jeudi 24 février 2011

S.K. beau

Hervé Castanet

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Février 2011 – La Différence – “Les essais – 20 €

Le mot « S.K.beau » est inventé en 1975 par Jacques Lacan pour qualifier l’esthétique de l’écrivain James Joyce. Le mot est réemployé ici, avec sa typographie étonnante, pour masquer et à la fois faire surgir le réel auquel l’artiste se confronte : au cœur du beau, ce S.K. énigmatique, hors sens. Cet essai convoque les créateurs. Ils créent des mots ou des images. L’image fait voir – elle montre en particulier ; le mot désigne – il est porteur d’universel. Hervé Castanet indique une autre direction : l’image se construit, nous dit-il, à partir d’une faille, d’une béance, d’une rupture. C’est parce que le visible ne peut être appréhendé dans sa globalité qu’il pousse le peintre, le photographe ou le cinéaste à montrer. Pareillement pour l’écrivain, les mots ne disent pas tout. Ils sont aussi marques, traces, ratures. À ce titre, ils touchent au corps. À travers les exemples d’écrivains, tels Ovide, Poe, Artaud, Klossowski, Genet, Prigent, de peintres comme Picasso, Ayme, Devade, Valensi, Witkin, de théoriciens de l’art, tels Constant, Jorn, Debord, d’un théologien comme Origène, Castanet s’attache à montrer que face à un réel spécifié, un point de réel, nommé ici S.K.beau, chaque artiste dénoue et renoue l’image ou le mot pour y forger un « trou réel ».

dimanche 20 février 2011

Le livre de pierre. Psychisme et cancer

Louise L. Lambrichs

2

Mars 2011 – Seuil – 18 €

La question des rapports entre médecins et psychanalystes dans la prise en charge des malades atteints de cancer conserve aujourd'hui, au-delà des malentendus et des polémiques médiatiques, toute son actualité.
De ce point de vue, Pierre Cazenave, psychiatre psychanalyste atteint lui-même de cancer, décédé en 1995, a permis de soulever une question qui doit demeurer présente aussi bien dans l'espace médical que dans la société. Ce livre, fondé sur des entretiens entre Pierre Cazenave et Louise L. Lambrichs, et qui fut la première pierre du Centre psychisme et cancer (Paris, XIIIe), met en lumière les enjeux théorico-cliniques qui animent la prise en charge de ces malades victimes de pathologies somatiques graves, possiblement mortelles.
Cette édition augmentée apporte au texte initial des éléments nouveaux (préface inédite, longue postface de Françoise Bessis notamment), destinés à nourrir la réflexion tant des malades que des médecins et des cliniciens du psychisme.

mercredi 16 février 2011

Masculinités : état des lieux

Daniel Welzer-Lang (dir.)

2

Mars 2011 – Erès – 25 €

Historien, psychologues, psychanalyste, sociologues, musicologue, géographe, spécialistes de l'art et des sciences de l'éducation, philosophe, linguiste présentent un état des lieux des études de genre sur les " masculinités ".
Le livre aborde ainsi de vastes domaines des vies masculines : sexualités, vie scolaire, loisirs, musiques urbaines, paternité, homoparentalité, violences, prison, guerre, suicide, art, etc. Il questionne l'avenir des relations homme/femme dans notre société en transition rapide et aborde concrètement certains changements masculins, mais aussi certaines résistances masculines au changement.

jeudi 10 février 2011

Les intentions du corps. Psychanalyse, biologie et sciences de l’esprit

Mathieu Arminjon

Janvier 2011 – Liber - 35 $ CAD

Présentation de l’éditeur. Alors que nous sommes entrés de plain-pied dans le siècle du cerveau, on peut se demander s’il reste encore une place pour le projet freudien.Or, si la psychanalyse veut renouer le dialogue avec les sciences contemporaines, c’est certainement du côté de son enracinement biologique que tout se jouera. Pour autant, le positionnement du freudisme vis-à-vis des sciences biologiques n’est pas sans poser quelques problèmes. La psychanalyse se présente en effet comme une discipline protéiforme dont la cohérence interne peut paraître discutable. Le freudisme relève en effet d’un double projet contradictoire.D’un côté, il prétend procéder à une naturalisation du psychisme, c’est-à-dire à l’explication des mécanismes psychiques selon les lois et la méthode des sciences naturelles (physique, biologie).De l’autre, il entend établir une herméneutique des productions psychiques, et attribuer à cet exercice un statut à la fois heuristique et thérapeutique.Présenté ainsi, il semble s’attaquer frontalement à ce qui oppose, depuis toujours, sciences de la nature et sciences humaines. Devant le gouffre séparant le freudisme de lui-même, certains ont appelé la psychanalyse à renoncer à l’une ou l’autre de ses deux ambitions.La présente étude se donne pour but principal de montrer comment le double projet freudien s’avère bien fondé dès lors qu’il ne s’agit pas de penser ses deux versants sur un continuum, mais sur le mode d’une articulation méthodologique pertinente.Malgré  les différences de lexique, de mode d’exposition, au-delà même des tentatives de décrédibilisation, le projet freudien peut encore jouer un rôle au sein des débats qui animent les sciences de l’esprit les plus contemporaines".

Mathieu Arminjon est philosophe et détient un doctorat en sciences de la vie. Il est collaborateur scientifique aux hôpitaux universitaires de Genève ainsi qu’à la fondation Agalma.

Les Psychanalystes et leurs écrivains : un maillage intime

Revue Le Coq-Héron Numéro 204 – mars 2001

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Coordination : Mireille FOGNINI

Les références à la littérature, telles celles bien fréquentes à Shakespeare et bien sûr celle à La Gradiva de Jensen, imprègnent à tel point l'ensemble de l'évolution de l'oeuvre freudienne qu'on ne peut en négliger l'impact auprès de ses lecteurs et successeurs en psychanalyse. La plupart d'entre eux continuent d'écrire et d'analyser avec une pensée ainsi fort imprégnée par les écritures de Freud et des autres cliniciens pionniers et penseurs en psychanalyse, mais aussi par celles de quelques-uns de leurs écrivains familiers et grands compagnons de lecture. Le psychanalyste ne serait-il pas donc intimement habité par l'oeuvre d'un écrivain qu'il privilégie, et qui fertilise ainsi ses propres rhizomes métapsychologiques ?
L'oeuvre littéraire et l'écriture poètique viennent figurer ou mettre en composition des processus psychiques que le psychanalyste explore et découvre également par d'autres cheminenemts, au sein de la cure avec l'analysant, comme a pu l'explorer E. Sharpe,. Ces chemins de pensées différent et pourtant se rejoignent dans leurs quêtes et ouvertures.
Alors « la pensée d'une oeuvre contribue-t-elle à mettre en forme, (...) celle de l'analyse au travail ? Donc celle de l'analysant ?(...) la fiction d'une oeuvre peut-elle s'intégrer au processus analytique et favoriser l'émergence d'une vérité propre à l'analysant ? A l'analyste ? Au transfert ? » ; interrogations que P. Herlem a souhaité rassembler lors d'une journée d'étude, et que nous prolongeons en ce numéro, sur ces questions complexes de compagnonnage et d'entrelacements de pensées avec cet intime proche du psychanalyste qu'est l'écrivain de son choix.

mercredi 2 février 2011

Divangations Fantaisies analytiques

Marcel Sanguet

5

Février 2011 – Erès – 13 €

N'en déplaise à ses contempteurs, la psychanalyse contemporaine fait preuve de vivacité ! Ces fantaisies de divan en témoignent en nous invitant à un vagabondage littéraire autant que psychanalytique.
L'ouvrage se découpe en petits chapitres introduits par d'improbables pensées consignées par un narrateur au cours de sa psychanalyse. Devenu depuis lui-même analyste, il commente ces notes en procédant de l'association libre pour lier ensemble des éléments culturels, artistiques, littéraires ou scientifiques sur un thème donné.
Au final, ce recueil illustre la clinique actuelle, ses enjeux narcissiques, ses accointances privilégiées avec le pouvoir et son désir insatiable de soumission.

Marcel Sanguet est psychologue clinicien, psychanalyste, il exerce en Savoie dans un foyer de l'Aide sociale à l'enfance et dans un CAMSP/SESSAD ainsi qu'en cabinet privé.