samedi 29 octobre 2011

Psychologie Clinique n° 32 : La traduction, variations psychanalytiques

Sous la direction de Jean-Yves Samacher, Rober Samacher, Olivier Douville

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Octobre 2011 - ditions EDK/Groupe EDP sciences – 25

Ce numéro de Psychologie clinique envisagera sous différents angles les rapports que la psychanalyse entretient avec la traduction et tentera de répondre plus particulièrement aux trois interrogations suivantes : en quelle mesure la psychanalyse nous permet-elle de porter un autre regard, un regard neuf, sur l’œuvre de traduction? Dans le cadre de la cure, quelle est la spécificité du travail de traduction ou d’interprétation opéré par le psychanalyste ? Enfin, quelles sont les déformations, transformations et innovations conceptuelles découlant de la traduction des terminologies psychanalytiques freudienne et lacanienne en langues étrangères ?

Pour répondre à ces questions, ce numéro de la revue prendra en compte les différentes acceptions du mot traduction, ainsi que les différents champs d’application de cette notion : champ psychanalytique, mais aussi champs littéraire, sociologique, anthropologique. Écrits par des auteurs qui ne sont pas tous psychanalystes, mais qui, pour certains, œuvrent également en tant que traducteurs littéraires ou traducteurs scientifiques, les articles ont été regroupés en trois sections principales, correspondant chacune à des logiques distinctes, ou à des abords différents de l’opération traductionnelle :

1) Les traductions intrapsychique et extrapsychique, qui nous amènent sur le terrain de la traduction intersémiotique (autrement dit, la traduction d’un langage de signes à un autre langage de signes). Dans ce cadre, sera interrogée la place du corps et de l’affect dans la traduction, ainsi que l’interaction entre langage verbal et langage non-verbal.

2) La traduction psychanalytique, en tant que réflexion sur la tâche du psychanalyste, où l’on verra qu’il existe à la fois des divergences et des similitudes entre les opérations de déchiffrage et de réécriture effectuées par le traducteur littéraire et le travail d’interprétation opéré par le psychanalyste. Seront également abordées la place et la fonction des trois registres : Réel, Imaginaire et Symbolique.

3) Les traductions intralinguistique et interlinguistique des œuvres psychanalytiques, où sera soulevée plus spécifiquement la question de la transposition des œuvres et concepts élaborés par Freud et par Lacan, ce qui ira nécessairement de pair avec la question de leurs interprétations fidèles ou déviantes.

Cette classification tripartite n’empêchera pas pour autant des recoupements de thématiques et de problématiques au sein d’un même article.

La psychanalyse pourrait donc être bénéfique en ceci qu’elle permettrait à chacun de sortir du discours courant (que Lacan écrit aussi « disque-ourcourant »), discours préprogrammé, préformaté, simple utilisation des S1 provenant du lieu de l’Autre, en l’aidant à trouver ses propres signifiants, à partir du prélèvement du trait unaire. Chaque sujet, comme chaque analysant, se doit de trouver sa propre langue, son propre idiome, son propre sinthome, sa propre béquille, sa propre « bévue », son propre imprévu.

Pour que la traduction se poursuive, à la fois finie et infinie. C’est aussi sur ce plan du désir de traduire, de se faire entendre dans cet amour de l’exil d’une langue à l’autre, que se révèle le contre-jour des opérations de traduction, l’empêchement de transfert, l’empêchement d’exil, l’empêchement donc d’un espoir de se loger dans un lieu autre, de s’y loger, de le trouer par l’insistante énigme de son être. Ce par quoi ce numéro est solidaire des autres volumes de la revue qui explorent, eux, les  échecs du travail de l’étrangement, les malheurs des exils réduits aux banissement, des exclusions, etc.

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dimanche 23 octobre 2011

Lumière des astres éteints, la psychanalyse face aux camps

Gérard Haddad

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Novembre 2011 – Grasset – 20 €

La question des camps de concentration nazis a été jusqu’à maintenant abordée sous les modes commémoratifs et historiques.
Ces approches ont laissé dans l’ombre un aspect essentiel dont l’influence sur notre présent ne peut être tue. En effet, le totalitarisme a opéré dans notre subjectivité et nos structures socio-économiques des changements profonds. Ainsi, la « fatigue » qui semble frapper l’Europe, son « déclin » sont peut-être une conséquence à long terme des camps.
Quant à l’insoluble conflit israélo-arabe, il plonge incontestablement ses racines dans le génocide juif.
C’est à travers des cas cliniques de patients qu’il a analysés que Gérard Haddad illustre cette thèse ; chaque cas venant éclairer un aspect particulier de cette question. Entre ces récits de cas se trouvent intercalées de brèves analyses qui renvoient à cette « lumière noire » des camps.

Essaim n°27 : Identification du symptôme

Novembre 2011

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Ont participé à ce numéro : Paul ALERINI - Pierrick BRIENT - Nicolas GUERIN - Patricia JANODY - Georges LEWKOWICZ - Dorothee MARCINIK - Severine MATHELIN - Mary MC LOUGHLIN - Sophie MENDELSOHN - Yannick OURY-PULLIERO - Frederic PELLION - Erik PORGE - Bernard ROLAND - Ferdinand SCHERRER - Dominique SIMMONEY - Jean-louis SOUS - Simone WIENER

Les derniers séminaires de Lacan, notamment Le sinthome, ont beaucoup contribué à stimuler les études sur le symptôme en psychanalyse. Mais actuellement, celles-ci montrent des orientations tellement diverses que l’on peut se demander s’il n’y a pas là le symptôme d’un certain état de la lecture et de la transmission de l’enseignement de Lacan, ainsi que de l’incompréhension qu’il suscite. Qu’en est-il donc aujourd’hui du repérage du symptôme en psychanalyse ? C’est ce qu’Essaim, avec ce numéro, se met à la tâche d’élucider, en s’appuyant sur ce qui a amené Lacan à un nouvel abord du symptôme, notamment avec la topologie. Qu’est-ce que l’identification au symptôme ? Comment le symptôme déplace-t-il la problématique des noms du père ? Quels sont les liens entre la structure des quatre discours et celle du symptôme ? À quoi se rapporte le sinthome ? À partir de là, nombreuses sont les pistes pour aborder un renouvellement des points de vue sur le symptôme, que ce soit dans la psychanalyse avec les enfants ou dans celle des psychoses, ou dans la question de la fin de l’analyse.

Camille Claudel. Réenchantement de l'œuvre

Danielle Arnoux

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Octobre 2011 – Epel – 20 €

Sacrifiée par l’artiste puis oubliée avec elle, l’œuvre de Camille Claudel a failli disparaître. Interprétée comme un récit tragique de sa vie, elle a resurgi à la fin du XXe siècle. La compassion pour la femme victime et folle s’est alors mêlée à l’admiration, opacifiant l’appréciation de l’œuvre.

Comment, au XXIe siècle, légende et histoire ont-elles pu se confronter, se succéder, cohabiter, pour finir par donner aujourd’hui sa place à l’artiste ? Littérature, psychanalyse, sociologie et histoire de l’art permettent à Danielle Arnoux d’éclairer ce réenchantement.

Les gourmands du détail apprécieront de découvrir quelles furent les sculptures de Camille Claudel exposées en Italie en 1911.

mardi 11 octobre 2011

Le malentendu des sexes. Freud, Lacan et l'amour

Juan-Pablo Lucchelli

malentendu

Septembre 2011 – Presses Universitaires de Rennes – 18 €

La théorie freudienne qui postule le rôle étiologique de la sexualité dans les névroses a rencontré, par le passé, les plus vives objections. On pourrait penser à un phénomène d’époque, mais il n’en est rien. Et aujourd’hui pas moins qu’il y a un siècle, la pratique analytique est souvent considérée comme obsolète en raison, précisément, de l’importance accordée à la sexualité inconsciente. À l’époque où l’on choisit ses organes sexuels grâce à la chirurgie, il paraîtrait naïf d’interpréter une phobie infantile par les liens inconscients avec la mère. Pourtant, si l’on prétend démontrer la cause génétique des maladies mentales, on rencontrera plus de diffi cultés à faire de même quant au destin sexuel : rien ne semble moins programmé, et donc plus ouvert à la contingence, que la sexualité. Pour la simple raison que le seul organe sexuel qui vaille est la libido, à savoir tout sauf un organe de la reproduction.
Les exemples sont à portée de main. La sexualité serait déterminée à être indéterminée. Et source du plus profond malentendu. Le malentendu des sexes est surtout un malentendu du sexe comme tel : si Lacan a pu stipuler qu’il n’y a pas de rapport sexuel, c’est aussi et surtout parce que tout rapport est sexuel, parce que chez l’humain c’est le sexuel qui pousse à ce qu’il y ait rapport (social, économique ou autre). En parcourant l’idée de sexualité chez Freud jusqu’aux élaborations les plus tardives de Lacan, ce livre retrace les points essentiels de la théorie psychanalytique et nous livre en outre des thèses originales sur les deux maîtres de la psychanalyse.