des œuvres et concepts élaborés par Freud et par Lacan, ce qui ira nécessairement de pair avec la question de leurs interprétations fidèles ou déviantes.

Cette classification tripartite n’empêchera pas pour autant des recoupements de thématiques et de problématiques au sein d’un même article.

La psychanalyse pourrait donc être bénéfique en ceci qu’elle permettrait à chacun de sortir du discours courant (que Lacan écrit aussi « disque-ourcourant »), discours préprogrammé, préformaté, simple utilisation des S1 provenant du lieu de l’Autre, en l’aidant à trouver ses propres signifiants, à partir du prélèvement du trait unaire. Chaque sujet, comme chaque analysant, se doit de trouver sa propre langue, son propre idiome, son propre sinthome, sa propre béquille, sa propre « bévue », son propre imprévu.

Pour que la traduction se poursuive, à la fois finie et infinie. C’est aussi sur ce plan du désir de traduire, de se faire entendre dans cet amour de l’exil d’une langue à l’autre, que se révèle le contre-jour des opérations de traduction, l’empêchement de transfert, l’empêchement d’exil, l’empêchement donc d’un espoir de se loger dans un lieu autre, de s’y loger, de le trouer par l’insistante énigme de son être. Ce par quoi ce numéro est solidaire des autres volumes de la revue qui explorent, eux, les  échecs du travail de l’étrangement, les malheurs des exils réduits aux banissement, des exclusions, etc.

Pour Acheter ce n°

25 euros + 3 euros de frais de port

Pour s'abonner à la revue

2 numéros par an (il convient de préciser que votre abonnement démarre avec le n°2011/2) : 42 euros

à l'ordre de Psychologie Clinique ; à adresser à Editions EDK/Groupe EDP sciences, 17 avenue du Hoggar, PA de Courtabœuf, 91994 Les Ullis Cdex A France - tel 0169187575

dimanche 23 octobre 2011

Lumière des astres éteints, la psychanalyse face aux camps

Gérard Haddad

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Novembre 2011 – Grasset – 20 €

La question des camps de concentration nazis a été jusqu’à maintenant abordée sous les modes commémoratifs et historiques.
Ces approches ont laissé dans l’ombre un aspect essentiel dont l’influence sur notre présent ne peut être tue. En effet, le totalitarisme a opéré dans notre subjectivité et nos structures socio-économiques des changements profonds. Ainsi, la « fatigue » qui semble frapper l’Europe, son « déclin » sont peut-être une conséquence à long terme des camps.
Quant à l’insoluble conflit israélo-arabe, il plonge incontestablement ses racines dans le génocide juif.
C’est à travers des cas cliniques de patients qu’il a analysés que Gérard Haddad illustre cette thèse ; chaque cas venant éclairer un aspect particulier de cette question. Entre ces récits de cas se trouvent intercalées de brèves analyses qui renvoient à cette « lumière noire » des camps.

Essaim n°27 : Identification du symptôme

Novembre 2011

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Ont participé à ce numéro : Paul ALERINI - Pierrick BRIENT - Nicolas GUERIN - Patricia JANODY - Georges LEWKOWICZ - Dorothee MARCINIK - Severine MATHELIN - Mary MC LOUGHLIN - Sophie MENDELSOHN - Yannick OURY-PULLIERO - Frederic PELLION - Erik PORGE - Bernard ROLAND - Ferdinand SCHERRER - Dominique SIMMONEY - Jean-louis SOUS - Simone WIENER

Les derniers séminaires de Lacan, notamment Le sinthome, ont beaucoup contribué à stimuler les études sur le symptôme en psychanalyse. Mais actuellement, celles-ci montrent des orientations tellement diverses que l’on peut se demander s’il n’y a pas là le symptôme d’un certain état de la lecture et de la transmission de l’enseignement de Lacan, ainsi que de l’incompréhension qu’il suscite. Qu’en est-il donc aujourd’hui du repérage du symptôme en psychanalyse ? C’est ce qu’Essaim, avec ce numéro, se met à la tâche d’élucider, en s’appuyant sur ce qui a amené Lacan à un nouvel abord du symptôme, notamment avec la topologie. Qu’est-ce que l’identification au symptôme ? Comment le symptôme déplace-t-il la problématique des noms du père ? Quels sont les liens entre la structure des quatre discours et celle du symptôme ? À quoi se rapporte le sinthome ? À partir de là, nombreuses sont les pistes pour aborder un renouvellement des points de vue sur le symptôme, que ce soit dans la psychanalyse avec les enfants ou dans celle des psychoses, ou dans la question de la fin de l’analyse.

Camille Claudel. Réenchantement de l'œuvre

Danielle Arnoux

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Octobre 2011 – Epel – 20 €

Sacrifiée par l’artiste puis oubliée avec elle, l’œuvre de Camille Claudel a failli disparaître. Interprétée comme un récit tragique de sa vie, elle a resurgi à la fin du XXe siècle. La compassion pour la femme victime et folle s’est alors mêlée à l’admiration, opacifiant l’appréciation de l’œuvre.

Comment, au XXIe siècle, légende et histoire ont-elles pu se confronter, se succéder, cohabiter, pour finir par donner aujourd’hui sa place à l’artiste ? Littérature, psychanalyse, sociologie et histoire de l’art permettent à Danielle Arnoux d’éclairer ce réenchantement.

Les gourmands du détail apprécieront de découvrir quelles furent les sculptures de Camille Claudel exposées en Italie en 1911.

mardi 11 octobre 2011

Le malentendu des sexes. Freud, Lacan et l'amour

Juan-Pablo Lucchelli

malentendu

Septembre 2011 – Presses Universitaires de Rennes – 18 €

La théorie freudienne qui postule le rôle étiologique de la sexualité dans les névroses a rencontré, par le passé, les plus vives objections. On pourrait penser à un phénomène d’époque, mais il n’en est rien. Et aujourd’hui pas moins qu’il y a un siècle, la pratique analytique est souvent considérée comme obsolète en raison, précisément, de l’importance accordée à la sexualité inconsciente. À l’époque où l’on choisit ses organes sexuels grâce à la chirurgie, il paraîtrait naïf d’interpréter une phobie infantile par les liens inconscients avec la mère. Pourtant, si l’on prétend démontrer la cause génétique des maladies mentales, on rencontrera plus de diffi cultés à faire de même quant au destin sexuel : rien ne semble moins programmé, et donc plus ouvert à la contingence, que la sexualité. Pour la simple raison que le seul organe sexuel qui vaille est la libido, à savoir tout sauf un organe de la reproduction.
Les exemples sont à portée de main. La sexualité serait déterminée à être indéterminée. Et source du plus profond malentendu. Le malentendu des sexes est surtout un malentendu du sexe comme tel : si Lacan a pu stipuler qu’il n’y a pas de rapport sexuel, c’est aussi et surtout parce que tout rapport est sexuel, parce que chez l’humain c’est le sexuel qui pousse à ce qu’il y ait rapport (social, économique ou autre). En parcourant l’idée de sexualité chez Freud jusqu’aux élaborations les plus tardives de Lacan, ce livre retrace les points essentiels de la théorie psychanalytique et nous livre en outre des thèses originales sur les deux maîtres de la psychanalyse.

vendredi 30 septembre 2011

Les secrets de famille

Serge Tisseron

Lessecretsdefamille

Septembre 2011 – PUF – Que sais-je ? – 9 €

Tout enfant grandit au milieu des secrets, tout simplement parce qu’il est confronté à des mots, des mimiques et des attitudes d’adultes dont il ne comprend pas le sens. Bientôt, il questionne et parfois on lui répond. D’autres fois, on lui sourit en lui disant qu’il le saura quand il sera plus grand. C’est notamment le cas lorsque sa curiosité implique la sexualité. Mais d’autres fois encore, ses questions suscitent chez ses parents des réactions de colère, de tristesse ou de gêne incompréhensible. Ce sont ces réactions que Serge Tisseron nomme « les suintements du secret ». Ils mettent l’enfant sur la voie de penser qu’on lui cache quelque chose de grave, l’invitent à le deviner tout en lui interdisant tacitement d’y parvenir car cela serait trop douloureux pour l’adulte. De cette injonction contradictoire naissent des troubles dans sa construction psychique : le traumatisme vécu et tenu caché par la première génération « ricoche » sur la deuxième, parfois sur la troisième encore.
Serge Tisseron analyse la logique et les mécanismes propres aux secrets de familles. Il montre comment on peut aussi en guérir. Il souligne ainsi que ces secrets s’opposent moins à l’idée d’une Vérité qu’à la communication.

Serge Tisseron est psychanalyste. Les secrets de famille  sont un de ses principaux objets d’étude. Il a notamment publié Tintin et les secrets de famille (1992), Nos secrets de famille. Histoires et mode d’emploi (1999), Le Petit Livre pour bien vivre les secrets en famille (2006). Dans la collection « Que sais-je ? », il est également l’auteur de La résilience.

mercredi 28 septembre 2011

Lacan au miroir des sorcières

La Cause freudienne n° 79

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Septembre 2011 – 20 €

 

Rome, 1974

La Troisième, Jacques Lacan, texte établi par Jacques-Alain Miller

Le souffle la rectitude

Le sourire de Jacques Lacan, François Cheng

Divins détails

Lacan en joycien, Jacques Aubert

Lacan indien, Catherine Clément

Lacan, la musique, Diego Masson converse avec Judith Miller

Lacan le Juif, Jean-Claude Milner

Lacan, le théâtre, François Regnault

The Split Collector, Gérard Wajcman

Portrait de l’analyste en caméléon

Lacan homme de revues, Christiane Alberti

Lacan criminologue, Francesca Biagi-Chai

Le discours de l’hystérique, Marie-Hélène Blancard

Le jeune Lacan, tel qu’en lui-même, Guy Briole

Lacan voyageur, Marie-Hélène Brousse

Cheminement avec Heidegger, pas sans Lacan, Fernand Cambon

Lacan et l’autre Marguerite, Hervé Castanet

Lacan et le bouddhisme chan, Nathalie Charraud

La logique poétique de Jacques Lacan, Gilles Chatenay

Lacan et l’a-Freud, Serge Cottet

La peinture sur pied de guerre, Yves Depelsenaire

Lacan, le rien, Carole Dewambrechies-La Sagna

Lacan, Docteur de l’Église, Antonio Di Ciaccia

Intraduire Lacan, Graciela Esperanza

L’obscur objet du texte, Pascale Fari

Lacan, l’éthologie, Nathalie Georges-Lambrichs

Lacan argentin, Leonardo Gorostiza

Lacan en anglais, Russell Grigg

Lacan américain, Pierre-Gilles Guéguen

Un certain savoir de passe, Angelina Harari

Lacan hypermoderne, Philippe La Sagna

Lacan et Prévert, Dominique Laurent

Lacan, hérétique, Éric Laurent

La vie à Venise, Catherine Lazarus-Matet

D’un Diable au diable, Anaëlle Lebovits-Quenehen

Lacan avec et contre Sartre, Clotilde Leguil

Lacan l’hospitalier, François Leguil

Lacan superviseur, Viviane Marini-Gaumont

Lacan, l’École, Jean-Daniel Matet

Lacan avec Antigone, Laure Naveau

Lacan, le Witz, Pierre Naveau

Lacan et la philosophie : un puits sans fond, Pauline Prost

Lacan, Lituraterre, Marie-Hélène Roch

Lacan et l’enfant, Daniel Roy

Lacan maquetté, Silvia Salman

Lacan topologue, Pierre Skriabine

Lacan, les femmes, Esthela Solano-Suárez

Entours de la lettre

Lacan, un nom, Antoni Vicens

Lacan, la linguistique & la linguisterie, Rose-Paule Vinciguerra

Lacan lit Freud, Armand Zaloszyc

Une lettre arrive toujours à destination, Hélène Bonnaud

Déchirure, Sonia Chiriaco

D’un analyste l’autre, Jean-Pierre Deffieux

La parole écrivante, Myriam Mitelman

Paris, 2011

Vie de Lacan, Jacques-Alain Miller

mardi 27 septembre 2011

Les contrebandiers de la mémoire

Jacques Hassoun

9782749214498FS

Septembre 2011 – Erès – 10 €

Dans ce livre, d'une brûlante actualité, Jacques Hassoun montre que la mémoire est la condition d'une vie vraiment humaine mais en même temps qu'il faut toujours quitter son passé pour mieux le retrouver, détourner son histoire familiale pour recomposer un espace de liberté entre ce que nous avons reçu, ce que nous construisons, ici et maintenant, avec nos descendants et ce que nous leur transmettons.
Parce qu'il tonnait l'exil, et parce qu'il est psychanalyste, Jacques Hassoun sait que seule la (re)connaissance de nos ancrages nous permet de rompre les amarres et que le "trésor que chacun se constitue" circule d'un individu à l'autre par des voies clandestines aux yeux du sens : en contrebande... Parce qu'elle singularise et différencie, la transmission fait barrage à la répétition, et à l'implacable et encombrant retour du même.
Elle fournit les bases qui fondent le sujet dans sa radicale unicité. Loin des querelles sur l'identité, Jacques Hassoun met en évidence la richesse des pluralités qui nous construisent. Il tient là un vrai discours politique qui nous permet de penser à la fois l'histoire et l'actualité, la nouveauté et l'altérité, la mémoire et la transmission de la vie vivante.

Clinique de la déshumanisation - Le trauma, l'horreur et le réel

Jean-Richard Freymann (dir.)

9782749214535FS

Septembre 2011 – Erès – Coll. Hypothèses – 25 €

Quels sont les effets sur les sujets de ce que de nombreuses voix dénoncent comme des faits flagrants de "déshumanisation" affectant notre monde contemporain ? Des psychanalystes mais aussi des politiques, des médecins, des philosophes, des professeurs, des psychiatres, des psychologues, des sociologues analysent les conduites collectives et les événements les plus significatifs de cette destruction de l'humanité de l'homme et les répercussions cliniques qui en résultent.
Cette déshumanisation affecte les discours et les corps, et produit des manifestations de souffrance en apparence inédites dans leur forme.

samedi 3 septembre 2011

Le corps, porte-parole de l'enfant et de l'adolescent

Marika Bergès-Bounes et Jean-Marie Forget (ed.)

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Septembre 2011 – Erès – 28 €

Comment parler du corps de l’enfant sans le chosifier, sans en faire seulement un paquet de chair, en le reconnaissant comme marqué du sceau du désir des parents et chargé de leurs rêves ? Cet ouvrage s’efforce d'offrir des outils de compréhension des manifestations du corps souffrant, souvent difficiles à décrypter chez l'enfant. Des psychanalystes et des professionnels engagés dans leurs rencontres avec l’enfant et l’adolescent proposent un tour d’horizon de la clinique actuelle qui permet d’ajuster leurs questionnements théoriques à la singularité de chacun. Ils s’efforcent de différencier, dans la constitution du symptôme corporel, la part respective qui revient à l’initiative de l’enfant manifestant sa subjectivité, à la trame familiale dans laquelle il s’inscrit et à l’incidence du discours consumériste actuel.

Marika Bergès-Bounes et Jean-Marie Forget sont psychanalystes à Paris, membre de l’Association lacanienne internationale.

mercredi 17 août 2011

Lacan, envers et contre tout

Elisabeth Roudinesco

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Septembre 2011 – Seuil – 15 €

L’homme continue à faire l’objet des interprétations les plus extravagantes, tantôt idole tantôt démon.
Mais le contexte, lui, a changé : l’époque héroïque de la psychanalyse a pris fin, nous vivons l’éclosion des psychothérapies, mille et une façons d’apaiser les souffrances contemporaines en vertu de pratiques toujours plus réglementées par l’Etat. Rappeler, dans ces conditions, ce que fut la geste lacanienne, c’est se souvenir d’abord d’une aventure intellectuelle et littéraire qui tint une place fondatrice dans notre modernité : liberté de paroles et de moeurs, essor de toutes les émancipations (les femmes, les minorités, les homosexuels), l’espoir de changer la vie, l’école, la famille, le désir.
Car si Lacan se situa à contre-courant de bien des espérances de l’après-68, il en épousa surtout les paradoxes, au point que ses jeux de langage et de mots résonnent aujourd’hui comme autant d’injonctions à réinstituer la société. Retour sur sa vie, son oeuvre, ce qu’elle fut, ce qu’il en reste, avec pour guide sa meilleure spécialiste.

Je parle aux murs

Jacques Lacan

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Août 2011 – Seuil – 12 €

Ces murs sont ceux de la chapelle de Sainte-Anne.
Invité à y prononcer des conférences, Lacan, 70 ans, y retrouve sa jeunesse d’interne en psychiatrie. Il s’amuse, improvise, se laisse aller. C’est du savoir qu’il parlera, annonce-t-il, et l’intention est polémique : les meilleurs de ses élèves, eux, captivés par l’idée que l’analyse fait le vide, ont levé le drapeau du non-savoir, emprunté à Georges Bataille. Non, dit Lacan, la psychanalyse procède du savoir, d’un savoir supposé, supérieurement organisé, qui est l’inconscient.
On n’y accède que par deux voies : la vérité, d’abord (l’analysant s’efforce de dire tout ce qui lui passe par la tête), la jouissance, ensuite (l’analyste interprète toujours les dits de l’analysant en termes de libido ). Deux autres voies en barrent l’accès : l’ignorance (s’y adonner avec passion, c’est toujours consolider le savoir établi), et le pouvoir (passion de la puissance, d’où méconnaissance de ce que seul révèle l’acte manqué).
Ce qu’enseigne la psychanalyse de plus précieux, c’est l’impuissance. Leçon de sagesse pour une époque, la nôtre, qui voit la bureaucratie, au bras de la science, rêver de changer l’homme dans ce qu’il a de plus profond, que ce soit par la propagande (les campagnes anti-tristesse), la manipulation directe du cerveau (NeuroSpin), ou la bio-technologie .

jeudi 11 août 2011

… pas sans Lacan. Dix questions de clinique psychanalytique

Jean-Michel Louka

Mise en page 1

Juillet 2011 – Ed. Lambert-Lucas (Limoges) – 10 €

Ces dix questions de clinique psychanalytique reprennent le fil du séminaire public donné par l’auteur à l’École Lacanienne de la Salpêtrière entre 2003 et 2010. L’ouvrage aborde successivement la question de la définition de la psychanalyse ; de sa pratique et de sa transmission; de la formation des psychanalystes; de leur statut, notamment face aux «psychothérapeutes professionnels» récemment institués par l’État (loi de 2004 et décret d’application de 2010) ; de l’avenir et du bilan de la discipline, avant d’aborder les thèmes fondamentaux des liens existant entre Freud et Lacan, du transfert et du féminin. Revenant au passage sur des aphorismes tels que «L’inconscient est structuré comme un langage » ou «Il n’y a pas de rapport sexuel» qu’il remet en contexte et explique dans un langage simple non dépourvu d’humour, l’auteur présente de façon claire et synthétique les apports de Lacan à l’histoire de la psychanalyse.

 

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mardi 9 août 2011

MENTAL n°26 : Comment la psychanalyse opère

Revue internationale de psychanalyse

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Editorial

“ C’est d’un véritable volume qu’il s’agit ici.
Il est logiquement structuré par ses quatre éléments qui, comme autant de faces différentes d’un même solide, tentent d’élucider l’affirmation : comment la psychanalyse opère (1).
La première séquence forme une unité à lire comme telle. Quatre analysants témoignent et transmettent ce que fut pour eux, dans leur singularité, leur analyse. En tant qu’elle fut poussée jusqu’à son terme logique – validé comme tel par une procédure ad hoc : la passe. Ils en déploient les effets. Si la psychanalyse relève, pour une part, d’émergence d’effets de vérité sur les symptômes, elle ne se réduit pas, loin de là, à cela. Est ici plus particulièrement interrogée la dimension par où elle opère sur le désir, sur le pulsionnel qui « habitent » chacun d’eux. Ils en débattent ensuite avec deux analystes ayant eux aussi conduit leur analyse à terme. Cette séquence enserre – non par hasard, mais par nécessité – la question de la pratique analytique et du devenir analyste. C’est dans sa propre analyse que le psychanalyste trouve
le ressort de son action. C’est là sa « formation ».
C’est donc des pratiques analytiques qu’il est question dans la séquence suivante. Des praticiens de l’Europe entière, voire au-delà, y exposent, au plus précis, en quoi consiste la leur. En tant qu’elle n’est pas uniquement technique, mais qu’elle ne vaut que dans la contingence de la rencontre singulière avec le dit patient. Symptômes, jouissances, interventions, effets.
S’y dessinent – dans la série – non seulement la diversité des identités et symptômes contemporains (2), mais aussi comment la psychanalyse permet de les aborder. Avertie que le symptôme est biface. S’il est source de souffrance,
d’excès, d’inhibition, de ravage, s’y logent aussi pour une part fonctionnement, mode de vie et jouissance. à ce titre, s’il nécessite parfois traitement, il s’aborde avec éthique, respect et ne s’éradique pas en tant que tel. Les patients, par leurs dires, leur présence, finissent par prendre corps dans ces exposés, par en émerger en filigrane. C’est une conséquence éthique.
La séquence finale, qui s’aborde et se lit aussi en tant qu’unité, se veut rendre compte avec rigueur de ce qui fait « contrôle » de la pratique analytique.
Ce volume – loin des fausses évidences et des simplismes généralisants – demande que le lecteur y mette du sien. L’objet le requiert.
Jacques-Alain Miller y trouve occasion de réinterroger ni plus ni moins que le coeur même de la doctrine de la psychanalyse. Le texte que ce volume publie sera dorénavant d’orientation : l’interprétation trouvera maintenant à s’inscrire dans ce Lire un symptôme.”
Yves Vanderveken

jeudi 21 juillet 2011

L’EN-JE LACANIEN n°16 : La Parole / L’Ecrit

Rédacteurs en chef : Michel Bousseyroux, Didier Castanet et Antonio Quinet

1

Editions Erès – Juin 2011 – 25 €

Lacan a d'abord privilégié la fonction de la parole (pleine), puis celle de l'écrit, à partir de l'instance de la lettre. Qu'est-ce que l'inconscient dans son rapport à la parole ? C'est la pensée, le pensé insu, inconscient. Entre ce pensé et le parlé, il y a un écart qui se retrouve entre le parlé et l'écrit. Dans cet écart, il y a l'inconscient en tant qu'il est de l'ordre de ce qui se lit avant tout. Mais d'écrit, dans l'inconscient, il y a plus que l'on n'écroit. Or, l'écrit, Lacan le rappelle, est fait pour ne pas se lire, et c'est ce pouvoir d'illecture qu'a aussi à maintenir le psychanalyste.

Éditorial
Consistance et insistance de l’inconscient  - Didier Castanet
IN MEMORIAM MICHEL LAPEYRE
Le capitalisme et le lien social ? Cherchez le symptôme ! - Michel Lapeyre
LA PAROLE/L’ÉCRIT
Faire plus que parler - Michel Bousseyroux
La lettre et la voix - David Bernard
Cioran-la-passion - Bruno Geneste
Lis tes ratures - Marie-José Latour
L’écriture du symptôme - Luis Izcovich
Blanchot ou l’exigence du récit - Christine de Camy
La personne dans la langue : du sujet personnel de la parole au sujet « impersonnel » de l’écriture  - François Dutrait

Le maternel au masculin - Freud et Léonard de Vinci

Ilse Barande

6

Juin 2011 – L’Harmattan – 15 €

Sous le voile du roman psychanalytique " Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci ", Freud s'épanche.
Il chante les présentations matrophores (*) et l'alliage souriant du masculin et du féminin dans l'oeuvre peinte. Il évalue la pétrification encourue pour l'audace transgressive de s'adjuger le maternel au masculin, de se jouer de la différence des sexes et des générations. Ainsi Freud quinquagénaire tente d'exorciser pour lui-même le destin menacé attribué à Léonard, autre conquérant sacrilège.

  • UNE RENCONTRE FREUD (1909) - LEONARD (1505)
  • LA VIE DE LEONARD DE VINCI
  • FREUD ET CATARINA, LEONARD ET LA NATURE
  • DE L'ŒUVRE LUE A L'ŒUVRE VUE : SANTA ANNA METTERZA, OU HEILIGE ANNA SELBDRITT
  • LE SOURIRE LEONARDIEN
  • LA LATENCE DU MATERNEL SINGULIER
  • SULE UN HOMME COMME

vendredi 1 juillet 2011

Le débat sur la psychanalyse dans la crise en France [Tomes 1 et 2]

Emile Jalley

9782296561823r

Juin 2011 – L’harmattan – 25 et 24 €

Tome 1 : Onfray, Janet, Reich, Sartre, Politzer, etc.

Notre ouvrage, faisant suite à notre série des Anti-Onfray 1, 2 et 3, se propose en premier lieu la discussion critique et la réfutation du second ouvrage de Michel Onfray, intituléApostille, et paru en octobre 2010. Onfray voudrait bien la psychanalyse mais sans Freud, nouvelle contradiction à ajouter à celles dont il a déjà coutume, en désaccord relatif sur ce point avec certains de ses alliés du Livre noir sur la psychanalyse qui préféreraient remplacer plus complètement encore le docteur Freud par les médecins et pharmaciens de Molière. Des auteurs comme Reich, Janet, Reich, Sartre, mais surtout Politzer, nous ont paru importants à revisiter dans la perspective d’une telle réfutation. Leur évaluation correcte échappe complètement à Onfray qui prétendrait les annexer à son propos, alors qu’ils viennent bien plutôt à l’appui de la psychanalyse. Par ailleurs, en dehors de nos propres travaux, la prise en compte d’une réévaluation de la psychanalyse s’avère difficile dans la période actuelle, avec certaines tentatives toutes récentes, laborieuses mais timides, d’un « droit d’inventaire sur Freud » (2010).

Tome 2 : (In)culture, (dé)formation, aliénation.

Les vues très discutées de Michel Onfray sur la psychanalyse s’inscrivent dans le cadre d’une crise globale de la société française, dont elles forment l’un des vrais symptômes, et dont certains aspects très visibles ont été plus particulièrement retenus ici : le désengagement critique d’une production intellectuelle médiocre et limitée à des sujets de vie banale, la crise généralisée d’une école publique primaire, secondaire et supérieure mise en concurrence concertée avec un secteur privé conquérant, enfin l’aliénation privative progressive du patrimoine national. On en vient alors de là à plusieurs autres questions d’actualité clinique et sociale : la psychanalyse face à ses critiques vulgaires dans le champ médical, face aussi à l’expansion dangereuse des psychotropes, face enfin aux empiètements résolus des pouvoirs publics. En même temps surgiraient des formes nouvelles et encore mal connues de censure littéraire par les moyens modernes de la (dés)information. Les deux volumes de notre ouvrage se complètent, mais peuvent être lus de manière complémentaire. Dans l’état des choses, des solutions seraient à portée, mais la volonté et l’unité politiques des intéressés manquent encore. La psychanalyse doit réfléchir sur ses problèmes tant externes qu’internes, en tout cas discuter davantage son lien possible avec les neurosciences comme avec la médecine et le peu qui reste de la psychologie à l’université.

mercredi 29 juin 2011

Revue du MAUSS N° 37 : Psychanalyse philosophie et science sociale

MAUSS / La Découverte

3

Juin 2011 – 23 €

Freud, génie, imposteur, messie laïc ? Loin de ces débats, la vraie question est de savoir quel est le statut de l'anthropologie, de la sociologie ou de la philosophie des psychanalystes ? Car, de Totem et Tabou à Malaise dans la culture, pour en rester à Freud, il y a bien - ou il y a bien eu - une sociologie, une anthropologie et une philosophie analytiques.
Comment expliquer qu'elles entretiennent si peu de rapports avec celles des sociologues, anthropologues et philosophes professionnels ? Que ces derniers ne s'intéressent plus guère à elles et, réciproquement, que les analystes ne se soucient plus d'eux ? Une telle ignorance mutuelle, fortement dommageable à tous, est le point de départ du décryptage proposé dans ce numéro: outre l'évident narcissisme disciplinaire de la petite différence, les causes sont sans doute à rechercher du côté du déclin général de l'idéal du savoir, lié à celui de l'idéal démocratique.
Quant aux remèdes, ne s'agit-il pas de chercher un terrain commun du côté du paradigme du don initié par Marcel Mauss, avant ses dévoiements, somptueux il est vrai, par Lévi-Strauss ou Bataille ? Et de réfléchir aux liens entre don, symbole, jeu, reconnaissance et objet transitionnel ?

(Editeur)

mercredi 22 juin 2011

… Pas sans le réel

H. Castanet, J-P Cometti, D. Commetti, I. Koch, G. Le Blanc, J-F Lyotard, S. Martin, H. Meschonnic, J-L Nancy, O. Rebufa.

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Il particolare - Himeros s Mai 2011 – 50 €

Sommaire :

Hervé Castanet : Prologue

Jean-Pierre Cometti : L’étoffe est politique

Jean-Luc Nancy : L’image : mimesis & methesis

Dino Commetti: Cézanne et le rêve de l’art : la pendule noire

Jean-François Lyotard : Sur la constitution du temps par la couleur dans le Paradigme du Bleu Jaune Rouge d’Albert Aymé

Henri Meschonnic : 15 poèmes extraits de "L’obscur travaille"

Olivier Rebufa : Porte-folio (accompagné d’un texte d’Hervé Castanet)

Guillaume Le Blanc : Le débordement du sujet selon Michel Foucault

Isabelle Koch : La « monnaie de Dieu » - sur le statut de l’être créé chez saint Augustin

mercredi 15 juin 2011

Lacan et la honte : de la honte à l'hontologie : étude psychanalytique

David Bernard

13

Juin 2011 - Ed. du Champ lacanien, Paris - Collection
In progress – 25 €

La honte, remarquait Jacques Lacan, «on s'en est longtemps tu», car «ce n'est pas de cette chose dont on parle le plus aisément». Le long silence de la psychanalyse à l'endroit de la honte suffit à le démontrer, à quoi semble s'opposer la multiplicité des travaux qui lui sont aujourd'hui consacrés. Ainsi, une question nouvelle surgit du lieu même de notre modernité : de quoi la honte nous fait-elle signe ? Jacques Lacan s'efforça d'y répondre, à l'occasion d'une leçon de son Séminaire L'envers de la psychanalyse, laquelle constitue la pointe de son apport sur la honte. Bien des thèses s'y bousculent, dont l'on tâchera ici de vérifier la portée dans la pratique psychanalytique, autant que dans le lien social contemporain. À leur croisée, soulignons déjà le diagnostic établi dans ce Séminaire : il n'y a plus de honte, derrière quoi pourtant, «une honte de vivre» affecterait secrètement le sujet moderne. Et Lacan d'en conclure : «C'est ça, que découvre la psychanalyse». Il s'agira dans cet ouvrage d'en éclairer les raisons, mais aussi de faire valoir ici l'inédit de l'offre analytique. Soit, là où proteste le dire du sujet de la honte «Oh non !», qu'il soit rieur ou silencieux, permettre qu'advienne un savoir. N'est-ce pas là un pari de la psychanalyse ? Freud n'y aurait pas contrevenu, qui aura fait de l'association libre, la «promesse» de ne pas céder sur la honte, plutôt d'apprendre d'elle.

La thèse de Doctorat de Psychopathologie dont cette étude est issue a reçu en 2008 le prix de thèse du SIUEERPP (Séminaire Inter Universitaire Européen, d'Enseignement et de Recherches en Psychanalyse et Psychopathologie clinique).

La scientologie déchiffrée par la psychanalyse : la folie du fondateur L. Ron Hubbard

Thierry Lamote

12

Mai 2011 - Presses universitaires du Mirail-Toulouse, Toulouse – 23 €

Étudier l'Église de Scientologie comme une «simple» entreprise à but lucratif - et Ron Hubbard comme un pur escroc, à la fois machiavélique et rationnel -, c'est rater une dimension essentielle : la Scientologie est avant tout le produit du système délirant construit par son fondateur, dont la personnalité psychotique a laissé de profondes empreintes sur l'organisation et la doctrine.

Au gré d'une fascinante plongée dans les écrits d'Hubbard, cet ouvrage propose une approche décapante du phénomène scientologue et en renouvelle en profondeur la compréhension. Il passionnera les lecteurs férus de psychanalyse et, plus largement, tous ceux qui sont intéressés par l'emprise des mouvements sectaires.

(Editeur)

La psychanalyse entre mot

Annie Franck

11

Mai 2011 - Hermann, Paris – Collection Psychanalyse – 19,90 €

«Nous naissons pour ainsi dire provisoirement quelque part ; c'est peu à peu que nous composons en nous le lieu de notre origine, pour y naître après coup, et chaque jour plus définitivement», écrit Rilke. Être au coeur de la recomposition des origines quand celles-ci semblent suspendues au dessus du chaos ou du vide, tel peut être le voyage de l'analyste dans la cure. Annie Franck évoque dans ce livre l'expérience transférentielle, alors qu'elle est confrontée aux limites du sujet, aux bords du corps, de la représentation et de la parole. Des patients sur le fil de l'existence. Dans quelle mesure l'analyste peut-il créer ici quelque chose entre les images, les blancs et les traces ? Que peut-on construire à la limite du représentable ? Avec une écriture remarquablement juste, Annie Franck tente de s'approcher et d'apprivoiser ce qui ne peut pas encore se dire et peut constituer pourtant un moment décisif du cheminement analytique. Entre la création et le respect de la violence de certaines images qui ne peuvent pas encore s'exposer, ici chaque pas compte, même les plus silencieux.

Figures de la psychanalyse, n° 21 Direction de la cure

Mai 2011

10

Erès, 25 €

Éditorial

Direction de la cure

Pour introduire «la direction de la cure»

Alain Vanier

Ce qui oriente la cure

Claude-Noële Pickmann

Lacan et le processus de deuil dans la cure

Thierry Sauze

Le déclin de l'interprétation : de l'analyste interprète à l'émergence de la perlaboration

Jacques Sédat

Le paradoxe de l'abstention

Gérard Pommier

Destins de l'amour de transfert

Francisco Rengifo

La direction de la cure (transmission indirecte d'analysant à analyste)

Jean-Jacques Moscovitz

Qui dirige la cure ? À propos de la perversion

Marie-Laure Susini

Psychose : réaménagements de la suppléance perverse. Joyce, Wittgenstein et quelques autres...

Philippe Kong

La direction de la cure avec l'enfant

Marie Pesenti-Irrmann

La musique, l'interprétation et la direction de la cure dans le travail avec les bébés

Bernard Golse

Position de l'analyste en institution médicale

Andrée Lehmann

Les théories kleiniennes de la cure

Sabine Parmentier

Mélanges

Le corps symptôme de l'adolescence

Hélène Godefroy

Emily L. de Marguerite Duras : le poème ravi

Véronique Elfakir

Cabinet de lecture

Guy Dana : Quelle politique pour la folie ? Le suspense de Freud

Manya Steinkoler

Gérard Pommier : Que veut dire «faire» l'amour ?

Marielle David

Alain Didier-Weill : Un mystère plus lointain que l'inconscient

Marie Pesenti-Irrmann

Libres cahiers pour la psychanalyse, n° 23 Transfert d'amours

sous la direction de Catherine Chabert et Jean-Claude Rolland

9

Mai 2011 – In Press – 20 €

Que sont les amours de transfert ? Simples déplacements d'investissements originaires, projections idéales et illusoires ou amours véritables, mettant à feu la scène de l'analyse et son théâtre intime ? La cure analytique fait revivre la vie amoureuse infantile : c'est là que se tient le coeur de la méthode inventée par Freud, découvrant la vie sexuelle de l'enfant et ses multiples courants, différents par leur origine, par leur qualité amoureuse ou haineuse, par leur rapport aux forces conservatrices de la vie et à celles qui s'y opposent. Chacun de ces courants requiert un traitement particulier, grâce à l'écoute active de l'analyste régulièrement pris dans les processus de « transfert d'amours » déroutants et parfois bouleversants.

À partir des « Remarques sur l'amour de transfert » de Sigmund Freud écrites en 1915, ainsi que de leur expérience analytique, les auteurs de ce numéro, psychanalystes pour la plupart, parcourent les voies sombres ou lumineuses de ces mouvements transférentiels.

Toxicomanies et psychanalyse : les narcoses du désir

Sylvie Le Poulichet

8

Mai 2011 - PUF, Paris – Collection Voix nouvelles en psychanalyse – 25 €

La distance est grande entre les discours tenus sur la toxicomanie et l'expérience clinique que le psychanalyste acquiert de certains cas d'addiction toxicomaniaque dans sa pratique psychothérapique. Cette distance pourrait être négligée si le patient ne se trouvait pas lui-même pris dans la logique d'une pandémie sexuelle. Et le thérapeute peut-il échapper aux représentations de cette logique ?

L'expérience psychothérapique auprès des toxicomanes n'ignore rien des difficultés spécifiques - particulièrement graves - de la dépendance à une drogue. Et elle ne méconnaît pas non plus les apports de la biologie clinique sur les déficiences des défenses immunitaires. Il s'agit pourtant aujourd'hui de ne rien lâcher de l'exigence psychanalytique avec des patients réputés inadéquats à la cure analytique. La clinique se laisse donc transformer par l'expérience de ces cas difficiles et les modèles théoriques subissent les nécessaires remaniements que leur imposent des découvertes de fonctionnements psychiques jusque-là difficilement compris.

Ce livre constitue une réflexion informée et rigoureuse issue de la pratique analytique. Il entend proposer sous quelles conditions - à la fois théoriques et techniques - la psychothérapie est possible avec des cas qui traversent la nosographie psychiatrique et désorientent les oppositions classiques entre névroses, psychoses et perversions.

lundi 13 juin 2011

MENTAL 25 : "Psychanalyse, science et scientisme"

Nouvelle Ecole Lacanienne




Mai 2011 – 19 €

Il y eut débat entre science et psychanalyse, dès sa naissance.
Particulièrement sur le caractère de scientificité de cette dernière. Si, au travers du désir de Freud marqué par son époque et celui de Lacan, la psychanalyse a pu rêver d'être reconnue comme telle, la science ne lui a quasi jamais donné ses lettres de créance. Popper, par sa critique bien connue du rapport de la psychanalyse à la vérité, fut le premier à les lui contester. Le scientisme n'est pas en reste.
II en fait même son cheval de bataille actuel. Il leur est ici répondu, argumenté, réfuté. Chaque versant y est abordé sans faux-fuyants. Il était temps de reprendre et d'affronter ce débat en l'élevant à la hauteur et au sérieux épistémiques requis. L'exigence de qualité se devant d'être de la partie. C'est à quoi ce volume s'attache. Il fera date sur la question. Les démonstrations et les résultats qui s'y développent surprendront les idées reçues.
C'est la science qui s'en trouvera interprétée, dans son rapport au réel. Et le scientisme - au travers son notable représentant contemporain : le neurocognitivisme - démonté comme falsification du réel. Il s'y prouvera que si science et psychanalyse s'articulent, ce n'est qu'au sens où la science est condition d'émergence nécessaire de la psychanalyse. Que rêver d'une synthèse possible revient à nier ce réel sans loi, qui dans la science fait retour par l'angoisse du scientifique.
Que la psychanalyse occupe dès lors la place de vérité de la science. Qu'en ce sens, Lacan invite plus que jamais la psychanalyse - et les psychanalystes - à ek-sister par rapport à la science.

lundi 6 juin 2011

Penser notre époque : mutations du sujet ou solutions subjectives ?

CLINIQUES MEDITERRANEENNES N°83 – Juin 2011

2

Editions Erès – 26 €

Notre temps présent, avec les malaises dans la civilisation dont il est porteur, serait-il le fait d'une époque au sens historique du terme ? À la croisée des savoirs et des discours sur l'évolution du droit, de l'institution, de la famille, de la psychanalyse elle-même, les auteurs interrogent la réalité d'un éventuel changement psychique et identitaire chez les sujets soumis à de nouvelles donnes collectives. Le choix adopté est d'aller au-delà des idéologies du changement ou de la mutation psychique en psychanalyse pour apprécier la prise par les sujets sur ces transformations.

Coordination : Alain DUCOUSSO-LACAZE - Marie-jose GRIHOM
Ont participé à ce numéro : Serge BEDERE - Christine BOUVIER-MUH - Frederic CAUMONT - Jean bernard CHAPELIER - Frederic CHAUVAUD - Michel DANTI-JUAN - Patrick DE NEUTER - Alain EHRENBERG - Simon FLEMAL - Armelle GAYDON - Emeline GROLLEAU - Julio GUILLEN - Marion HAZA- Jacques HOCHMANN - Bernard LEPRINCE - Michel MASSE - Celine MASSON - Dominique MEHL -Bibiana MORALES - Despina NAZIRI - Carole PINEL - Sabine PROKHORIS - Dominique RENIERS -Sebastien ROSE - Marie-jean SAURET - Rajaa STITOU -

ESSAIM n°26 : Se faire entendre

Juin 2011

1

Editions Erès – 26 €

Les hallucinations auditives constituent l'indication la plus « parlante » d'une faille psychotique, transitoire ou pas. Mais que savons-nous vraiment des hallucinations ? Certes, leur caractère xénopathique et le fait que le sujet les croit plutôt qu'il n'y croit (selon la juste remarque de Lacan) sont des traits communs. Mais leur variété est si grande, leurs limites avec le discours intérieur et les injonctions propres parfois si difficiles à établir, que l'on peut dire que des hallucinations auditives il y en a autant que de sujets parlants. Ces hallucinations, que l'on appelle des voix, quel est leur lien avec la voix ? Les voix sonorisent la voix qui, comme objet pulsionnel, n'est pas sonore en elle-même mais se définit par la scansion, le temps à dire les choses, le silence entre les mots dits. Comment relier les trois temps de la pulsion invocante (entendre, être entendu, se faire entendre) aux voix et à la voix ? Le « se faire entendre » représente-t-il une articulation entre la voix et les voix ? Que dire aussi de la façon dont l'espace public est aujourd'hui envahi de formes de paroles toutes faites, impératives, qui fonctionnent comme un discours imposé ? Si l'hallucination révèle une disjonction entre le parler et l'entendre, une altération dans le circuit qui mène au « se faire entendre », elle pose aussi la question de savoir comment les psychotiques se font entendre aujourd'hui, et des mal-entendus qu'ils suscitent.

Ont participé à ce numéro : Herve BENTATA - Fernand CAMBON - Patrick CHAMBON - Yann DIENER -Guy felix DUPORTAIL - Patricio GUZMAN - Marjolaine HATZFELD - Claude JAEGLE - Patricia JANODY -Marie-lise LAUTH - Patricia LEON - Marc LEVIVIER - Thierry LONGE - Michel PLON - Erik PORGE -Dominique SIMMONEY -

lundi 30 mai 2011

Psychanalyse et création ; la cure et l'oeuvre

Michel Lapeyre

2

Février 2011 – P.U. du Mirail – 15 €

" J'ai donné comme titre à mon séminaire : Psychanalyse et création, pour pouvoir prendre plutôt que donner des leçons auprès de l'art et du "poète".
C'est urgent, à mon avis, pour retrouver le sens de ce qu'est la psychanalyse. Il n'y a rien de pire que de faire de la psychanalyse un idéal de connaissance et de vie (de savoir et de jouissance) à quoi l'on sacrifie tout. Ça ne veut pas dire pourtant, au contraire, qu'il s'agit de relativiser la psychanalyse. Freud dit souvent que les acquis d'une cure peuvent se perdre (même chez et pour l'analyste).
Ailleurs, il envisage que les conquêtes de la civilisation et de la culture, y compris, pourquoi pas, la psychanalyse elle-même, puissent être détruites. Alors, dit-il, nous recommencerons sur de nouvelles bases, nous reconstruirons à nouveaux frais. Vu la peine que lui a coûté la découverte de l'inconscient, vu les souffrances et les persécutions qu'il a dû subir et endurer pour la défendre, la promouvoir, la transmettre, cette remarque de Freud m'a fait réfléchir, et même pousser ma réflexion à l'extrême.
" La matière première de cet ouvrage a été fournie par les notes rédigées par Michel Lapeyre entre janvier et juin 1998 pour le séminaire de recherche qu'il dirigeait. Restituer la pensée toujours vivante de l'auteur, rendre hommage au chercheur aujourd'hui disparu : telles sont les ambitions de ce livre qui plongera le lecteur au coeur d'une réflexion passionnante sur les processus créatifs.

(Editeur)

mercredi 25 mai 2011

La voix des personnages

Martine de GAUDEMAR

98222100995240L

Mai 2011 - Les Éditions du Cerf | Passages – 28 €

Médée est plus qu'une mère infanticide, Don Juan plus qu'un grand seigneur méchant homme, Cléopâtre plus qu'une reine séductrice. Ces personnages donnent une voix particulière à des dispositions universelles (rebelles, séductrices, sacrificielles, etc.). En incarnant un monde possible ou désirable, ils nous posent la question : Quel monde voulons-nous ? Ils nous insufflent leur énergie, leur désir de vivre. À nous, comme l'ont fait naguère Mozart ou Shakespeare, d'entendre leur exigence de reconnaissance, de mesurer le poids de tradition qu'ils transmettent, mais aussi les possibilités d'existence qu'ils ouvrent en montrant diverses « formes de vie ». Les personnages vivent dans une aire transitionnelle, entre l'intime et le collectif. « Individualités typiques », ce sont des virtualités agissantes qui prennent corps dans les songes, les œuvres d'art, les textes littéraires (tragédie grecque, drame shakespearien, opéra), au cinéma aujourd'hui, et tissent notre imaginaire partagé. Comme les « femmes inconnues » du mélodrame hollywoodien étudié par Stanley Cavell, ils nous offrent un nouveau « cogito » qui réhabilite la vie sensible et affective.

(Editeur)

lundi 23 mai 2011

La Madone à la fourrure

Leopold von Sacher-Masoch

MADONE_FOURRURE

Mai 2011 – EPEL – 20 €

Vianney Piveteau (Traduction), Jean Allouch et Vianney Piveteau (Postface)

On a jusqu’à présent largement promu la Vénus à la fourrure et négligé la Madone. Du même pas, on a revêtu Sacher-Masoch des habits prêt-à-porter du masochisme fabriqués dans les ateliers de la Psychopathia sexualis.
Romance kitsch d’une difficile et heureuse conquête amoureuse, mais aussi et indissociablement essai de philosophie morale, La Madone à la fourrure balaie ces considérations : le mariage moderne dissipe le masochisme comme la chaleur estivale la rosée du matin…
En postface, Jean Allouch et Vianney Piveteau reprennent la question du masochisme au point où l’avaient portée Gilles Deleuze et Jacques Lacan en 1967.

lundi 16 mai 2011

Au risque de la topologie et de la poésie - Elargir la psychanalyse

Michel Bousseyroux

6

Mai 2011 – Erès - Collection : Point hors ligne – 28 €

En quoi la topologie et la poésie éclairent-elles la pratique du psychanalyste ? Et pourquoi les conjoindre à un risque - qui plus est absolu, au dire de Lacan ?

Ce livre propose quelques réponses qui permettent d'aborder autrement certains problèmes cruciaux de la psychanalyse, comme celui de l'être sexué et ses jouissances, des structures cliniques des psychoses, du symptôme, de l'inhibition et de l'angoisse dans leur fonction de nomination, de la passe et de la fin de l'analyse.

À quoi sert la topologie des nœuds de Lacan ? À serrer le trou, le vrai, ses points de coincement et de couinement (donc, de jouissance). Ce vrai trou de la structure est ce que la poésie (et encore plus, après Auschwitz) s'essaye à ne pas reboucher. « La poésie ne s'impose plus, elle s'expose », écrit Paul Celan. La psychanalyse aussi.

Courir le risque de la topologie et de la poésie, s'y exposer comme psychanalyste, c'est élargir la psychanalyse. L'élargir, c'est l'affranchir du sens et par là même de la religion. Plus encore, élargir la psychanalyse, c'est la faire sortir de derrière la grille du psychique où Kant emprisonne l'inconscient, pour l'introduire, avec la topologie, à une nouvelle esthétique, et, avec la poésie, à une nouvelle éthique.

(Editeur)

lundi 9 mai 2011

Nouvelles formes de vie et de mort : une médecine entre rêve et réalité

Médecine et psychanalyse 12e colloque, sous la direction de Danièle Brun

livre-1176

Études Freudiennes hors série

Ce volume est publié dans le cadre du 12e colloque de la SMP, organisé à Paris les 14, 15 et 16 janvier 2011 : "Nouvelles formes de vie et de mort : une médecine entre rêve et réalité".

Les témoignages issus de la pratique et de la réflexion des intervenants s'y croisent dans plusieurs champs : celui de la médecine, de la psychanalyse, de l'éthique, de l'anthropologie, de la sociologie.

On s'apercevra que si les perspectives de vie et de mort sont renouvelées par les avancées de la médecine et par les compétences accrues des services hospitaliers, il reste indispensable de s'interroger sur les désirs des patients comme sur ceux de leur entourage et des soignants : Vivre ou mourir, à quel prix et Dans quelles conditions ? Pour soi-même et pour les autres ?

Existe-t-il des facteurs psychiques qui orientent le vivre et le mourir ? Ou qui, du fait de l'amélioration des thérapeutiques, influencent les modalités d'accompagnement des proches ?

La collection des Actes "Médecine et psychanalyse" débutée en 1993 s'enrichit avec ce livre où les approches sont diverses tant en ce qui concerne la vie qu'en ce qui concerne la mort. La technique et les avancées de la médecine sont associées à leurs effets sur la vie psychique ainsi que sur les modalités d'annonce du décès. On s'attache à relever leurs impasses actuelles aux différentes époques de la vie et dans différents lieux.

Entre médecine et psychanalyse, quelle place réserver à l'humanité ? Et si l'on frôlait parfois la barbarie ... ?

On trouvera également dans la rubrique "Points de vue", un article de Conrad Stein sur la spécificité de l'antisémitisme en regard du racisme et de la xénophobie.

Comité scientifique

Danièle Brun, Franck Dugravier, Martine Frischmann, Michèle Levy-Soussan, Catherine Vanier, Nathan Wrobel, Jean-Michel Zucker

Organisation Société Médecine et Psychanalyse,

Université Paris-Diderot (GIS et CRPMS), études freudiennes Avec le soutien de l'AFM, de la Banque Populaire Rives de Paris et des Domaines Martin, Château Saint-Pierre, Saint Julien Beychevelle

lundi 2 mai 2011

Jouer pour de vrai. Du psychodrame individuel à la psychanalyse

Patrick DELAROCHE (ed)

4

Avril 2011 – Erès – Coll. Hypothèses – 25 €

Le psychodrame psychanalytique individuel (PPI) permet à un patient (enfant, adolescent, adulte) de mettre en scène de façon improvisée et ludique les fantasmes qu'il ne pourrait ni dire ni même se représenter en relation duelle.
Cette technique, créée dans les années 1950 par Serge Lebovici, se développe considérablement dans tous les centres, CMP, CMPP en particulier, qui s'occupent d'enfants et adolescents désirant une aide psychologique mais incapables au départ d'associer leurs idées comme le veut la psychothérapie psychanalytique.
Les auteurs présentent ici les fondements théoriques et techniques du PPI en les articulant à la clinique. Ils témoignent des avancées théoriques de cette technique inspirée de la psychanalyse pouvant lever les obstacles qui bloquent la psychothérapie ou rendent la psychanalyse interminable.

Pédopsychiatre, psychanalyste, Patrick Delaroche a dirigé pendant plus de trente ans un hôpital de jour pour adolescents et deux CMPP (centre médico-psycho-pédagogique). Il est responsable d'une unité de psychodrame à l'hôpital de la Salpêtrière et a formé à cette technique toute une génération de psychanalystes. Il a été membre de l'École freudienne, fondée par Jacques Lacan, et vice-président d'Espace analytique, dirigé par Maud Mannoni.

Avec la participation de : Isabelle Blondiaux, Jean-Marc Dupeu, Madeleine Jeliazkova-Roussel, Hager Karray, Raoul Le Moigne, Houssem Louiz, Yves Manela, Emmanuel de Nonneville, Laetitia Petit, Jean-François Rabain, Françoise Sanchez-Velez, Jean-François Solal, Venceslav Vatov, Marc Vincent, Michel Weinstadt

samedi 30 avril 2011

Addictologie clinique

Éric-Pierre Toubiana (dir.)

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Avril 2011 – PUF – 28 €

L’alcool, le tabac, le cannabis, la cocaïne, l’héroïne, les nouvelles drogues de synthèse, et même la nourriture sont autant de supports aux addictions. Mais les jeux d’argent, les jeux en ligne, l’Internet et le visionnage des séries télévisées se sont révélés être devenus aussi de redoutables produits toxiques. Même les activités sportives et le travail que l’on pouvait penser être des remèdes peuvent devenir des drogues de choix tout aussi redoutables !
Voici un livre conçu pour être mis entre les mains d’un très large public, sans jamais sacrifier à l’exactitude scientifique. Des psychiatres, des addictologues, des psychanalystes mais aussi des sociologues et des anthropologues nous y apprennent à mieux comprendre les addictions. Loin des stériles querelles de clochers, Addictologie clinique est le fruit d’une collaboration active entre les différentes approches du phénomène épidémique pour ne pas dire pandémique des conduites d’addiction. Ne devrait-on pas réserver cette étiquette de façon plus réfléchie ? Quand peut-on parler de maladie ? Et si oui, comment comprendre cette pathologie ? Comment faire face à ces troubles si nous ignorons leurs natures, leurs causes et leurs fonctions ?
Les Hommes du XXIe siècle ne sont-ils pas incités subtilement à avoir recours à des produits ou des comportements qui les aident à échapper à leurs conditions ? Ces évasions illusoires qui engendrent tant de souffrances pour le sujet, mais aussi pour son entourage, doivent-elles l’objet d’une politique de répression ou d’une stratégie de prévention et de prise en charge thérapeutique ? Comment aborder les stratégies de sevrage ? N’est-il pas illusoire de penser le sevrage réussi (lorsqu’il l’est) comme la résolution des problèmes qui ont conduit un sujet à être addicté ?
Voilà autant de questions auxquelles ce livre tente de répondre. Les étudiants, comme les praticiens confirmés, les infirmiers comme les éducateurs, les médecins du travail comme les DRH, les travailleurs sociaux comme les enseignants, enfin les familles et l’entourage de ces adolescents, de ces femmes et de ces hommes qui souffrent de s’être trouvés dépendants trouveront dans les différents abords de cet ouvrage des tentatives de réponses à leurs interrogations.

Table des matières

Introduction
Préambule
Présentation
Chapitre premier. — Psychanalyse et addiction, par Paul-Laurent Assoun

Chapitre II. — Les thérapies cognitivo-comportementales en addictologie, par Hassan Rahioui

Chapitre III. — Adolescence et addiction, par Philippe Jeammet

Chapitre IV. — Parentalité et addiction, par Laurence Simmat-Durand

Chapitre V. — Les troubles du comportement alimentaire, par Isabelle Nicolas, Claire Lamas, Maurice Corcos

Chapitre VI. — Les troubles du comportement sexuel, par Vincent Estellon, Harold Mouras

Chapitre VII. — Les addictions avec toxiques, par Olivier Douville, Amine Benyamina, Lila Mekaoui, Hassan Rahioui, Stéphanie Liquet, Marc Valleur, Laurent Karila, Olivier Phan, Michel Reynaud

Chapitre VIII. — Les addictions sans toxiques, par Marc Valleur, Serge Tisseron, Christian Schmidt, Philippe Bessoles, Michel Hautefeuille, Charlotte Richoux
Chapitre IX. — Les réseaux de soins et de prévention en addictologie, par Aram Kavciyan
Chapitre X. — Géopolitique des drogues, par Didier Jayle

Chapitre XI. — Cartographie du contemporain, par Joël Birman

Présentation des auteurs