mardi 20 novembre 2012

La voix sur le divan : musique sacrée, opéra, techno

Jean-Michel Vives


Mai 2012 - Aubier - 22 €

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la voix sans jamais oser le demander à votre psychanalyste… Rarement la psychanalyse a abordé la question de la voix. Lorsqu’elle l’a fait, c’est surtout à partir du texte (livret d’opéra, poème de Lieder, etc.), réduisant les enjeux musicaux à celui du sens charrié par les mots. Une telle approche nie la spécifi cité de la musique et du chant qui se situent entre sens et jouissance.
Jean-Michel Vives étudie la matérialité du son, la spécificité technique de l’art vocal à travers l’histoire et l’analyse de trois pratiques artistiques : la musique religieuse et les castrats, l’opéra, la techno. Il s’intéresse moins au « sens » de la voix qu’au repérage de la place qu’occupe cet « obscur objet du désir » au sein de la dynamique psychique d’un sujet, d’un groupe, d’une société. Car la voix recèle une double vocation : elle est pacifiante mais peut aussi déchaîner les passions.
À travers des questions essentielles ou faussement futiles, il tente d’en dévoiler l’énigme : Pourquoi les adolescents préfèrent-ils écouter de la musique techno plutôt que leurs parents ? Pourquoi les castrats, qui avaient pour fonction de véhiculer la parole divine à l’Église, ont-ils été perçus comme obscènes à l’opéra ? Pourquoi la voix de Dieu est-elle inaudible ? Pourquoi déteste-t-on une chanteuse qui rate son aigu alors qu’on compatit au faux pas du danseur ? Pourquoi l’opéra est-il aujourd’hui devenu un genre de recréation ? Pourquoi l’amoureux de la musique est-il un mélomane et non un mélophile ? Qu’est-ce qui caractérise la voix des sirènes ? Pourquoi la plainte est-elle féminine ? Comment le sujet conquiert-il sa voix ?

mardi 6 novembre 2012

Le réveil. Une élucidation psychanalytique

Carolina Koretzky


 Octobre 2012 - Presses universitaires de Rennes - 18 €

Pourquoi suivre à la trace le concept de réveil chez Freud et Lacan ? Le réveil n’a pas souvent fait l’objet d’une étude systématisée et pourtant, il permet de poser un regard neuf sur certains concepts majeurs de la pratique psychanalytique : l’interprétation, l’identification, l’avènement du sujet de l’inconscient, le trauma, voire même, la fin de l’analyse. Le réveil en psychanalyse est lié, paradoxalement, au maintien d’une certaine zone d’opacité. Que la psychanalyse puisse « maintenir le règne de ce à quoi elle réveille » dépendra du pari fait par chaque analyste pour maintenir cet espace de l’ininterprétable.


Préface de Serge Cottet

La doctrine du réel dans le rêve dans l’œuvre de Freud

  • Première doctrine du rêve
  • Les incertaines limites entre le rêve et la veille
  • La problématique du réveil onirique. La doctrine du réel dans le rêve

De la valeur épistémologique du rêve pour la psychanalyse. Lire Freud avec Bachelard

  • De la valeur épistémologique du rêve

Modalités lacaniennes du réveil dans l’expérience clinique

  • Réveil et surprise : les surprises de l’interprétation
  • Réveil et éclair : apparition du sujet de l’inconscient
  • Réveil et identification : la dés-identification comme illumination
  • Réveil et angoisse
  • Réveil et trauma
  • Dernières thèses sur le réveil

samedi 20 octobre 2012

La France et Freud T.1 1946 - 1953

Alain de Mijolla


Octobre 2012 -PUF - 35 €

Histoire du mouvement psychanalytique au cours des années 1946-1953 : de la lente résurrection du mouvement psychanalytique français jusqu’à son explosion lors de la scission de la Société Psychanalytique de Paris en 1953.
Les sept années couvertes par ce volume sont caractérisées par la résurrection d’une psychanalyse bâillonnée pendant l’Occupation en France. Théorie et pratique psychanalytiques évoluent essentiellement grâce aux efforts des psychiatres pour libérer les asiles et à la faveur des pratiques cliniques américaines qui suivent la Libération. Parallèlement, la Société psychanalytique de Paris renaît en 1946 sous l’égide de Marie Bonaparte.
La brûlante question de la formation et de l’obtention du titre de « psychanalyste » se discute au nom d’un Freud souvent évanescent et remplacé par une notion plus vague : « la psychanalyse », violemment attaquée par le Parti communiste français et rejetée par l’Église catholique.
Durant cette période, Freud et son œuvre perdent en effet la place centrale qu’ils occupaient dans l’évolution du mouvement psychanalytique français, remplacés par les réseaux de psychanalystes, puis de sociétés qui s’organisent ou s’affrontent, mettant au premier plan leurs préoccupa-tions et leurs dissensions. Ainsi, de la scission de la Société psychanalytique de Paris naît la Société française de psychanalyse en 1953. De nouvelles figures apparaissent : Daniel Lagache, Sacha Nacht, Serge Lebovici, Evelyne Kestemberg, Françoise Dolto, Jean Laplanche et tant d’autres, dont celle de Jacques Lacan qui devient bientôt centrale.


jeudi 16 août 2012

Essaim N° 29 - Ce que l’on doit à lalangue

A paraître en Octobre 2012


Erès - 26,50 €

Lalangue vient de fêter ses quarante ans. Elle est née le 4 novembre 1971, lors d'une conférence de Jacques Lacan, à l'hôpital Sainte-Anne, portant sur le "Savoir du psychanalyste". Signifiant nouveau que Lacan n'hésite pas à introduire (c'est tout sauf un lapsus) alors qu'il porte en lui le germe, sinon d'une remise en cause, à tout le moins d'un profond remaniement de certains aspects de son enseignement. 
Durant les années suivantes, il n'aura de cesse de revenir sur ce terme, d'en préciser la définition, d'en cerner les rapports avec l'inconscient. En un mot (c'est le cas de le dire), Lalangue est la langue maternelle. Elle porte en elle les premiers témoignages des vocalises croisées du bébé et de sa mère. Elle est sonore et signifiante. Lalangue s'origine de la lallation, du chant (et aussi du champ) signifiant qui s'inaugure entre une mère et son enfant. 
L'homophonie y tient une place prépondérante dont l'analyste pourra plus tard user dans l'interprétation. Lalangue est une pierre nouvelle posée dans le jardin de sa linguisterie par Lacan, bain de jouvence de la langue en un débat vieux comme le Cratyle, entre arbitraire et iconicité du signe. Lalangue, comment en serait-il autrement, donne lieu à des commentaires variés chez les psychanalystes. Terre promise d'un réel à reconquérir dans la cure analytique, quintessence du symbolique dans sa dimension d'ouverture aux quatre vents du sens, leurs interprétations de la "nature" de Lalangue divergent. 
Essaim, avec ce numéro, donne la parole à la langue. 


vendredi 10 août 2012

LA PASSE À PLUS D’UN TITRE. La troisième proposition d’octobre de Jacques Lacan

José Attal


2012 - L'Une-bévue - 20 €

Un des grands intérêts du présent ouvrage tient en l'indication qu'en novembre 1973, il s'est passé quelque chose de particulièrement remarquable à l'endroit de la supposée transmissibilité de la psychanalyse, ce que José Attal ne recule pas à qualifier de « nouveau départ ». 
Les deux premières Propositions d'octobre 67 sur le psychanalyste de l'Ecole, qui étaient censées régler cette transmission, s'avèrent être antithétiques l'une l'autre, et apparaît, formulée en 1973, ce qu'il faut bien nommer héraclitéennement, une troisième Proposition d'octobre 67. Lacan n'hésite pas à s'autodéterritorialiser, les énoncés canoniques du lacanisme qui organisaient la Proposition d'octobre sont déplacés, subvertis, voire déclarés caduques sur de nombreux points, chaîne signifiante, temps logique, etc. et la formule « l'analyste ne s'autorise que de lui-même », jugée accablante, se transforme.
La passe devient un agencement de production mutante de subjectivité, à saisir diagrammatiquement, et la psychanalyse, déclarée intransmissible par Lacan, peut trouver les conditions de sa réinvention par chaque analyste. Il s’agit alors de penser dans des coordonnées différentes la question : « qu'est-ce que témoigner ? »

jeudi 2 août 2012

Empan n° 86, 2012/2 : L'inattendu du bonheur

Editions Erès



Qu'est-ce que le bonheur ? Est-il définissable ? Est-il assimilable au bien-être, à la qualité de vie, à la joie, à la bientraitance, à l'équilibre, à la méditation... ? Est-il un terme galvaudé au point de devenir une marchandise ? Faut-il d'ailleurs le qualifier ? Les processus émotionnels, la question de la temporalité se révèlent-ils au cœur de cette notion de bonheur ? Le bonheur suscite-t-il une déprise psychique et/ou physique ? Sublimation émotionnelle qui nous échappe et nous imprègne dans le même temps, situations proches du panthéisme, d'un absolu de soi, en soi, pour et avec l'autre... Comment accéder au bonheur, au moyen de quelle porte ? Ouverte par nous-mêmes ? Par l'autre ? Le bonheur, pour les professionnels des champs social, médico-social et de santé, est un concept saugrenu voire indécent (Vivons heureux, vivons cachés !). En quoi les services et les professionnels seraient-ils concernés ?

mercredi 1 août 2012

L'objet a. Approches de l'invention de Lacan

 Guy LE GAUFEY



Mars 2012 - EPEL - 21 €

L'objet a de Lacan est aussi célèbre qu'ignoré dans sa teneur. D'où vient-il ? Guy le Gaufey suit d'abord les conditions textuelles et conceptuelles de son émergence au fil des séminaires. Le mystère n'est pas pour autant levé.
Relique, zéro algébrique, point de fuite perspectif, objet de l'hypnose... sont appelés à la rescousse. Tel l'objet a, chacun participe d'un ordre qu'il subvertit, en bouleversant la consistance de l'ensemble où il opère. 
Cette stratégie indirecte tout à la fois respecte et éclaire l'impossibilité d'une définition canonique de cet objet que Lacan a pu présenter comme son invention

lundi 23 juillet 2012

Champ psychosomatique N°61 : Le corps sexuel de l’enfant

2012/1


Mars 2012 - L'esprit du temps 

Associer sexualité et enfant semble appartenir aux acquis culturels au moins depuis la contribution freudienne des Trois essais sur la théorie sexuelle en 1905. Presque une évidence que l'on tend presque à ne plus interroger. Mais cette évidence recouvre une ambiguïté qui se repère dans l'usage généralisé et consensuel de la notion censée définitivement en attester : la sexualité infantile. L'examen attentif montre que cette notion concerne la sexualité bien plus que l'enfant ; la marque « infantile » de la sexualité témoigne non du temps de l'enfance mais plutôt de la distance qui se creuse avec le temps de l'enfance. C'est cet écart temporel qui explique que la « sexualité infantile » convient mieux à désigner les formes du sexuel chez l'adulte aussi bien la sexualité adulte que la reconstruction après-coup des manifestations du sexuel infantile révolu . Enfin, une autre ambiguïté tient au fait que la « sexualité infantile » désigne un large continuum très peu homogène où l'on trouve d un côté le pôle des manifestations sexuelles (cf. le paragraphe des Trois essais ayant le même titre), et de l'autre le pôle des manifestations fantasmatiques où l'agir sexuel ne joue (presque) plus aucun rôle (cf. le paragraphe des Trois essais où le sexuel évolue vers des organisations sexuelles infantiles, voire aussi des théories sexuelles infantiles.
Ce numéro va tenter de relever le défi de cette double ambiguïté : privilégier la découverte (ou la redécouverte ?) du corps sexuel de l'enfant plutôt que du sexuel fantasmatique, ou du sexuel infantile dans l'adulte.
Ce défi ne suppose pas un intérêt exclusif pour le corps de l'enfant, mais passe aussi par l'interrogation du regard et de la parole des adultes sur l'enfant. Autrement dit, comment les adultes d'aujourd hui désignent à l'enfant ce corps sexuel pour lequel il n'a pas encore de mots ? y aurait-il un subtil déplacement de ce que Ferenczi appelait « la confusion des langues » qui ne se manifesterait plus seulement sur le mode de l'agir sexuel de l'adulte à l'encontre de l'enfant, mais plutôt sur le mode d'un discours sexuel venant très tôt s'introduire dans l'espace sémantique de l'enfant (cf. la généralisation des mots du sexe dans les espaces culturels du monde contemporain : publicité et autres)? Mots du sexuel qui, de surcroît, tendent à se confondre et à s'uniformiser. Car là où l'enfant possédait jadis une langue qui lui était propre et qu'il pouvait cultiver à l'abri des convoitises des adultes pipi, caca, popo, zizi... pour ne citer que les plus connus !-, il semble adopter, aujourd'hui, les mots du sexe qu'il partage de plus en plus tôt avec les adultes bite, nichons et autres fellation et sodomie mimant ainsi une initiation largement factice. Difficile donc de ne pas interroger comment le corps sexuel de l'enfant se façonne dans un environnement où la sexualité se targue de jouir de la langue déliée.


lundi 2 juillet 2012

Le Fantasme de nos enfants

La Revue lacanienne n°12



Juin 2012 - Erès - 23,50 €

Le fantasme est la solution que structure le psychisme du sujet en réponse au problème posé par l'énigme de son origine sexuée pour lui permettre de ménager sa place singulière. Cette solution peut lui sembler présenter des caractères inacceptables, voire traumatiques, qui ne peuvent être confondus avec un traumatisme factuel, comme l'a identifié Freud. Qu'en est-il de cette structuration du fantasme pour l'enfant et l'adolescent quand le savoir scientifique assure chacun de son origine, quand le sexuel n'est plus secret ni voilé, mais exhibé, et quand les invitations incessantes à la jouissance immédiate risquent de désamorcer la quête d'un objet insaisissable ?

Ont participé à ce numéro : Veronique BELLANGE - Herve BENTATA - Marika BERGES-BOUNES - Colette BRINI - Paule CACCIALI - Sandrine CALMETTES-JEAN -Francoise CHECA - Hubert DE NOVION - Gerard DELEPOULE - Dominique DESVEAUX - Catherine FERRON - Jean marie FORGET - Dominique JANIN-DUC - Marie JEJCIC - Karima LAZALI - Marie-christine LAZNIK - Martine LERUDE - Annick PERIN - Karine PONCET-MONTANGE-JOLY - Corinne TYSZLER - Jean-jacques TYSZLER - Denise VINCENT

jeudi 28 juin 2012

Borderline : démarcation de la psychose

L'en-je lacanien n° 18, 2012/2


Juin 2012 - Editions Erès

Borderline : en anglais, ligne de démarcation. Qu'est-ce qui démarque la psychose de la névrose et de la perversion, la forclusion du refoulement et du démenti ? La réponse à ces questions de structure a été renouvelée chez Lacan à partir de son approche borroméenne, en particulier avec les nouveaux concepts de suppléance et de fonction de nomination. Par delà le cas de Joyce le symptôme, des cas comme celui de l'Homme aux loups, de Kurt Gödel, de Georg Cantor, d'Antonin Artaud (et d'autres), pour lesquels ce n'est pas la nomination par le symptôme qui supplée, peuvent être ainsi relus.


Flux, trace, temps, inconscient - Entretiens sur la musique et la psychanalyse

Pascal Dusapin


Juin 2012 - Cécile Defaut - 18 €

Présentation de l'éditeur :

Il s'agit d'une conversation en quatre temps réalisé par des psychanalystes avec le compositeur Pascal Dupasin. Le principe d'un tel ouvrage était pour nous, psychanalystes, la possibilité d'apprendre sur la façon dont un compositeur majeur de sa génération parvient à transmettre de manière exceptionnelle ce qui préside à sa création musicale. En particulier, l'application du compositeur à dire, et non à expliquer, "ce quelque chose d'avant la musique", cette "part confuse, celle où nous ignorons" qu'il désigne aussi comme "l'innommable" au principe de la composition et qui rencontre, au plus près, l'objet de la psychanalyse. 
Des entretiens successifs se sont organisés, d'abord autour de la question du flux, puis du temps, de la trace et enfin de l'inconscient. A ceux-là s'ajoute une série d'études à partir de la psychanalyse, non pour l'appliquer à la musique ou à la création mais pour mettre au travail ce que Pascal Dusapin peut apporter à celle-ci. C'est la voie joycienne que Jacques Lacan emprunta pour serrer le réel en jeu dans la psychanalyse, à partir de l'acte créateur lui-même. 
"Composer est un acte, un acte vivant" disait Pascal Dusapin lors de sa Leçon inaugurale au Collège de France. L'audace du compositeur, la distance qu'il prend par rapport au savoir déjà institué, celui de ses maîtres, cette liberté inouïe, s'entend dans chacun de ces entretiens. Le souci de maintenir une parole porteuse de nouveauté rencontre celui de Jacques Lacan qui savait arracher la psychanalyse à son repli dans le sommeil de l'orthodoxie.

mardi 12 juin 2012

Freud et l'humour juif

Michel Steiner


Juin 2012 - In Press 

En 1905, lorsqu'il publie Le Mot d'esprit et ses rapports avec l'inconscient, Freud n'est pas loin d'écrire un recueil de blagues juives. Histoires de marieurs, histoires de schnorrers (tapeurs), histoires subversives... Freud y analyse avec une évidente délectation une vingtaine d'histoires juives. 
Vingt-trois ans plus tard, en 1928, Freud traitera de l'humour dans un autre texte où le mot « juif » sera le grand absent. L'humour est alors considéré suivant une perspective froidement scientiste, métapsychologique. Plus simplement, à compter de cette date, pour Freud, l'humour n'est qu'anglais. Pourquoi une telle rupture ? Michel Steiner se penche sur cette énigme et nous entraîne dans une formidable plongée aux origines de la psychanalyse.
Quoi de commun entre l'humour juif et la psychanalyse ? L'impertinence du schnorrer, le cynisme du marieur, la logique renversante du rabbin... mettent à mal les normes de la vérité et de la morale. Le temps d'un éclat de rire, les histoires juives créent un monde où les principes perdent de leur rectitude.
Comme l'humour juif, la psychanalyse malmène la raison en subvertissant quelques inaltérables vérités. Pour Freud, la logique de l'inconscient et l'humour juif, c'est du pareil au même. Cette logique formalise ce que les histoires illustrent. Les tenants de l'ordre moral bourgeois, à leur façon, ne s'y sont pas trompés en qualifiant la psychanalyse de « perversion juive ».
Un essai foisonnant, réjouissant, stimulant... au travers duquel Michel Steiner renouvelle notre lecture de Freud. Avec en toile de fond ce questionnement sur cet « autre » si proche et sur la singularité du signifiant « juif ». 
 

lundi 11 juin 2012

Lacan, psychanalyste. Témoignages

Revue du Champ Lacanien n°11




Mai 2012 - 20 €


Liminaire
Lacan, psychanalyste.
-  Témoignages D’un usage éthique de l’inconscient, Jacques Adam
-  Présence de Lacan, Irène Diamantis
-  Le temps pour comprendre, Claude Dumézil
-  Lacan et le gay sçavoir, Françoise Gorog
-  Jacques Lacan, psychanalyste et passeur de discours, Erik Porge
-  Effet de transmission, Colette Soler
Hommage à Guy Clastres
-  « Je suis médecin psychiatre mais... »
-  Conférence sur les discours
Clinique
-  Apprendre de l’autiste, Bernard Nominé
-  La politique du symptôme dans la direction de la cure, Dominique Fingermann
-  Symptôme et structure : leçons de l’obsession, Sidi Askofaré
Politique de la psychanalyse
-  L’affaire du 9 octobre, Stéphanie Gilet-Le Bon
-  Le passeur, Colette Soler
-  Le discernement du passeur, Elisabete Thamer
Entre champs
-  « Ab-sens » du politique, Bernard Baas Étude
-  Gil Joseph Wolman, l’homme séparé, Graciela Prieto
Lectures
-  Michel Bousseyroux, Au risque de la topologie et de la poésie. Élargir la psychanalyse, Toulouse, Érès, coll. « Point hors ligne », 2011 ... par Christophe Fauré
-  Philippe Forest, Beaucoup de jours d’après Ulysse de James Joyce, Nantes, Éditions nouvelles Cécile Defaut, 2011 ... par Marie-José Latour
-  Paul Jorion, Le capitalisme à l’agonie, Paris, Fayard, 2011 ... par Frédéric Pellion


lundi 4 juin 2012

Les noms et la nomination

L'Horizon des Confluents 2012 Hors-série



2012 - L'Envers de Paris et l'Association de la Cause Freudienne Ile-de-France


SOMMAIRE

Charles-Henri Crochet, Marie-Claude Sureau - Avant-Propos
Avertissement

OUVERTURE
Pascal Pernot - À ordre symbolique inconsistant, clinique créationniste du nom
Éric Laurent - L’impossible nomination, ses semblants, son sinthome

TROU ET NOMINATION
Marie-Hélène Blancard - Ecriture et nomination : la jouissance prise à la lettre
Karim Bordeau - Bouteille de Klein, nom propre, trou

NOMS PROPRES
Paulo Siqueira - Modes de nomination du père
Bernard Jothy - Sous le nom d’enfant fantôme

IDENTITÉ, DIFFÉRENCE, NOMINATION
Françoise Fonteneau - Identité et nomination
Vassiliki Gregoropoulou - Nom et trait unaire

EFFORTS DE RÉPLIQUE DANS LA PSYCHOSE
Marie-Claude Sureau - Efforts de réplique, effets de nomination
Bertrand Lahutte - Quatre recours à la nomination

INTERPRÉTER, RECOMPOSER
Adela Bande-Alcantud - Nomination et inconscient
Fabien Grasser - Nomination et interprétation

AVEC JOYCE
Pierre Naveau - Joyce et les Noms

CLINIQUE BORROMÉENNE
Marie-Hélène Roch - Nommer, se renommer. Clinique borroméenne
Pascale Fari - Injure, holophrase, nomination

NOMINALISME ET USAGE DU SEMBLANT
Serge Cottet - Nominalisme : le nom du symptôme
Francesca Biagi-Chai - Jouissance, nomination, semblant. Traitement d’une paranoïa

CLÔTURE
Pascal Pernot - Univers clinique en expansion


lundi 28 mai 2012

De l'homme en psychanalyse

Revue Figures de la Psychanalyse Numéro 23 - Revue semestrielle



2012 - Erès - 25,50 €

L'inscription des acquis du féminisme dans l'épaisseur du tissu social, associée aux processus de délégitimation de la post-modernité, a porté un rude coup à « l'identité masculine ». Alors quel homme ? Certes, la psychanalyse n'a pas vocation à donner des réponses valables pour tous mais elle fournit un appareil conceptuel adéquat pour interroger la clinique de la différence des sexes. Aujourd'hui le moment est venu pour les psychanalystes de questionner, du côté masculin, l'impact du réel de la différence des sexes sur le sujet.

Ont participé à ce numéro : Alexandre ADLER - Jean-claude AGUERRE - Paul AUDI - Serge BEDERE - Zoubida BESSAIH - Edith CAMPI - Gisele CHABOUDEZ - Marielle DAVID - Patrick DE NEUTER - Olivier DOUVILLE - Gerard GAROUSTE - Helene GODEFROY - Christian HOFFMANN - Patrick LANDMAN - Silvia LIPPI - Jean-jacques MOSCOVITZ - Claude-noele PICKMANN - Gerard POMMIER - Jacques SEDAT - Markos ZAFIROPOULOS -


samedi 19 mai 2012

Le Lac inconnu. Entre Proust et Freud

Jean-Yves Tadié



Mai 2012 - Gallimard - "Connaissance de l’inconscient " - 16,50 €

On trouvera ici un inventaire des sujets que Proust et Freud ont traités, si nombreux qu'on ne les a sans doute pas abordés tous. Les deux hommes, s'ils s'étaient rencontrés, auraient eu tant de choses à se dire ! Dans un genre longtemps illustre, on rêve d'un dialogue des morts. Chaque thème découlant du précédent, en partant du rêve et jusqu'à la mort, nous avons espéré éclairer l'un par l'autre, comme si les discours alternés se fondaient en un propos unique : il faut être deux pour parvenir à la vérité. Ce que j'ai cherché. c'est à comparer deux intelligences, deux attitudes, deux comportements face aux hommes et au monde face à soi aussi. Comme si, des deux termes de la comparaison, des deux pôles de la métaphore, pouvaient, je l'espère, jaillir une étincelle, une idée, une impression poétique. Ainsi se souviendra-t-on toujours de l'un quand l'autre parle.

vendredi 18 mai 2012

La revue nationale des Collèges cliniques n° 11 : "Ce qui nous affecte"

Mars 2012





LACAN, tout au long de son enseignement, précise et nuance l’importance de l’affect pour l’être parlant. À·la suite de FREUD, il donne un statut particulier à l’affect d’angoisse, affect fondamental qui contrairement aux autres affects, ne trompe pas sur sa cause : l’imminence du réel et l’imprévisibilité du désir de l’autre qui surprennent le sujet.

Avec ce thème, « Ce qui nous affecte », l’accent est porté d’emblée sur la distinction à faire entre, ce qui affecte, le langage, et ce qui est affecté, le corps. L’affect est un effet : celui de l’incorporation de la structure du langage, dès les premiers ancrages langagiers de jouissance dans la lalangue maternelle.

Sont examinés ici, les modalités et les limites de cette incorporation, notamment dans la psychose ou dans les expériences de jouissance féminine. L’affect y est envisagé dans son ancrage pulsionnel (sur l’axe satisfaction/insatisfaction), dans le lien au désir de l’Autre (assujettissement ou séparation), dans sa dérive signifiante (glissant de représentation en représentation, il trompe sur sa cause) et dans son rapport au réel.

Est questionnée l’apparition des affects propres à la situation analytique, ceux liés au transfert et au savoir insu de lalangue. Les affects, soumis à l’éthique du bien-dire, se modifient au cours et jusqu’en fin d’analyse et sont transmis dans la passe

mercredi 16 mai 2012

La Rencontre amoureuse. Clinique de la contingence

Ch. Albert, G. Briole, H. Castanet, N. Guey, F. Haccoun, Ph. La Sagna, C. Lazarus-Matet, F. Regnault.


Septembre 2011- Editions Himeros - 28,50 €

Dans son Cours de 2008, Jacques-Alain Miller insiste sur le réel qui tient à la contingence. « Rien ne cesse de s’écrire entre les sexes » dira-t-il. Le réel est tout à la fois celui du non-rapport – c’est le réel qui se démontre comme impossible – et celui de la rencontre dans la relation amoureuse – c’est le réel de la modalité de la rencontre. Le réel comme impossible est le réel de la logique. Le réel de la contingence désigne celui en propre de la psychanalyse. Choisissons de nommer les formes de la rencontre contingente entre les sexes aux fins de tirer des conséquences cliniques de ce réel. En affirmant la contingence, nous faisons surgir « l’acide » » qui détruit toutes les catégories établies, tous les comptages, tous les idéaux scientifiques qui, eux, énoncent le nécessaire, le possible et l’impossible.

Appliquons cette thèse à notre doxa : en quoi et comment le réel de la contingence nous oblige-t-il à repenser notre savoir psychanalytique sur le sexuel ?

En quoi et comment cette contingence est-elle portée par l’acte de l’analyste et si elle n’est pas portée par cet acte, c’est une contingence de seule rhétorique ? En quoi et comment est-elle interne à la cure ?

Ce thème1 est politique non point simplement parce qu’il interroge comment les sexes, par la contingence, se rencontrent ou pas à notre époque, mais parce qu’il affirme que la psychanalyse pose autrement la question. Notre monde – avec ses discours aux artifices ouatés qui plaisent aux maîtres – se voudrait sans réel. En affirmant, avec la psychanalyse, le réel de la contingence - et il n’y a pas d’autre réel que la rencontre contingente entre les sexes – nous sortons du fatalisme du symbolique et des idéaux normatifs – nous sortons de l’imaginaire idyllique où le rapport sexuel se fait avec le corps sans la tête. Une conséquence : l’invention et la réinvention. Mais ces dernières ne font pas ami-ami avec le réel. Elles le rencontrent, en souffrent, consentent ou pas à en tirer des conséquences – et l’une d’elles est justement que la vie n’est pas un songe.

La clinique présentée lors de cette Conversation aura pour enjeu politique de délinéer, cas par cas, ces inventions qui font ( et défont et refont) la rencontre amoureuse aujourd’hui, pas sans réel.

Étonnantes mystifications de la psychothérapie autoritaire

Jean-Claude Maleval



Avril 2012 - Navarin - Le champ freudien - 18,50 €

Trois récentes épidémies de troubles mentaux ont été induites par des psychothérapeutes américains : enlèvements extra-terrestres, sévices subis dans l’enfance, troubles de la personnalité multiple. Comment ces théories rocambolesques ont-elles pu trouver créance et avoir parfois des vertus curatives ?

Ce livre savant, divertissant et polémique, détaille aussi les excès des techniques cognitivo-comportementales, prêtes à tout pour rendre chacun conforme au mythe de « l’homme normal ». Quels sont les artifices utilisés pour les préconiser ?

Jean-Claude Maleval explique les pouvoirs de la suggestion, qui sont au principe de toute psychothérapie. Comment s’y retrouver ? Il trace une ligne de démarcation radicale entre la psychothérapie autoritaire et les psychothérapies relationnelles, ces dernières ayant des points communs avec la psychanalyse.

L'inconscient de papa et le nôtre. Contribution à la clinique lacanienne

Serge Cottet


Mars 2012 - Editions Michèle - 27 €

Cet ouvrage réunit près d’une vingtaine d’articles récents de Serge Cottet.

Leur rassemblement loin d’être arbitraire, a pour fil conducteur l’orientation actuelle de la clinique psychanalytique éclairée par l’œuvre de Jacques Lacan. On y fait valoir les principes du déchiffrage de Freud, leur application à l’actualité des symptômes modernes et du malaise dans la civilisation. Chaque article soulève une question actuelle : la dépression, la sexualité des adolescent, la criminalité, la psychose ordinaire, L’ordre symbolique...

L’ensemble de ces textes est porté par l’orientation d’une école de psychanalystes sensibilisée à la montée de la marée noire anti-freudienne, scientiste et cognitiviste, aujourd’hui confirmée. L’époque d’un Freud incontesté en France est terminée; Depuis une quinzaine d’années, sous l’influence des Thérapies Cognitivistes-Comportementales (TCC) et du « politiquement correct » aux Etats-Unis, la rumeur d’un Freud faussaire veut s’imposer; elle est relayée en France par d’obscurs sophistes qui veulent réduire la psychanalyse à une entreprise de manipulation. Aux dires de jacques-Alain Miller l’éducation freudienne du peuple français reste à faire et passe par l’interprétation, voire la subversion des concepts galvaudés de la psychanalyse; cette actualisation n’est pas à la remorque des sciences humaines ni de la biologie - disciplines étrangères aux effets du langage sur le mode jouissance. Notre contribution s’attache à montrer, dans une identité d’intention, que le post- freudisme ne revient pas à la nostalgie de l’inconscient de papa. La clinique psychanalytique est en prise sur le malaise de notre temps et en fournit la clé.

vendredi 11 mai 2012

Pourquoi les mathématiques comptent pour la psychanalyse

Revue Essaim n° 28, 2012/1


Editions Erès 

Avec les schémas de l'appareil psychique, le moi comme projection d'une surface, l'analyse dite finie et infinie, la Spaltung, Freud ouvre la porte aux mathématiques dans la psychanalyse. La topologie des surfaces et des nœuds que Lacan développe tout au long de son enseignement donne une place à part entière à la mathématique dans la psychanalyse, au point que l'on ne saurait dissocier cette dernière de son abord topologique. Il ne s'agit pas de décalquer sur les fondements de la psychanalyse des modèles mathématiques mais de prendre acte de ce que l'inconscient étant structuré comme un langage, les questions de rapport, de division, de nombre, de représentation et de transformations de l'espace doivent être prises dans un sens littéral, donc mathématique.
Les articles de ce numéro sont issus d'un colloque sur ce thème qui s'est tenu à l'université de Rouen en février 2011, regroupant psychanalystes, philosophes, mathématiciens.

Page 5 : - Argument. Pourquoi les mathématiques comptent pour la psychanalyse | Page 7 à 16 : Jean-Pierre Cléro - Avant-propos | Page 17 à 27 : Jean-Pierre Cléro - Les mathématiques, c'est le réel | Page 29 à 36 : Erik Porge - Le mode de penser topologique | Page 37 à 47 : Gilles Chatenay - Symptôme, pas-tout et à-peu-près | Page 49 à 58 : Guy Le Gaufey - À la recherche d'un roc de la pensée | Page 59 à 68 : Christian Centner - Le lieu de la surface | Page 69 à 84 : Guy Félix Duportail - Le sujet retrouvé ? | Page 85 à 97 : René Guitart - L'idée d'objet borroméen, à l'articulation entre les nœuds et la logique lacanienne | Page 99 à 111 : Yann Diener - Schéma des scissions, graphe de la passe et carte de la dispersion | Page 113 à 121 : Laurent Carrive - Lacan : la psychanalyse, la mathématique et l'impossible | Page 123 à 131 : Vincent Clavurier - La consistance du nœud borroméen : un problème psychanalytique ? | Page 133 à 141 : Christian Fierens - Que veut dire « dire » ? | Page 143 à 159 : Baldine Saint Girons - Des écrits comme « paroles réelles » chez Lacan et chez Vico | Page 161 à 169 : Florence Even - La soirée des nœuds dans Les égarements du cœur et de l'esprit de Crébillon Fils 1736-1738 | Page 171 à 181 : Michael Quinn - L'archétypation et la recherche d'images signifiantes : signifiant et signifié dans la logique de Bentham | Page 183 à 191 : Patricia Janody - Les noces de l'art et de la folie enfantent en politique… | Page 193 à 196 : Fernand Cambon - Brassens et Lacan | Page 197 à 202 : Michel Plon - Fethi Benslama, Soudain la révolution! | Page 203 à 207 : Franck Chaumon - Yann Diener, On agite un enfant | Page 209 à 211 : Sophie Aouillé - Jacques Hassoun, Les contrebandiers de la mémoire | Page 213 à 216 : Sophie Aouillé - Catherine Millot, O Solitude | Page 217 à 220 : Michel Plon - Jean-Claude Milner, Clartés de tout. De Lacan à Marx, d'Aristote à Mao | Page 221 à 228 : Thierry Longé - Stéphane Mosès, Rêves de Freud | Page 229 à 231 : Simone Wiener - Laure Murat, L'homme qui se prenait pour Napoléon Pour une histoire politique de la folie | Page 233 à 241 : Dominique Simonney - Colette Soler, Les affects lacaniens.

De l'homme en psychanalyse

Revue Figures de la psychanalyse n° 23, 2012/1


Editions Erès - 25,50 €

L'inscription des acquis du féminisme dans l'épaisseur du tissu social, associée aux processus de délégitimation de la post-modernité, a porté un rude coup à « l'identité masculine ». Alors quel homme ? Certes, la psychanalyse n'a pas vocation à donner des réponses valables pour tous mais elle fournit un appareil conceptuel adéquat pour interroger la clinique de la différence des sexes. Aujourd'hui le moment est venu pour les psychanalystes de questionner, du côté masculin, l'impact du réel de la différence des sexes sur le sujet.

Page 1 : Michel Soulé - Le maquettiste | Page 12 à 30 : Bernard Golse, Sylvain Missonnier - Hommage à Michel Soulé | Page 32 à 36 : Catherine Chabert - Œdipe aux frontières | Page 37 à 41 : René Roussillon - Deux paradigmes pour les situations-limites : processus mélancolique et processus autistique | Page 42 à 44 : Didier Lauru - Et ta limite ? | Page 44 à 48 : Marie-Camille Genet, Gisèle Apter - Les mères états-limites et leurs enfants : de l'étude longitudinale des interactions mère-bébé au fonctionnement psychique de l'enfant.


Autorité et tentation autoritaire

Revue Le Coq-héron n° 208, 2012/1


Editions Erès

La Personnalité autoritaire d'Adorno est en quelque sorte la référence lointaine de ce dossier. S'intéressant en particulier à l'obéissance, mentionnée souvent dans les déclarations des acteurs sociaux de l'époque, l'auteur y exprime sa perplexité devant les agissements fascistes. Un demi-siècle plus tard, ce texte entre en résonance avec les interrogations d'aujourd'hui liées au climat défavorable à toute activité de pensée. L'air du temps est propice à l'apparition des « guides », des « sauveurs », des porte-paroles de certitudes réligieuses ou scientifiques. Comment distinguer l'autorité de l'autoritaire ? Cette question est l'axe de ce dossier. Il faut d'abord se préoccuper des enjeux de la constitution d'une autorité interne qui permette une prise de parole singulière et non la répétition de quelques « mantras » hypnotiques. En opposition, se pose la question des conditions de reconnaissance de la parole de l'autre comme affirmation d'un pôle ineffaçable.

Page 7 à 9 : Fabio Landa - Éditorial | Page 11 à 42 : Béatrice Fortin - La mort est un maître d'Allemagne. Essai sur une logique du nazisme | Page 43 à 53 : Ghyslain Lévy - Entre spirale de la destruction et survie aux extrêmes | Page 54 à 66 : Jean Peuch-Lestrade - L'autorité des psychanalystes en question ? | Page 67 à 76 : Charlotte Herfray - Autorité et pouvoir | Page 77 à 85 : Lise Demailly - Comment dire l'actuel « malaise dans la civilisation » ? | Page 86 à 92 : Claude Guy - Pouvoir (faire) autorité | Page 93 à 106 : Yves Lugrin - De l'autorité de l'inconscient | Page 107 à 114 : Mireille Fognini - Quand Stefan Zweig stigmatise l'exercice de l'autorité pervertie en tyrannie | Page 115 à 116 : Judith Dupont - Autorité, autoritarisme. Une expérience vécue | Page 117 à 126 : Liliane Irzenski - L'enfant extradé | Page 127 à 134 : Esmat Torkghashghaei - Le dysfonctionnement de la perception | Page 135 à 143 : Jacqueline Rousseau-Dujardin - Devenir de la psychanalyse ? | Page 144 à 145 : Elisabeth Roudinesco - Après-coup | Page 146 : - Lecture.

vendredi 27 avril 2012

Comment la souffrance se dit en rêves ?

Danièle Pierre



Mai 2012 - PUF - 16,50 €

« Le rêve est la voie royale qui mène à l’inconscient », disait Freud. La clinique transculturelle nous invite à lui redonner une place centrale, dans le transfert et dans la thérapie ethnopsychanalytique. D’abord parce que le rêve apparaît déjà interprété de l’intérieur par la culture : le remaniement préconscient de sa façade ordonnant les choses selon la logique culturelle du rêveur, selon sa « vision du monde ». Ensuite parce que nombre de cultures traditionnelles lui accordent une importance capitale dans le processus thérapeutique. 
L’auteur retrace à cet égard les apports de Géza Roheim (Les portes du rêve) et surtout de Georges Devereux (Psychothérapie d’un Indien des Plaines est le premier compte rendu complet d’une thérapie transculturelle). 
Elle propose ensuite de redécouvrir l’intérêt d’un concept freudien longtemps considéré comme mineur : celui de l’élaboration secondaire du rêve, c’est-à-dire le remaniement préconscient de sa façade qui le rend intelligible et communicable dans le registre de la pensée diurne. 
À la lumière de ce concept, à travers l’histoire clinique d’une mère de famille marocaine immigrée en Belgique, le rêve apparaît comme un lieu privilégié de ce qui se noue entre l’individu et son univers culturel. Et il reste toujours le paradigme du travail psychique dans la cure !

jeudi 26 avril 2012

L'Unebévue N°29 : LACAN DEVANT SPINOZA, CRÉATION/DISSOLUTION

L'Unebévue 2012, 22 €




Sommaire

- Il y avait une erreur quelque part. François Matheron. p11

- Louis Althusser et le "groupe Spinoza". François Matheron. p13

 Derrière la reprise de la philosophie conçue comme tâche politique numéro un se dissimule sans doute une transformation beaucoup plus profonde de l’idée même de politique, immédiatement vécue comme impossible, et le « groupe Spinoza » est peut-être, avant tout, un groupe Machiavel dénié. Le « Spinoza » en question est un Spinoza machiavélisé. On le sait aujourd’hui : Althusser s’est profondément identifié, souterrainement, à Machiavel : lorsqu’il réfléchit sur lui-même, il y a toujours Machiavel en toile de fond, et lorsqu’il travaille sur Machiavel, il pense toujours en même temps à lui-même.

- Le sujet du sacrifice : Lacan devant Spinoza. Gabriel Albiac. p31

Nous avons fait le détour par Spinoza – écrivait Althusser – pour voir un peu plus clair dans le détour de Marx par Hegel. Lacan ne se trompait pas lorsqu’il voyait, en 1964, dans ce  rapport à Spinoza, le point d’accord avec ce renouveau du marxisme qui trouvait son noyau chez Althusser dans les années 1960. Il y a du malentendu là, peut-être. Il faudrait, toutefois, prendre le risque de jouer sur ce problème. Il fixe un point de non-retour dans l’histoire du marxisme, mais aussi dans la formulation définitive de la refondation lacanienne de Freud : le spinozisme comme lieu obligé d’une théorie matérialiste de la subjectivité.

- Court billet. Jean-Paul Abribat. p49

Si dans la philosophie, et éminemment celle de Spinoza, la psychanalyse a à reprendre son bien, elle ne peut le faire qu’en perdant la philosophie, et éminemment Spinoza, mais elle ne peut le faire que de traviol.

- Deux "tourniquets" ou une topique : Althusser comme Missing link entre la philosophie, la psychanalyse et la politique. Yoshihiko Ichida. p51

 Examinons de près le rapport entre les trois composantes des « tourniquets » : le concept, le réel appelé événement ou lutte des classes, et le désir ; la philosophie, la politique et la psychanalyse. Le « tourniquet des concepts » est composé des deux premières, et celui « du désir », de la première et de la troisième. Notre intérêt est d’observer ce qui se passe entre les composantes avant qu’elles n’aient deux points nodaux, deux « tourniquets ». Il s’agit d’un rapport à trois termes, d’un système de trois « lieux », qui produit deux sortes de rapport à deux termes.

- Fragments de la machine d'écriture d'Althusser. Les lettres à Franca. Marie-France Basquin. p67

 Malgré l'enchantement du style et la richesse des propos, force est de constater qu’un envahissement progressif oblige, à plusieurs reprises, à arrêter la lecture, à délaisser ce livre imposant de plus de 700 pages. À travers les mises au point récurrentes de Louis à l'occasion des rendez-vous avec Franca, rendez-vous prévus, rêvés, et parfois annulés par lui ou par elle, les lettres, insidieusement, créent peu à peu un enfer. Quelle machine à lettres s’est donc mise alors à fonctionner, entre eux, et pour le lecteur ? On pense évidemment à Kafka, et à la si belle étude de Deleuze et Guattari. S’agirait-il de la même sorte de machine littéraire ?

- Le concept est-il l'apanage du philosophe ? Stéphane Nadaud. p83

S’il est une question que pose le livre d’Attal, La non-excommunication de Jacques Lacan, c’est bien celle du concept. Pluriel plutôt que singulier : questions quant à sa construction, ses déplacements, ses transformations, ses dénominations. Sautant de Spinoza à Lacan (avec ou sans Spinoza), de Machiavel à Althusser (avec ou sans Machiavel), d’Althusser à Lacan et de Lacan à Althusser, le livre de José Attal invite à se demander, de l’Amor intellectualis Dei au désir de l’analyste, passant par le prince, si tout cela est encore, in ou out la philosophie, une question de concepts.

- Un flagrant délit de légender. Mireille Lauze et Jean Rouaud. p93

Pour Gilles Deleuze il y a le cinéma politique classique qui exalte la présence d’un peuple existant, et le cinéma politique moderne, celui de Pierre Perrault, qui «contribue à l’invention d’un peuple là où le maître a dit : pas de peuple ici ». Le cinéma de Perrault est exigeant : voir ce peuple qui manque, peuple mineur et invisible, exige un décentrement du regard car il est plus facile d’enfermer l’autre dans une identité culturelle représentée que de le saisir dans le mouvement d’un peuple à venir.

- Une expérience palpitante. Yan Pélissier. p105

Le 22 novembre 2011, Stéphane Nadaud était l’invité de Book-en-train à l’hôpital de jour pour adolescents de la rue Bayen, à Paris dans le 17e arrondissement, pour un débat autour de son livre Fragment(s) subjectif(s).

- La guerre du soin n'aura pas lieuNunzio d'Annibale. p109

J'ai donc écrit mon mémoire de Master 1 sur le déménagement du Centre de jour de Chatelet-Les-Halles, au 5 rue Saint-Denis dans le 1er arrondissement, sur une péniche dans le 12e. Un mémoire de psychologie clinique sur une question aussi futile, sur un déménagement, je peux vous dire que ça n'a pas plu à tout le monde.Vous avez dû lire un tas de petits articles plus idiots les uns que les autres, sur le sujet. Ce bateau fait un tabac. Ça enfume la Psychiatrie. Après n'avoir parlé que des schizophrènes meurtriers et des Unité pour Malades Difficiles, les voilà qui nous font le coup de la croisière s'amuse. Poor Adamant!

- Lacan en crise. Fantaisie. Christian Simatosp117

La façon dont Lacan jouait de sa personne déconcertait. C’est cela qui produisait la question « que me veut-il ? ». Question que je pourrais formuler autrement : quelle est cette dette qu’il creuse en moi par un discours qui me parle sans s’adresser à moi et auquel je manque à savoir répondre ? Vous voyez que nous ne sommes pas loin du discours amoureux. Il va sans dire que je n’ai pas adopté cet éclairage sans un sérieux recul. J’en déduis, et mon interprétation se résume à cela, j’en déduis qu’on l’aura lâché par dépit, et je me permets d’imaginer que ceux qui l’ont lâché auraient renoncé aux avantages d’une reconnaissance par l’IPA s’ils n’avaient pas été pris dans cette dimension du dépit amoureux.

- Documents sur l'histoire des rapports de la SFP et de Lacan, 1953/1967. Traduit par José Attal. p125

Compte rendu d’une réunion à Londres entre les représentants d’Edimbourg de la SFP et les membres londoniens de la Commission – 25 novembre 1962. Traduit par José Attal.

- Stein chez Lacan, Lacan chez Stein : moments. Jean Allouch. p133

Dans le débat qui les opposa, à moment donné, ce ne fut plus Stein mis en danger par Lacan, mais Lacan par Stein. Lacan dit alors : « L’Autre n’est en aucun cas un lieu de félicité. » Ou encore : « Ce n’est pas le paradis qui est perdu. C’est un certain objet. » Au regard du mysticisme, la seule position tenable, selon Lacan à ce moment-là, fut de ne rien vouloir en savoir. Et c’est donc le mysticisme qui fit ce jour-là point d’achoppement, de rupture. Disposant aujourd’hui d’un certain recul, on sait que Lacan n’a pas pu s’en tenir à ce radical rejet du mysticisme qu’il brandissait contre Stein. Le registre de l’amour chez Lacan, je crois l’avoir montré, est précisément celui-là : mystique.

- Le point de retournement de Lacan. Création/Dissolution. José Attal. p145

 « C'est vous, par votre présence, qui faites que j'ai enseigné quelque chose ». Lacan n’a jamais varié là-dessus, non seulement il n’y a aucun gradus, mais les analysants sont une part active du public. Lacan parle à ceux qui sont en tension avec sa personne, tension produisant une configuration des limites, et qu’il appelle, selon l’usage de la physique quantique et de l’électrostatique : écrantage. Quand il sera mort, et « il est sûr que c’est l’avenir », comment se fera le réglage de la limite dans la configuration des résistances? Le séminaire Dissolution continue de résister, ce n’est guère étonnant puisque la dissolution, c’est l’acte analytique même.

- Jacques Lacan. Séminaire Dissolution, séances de novembre et décembre 1979.Notes de Mayette Viltard. p170

 Les trois premières séances du séminaire Dissolution furent brèves, devant un public très clairsemé. La question soulevée était pourtant d’importance : en quoi est-il différent qu’un nœud borroméen se défasse ou se rompe ? On trouvera l’ensemble du séminaire, 1979-81, sur le site www.unebevue.org

- L'intimité des diagrammes. Claude Mercier. p179

Peirce retient surtout la dimension analogique du diagramme réduit à un rôle d’icône relationnel, alors que Jakobson affirme la dimension virtuelle de tout diagramme, le devenir. En tordant Peirce et en détournant Hjelmslev, Deleuze et Guattari font du diagramme la déterritorialisation absolue, lui donnant toute sa puissance de virtualité. Diagramme et dispositif, le débat entre Deleuze et Foucault, en particulier à propos de Surveiller et punir, doit être étudié, ce qui donne un éclairage inattendu sur la fonction diagrammatique des entretiens que Foucault donnait, en France ou à l’étranger.

- Un rêve mathématique. Colette Piquet. p207

Ce rêve, je l’ai rêvé après avoir lu la veille l’article enchanteur de Gilles Châtelet, « L’enchantement du virtuel ». J’ai rencontré Gilles Châtelet et son enchantement du virtuel un jour où je me demandais quel statut donner aux fantômes du Tour d’écrou de Henry James. Je me suis sentie dans une telle proximité avec les mots, les phrases de Gilles Châtelet que je me suis laissée avaler par lui ou que je l’ai avalé, le temps d’un rêve. Tant je l’ai aimé qu’en lui encore je vis, pourrais-je dramatiquement écrire avec Wittig.

- "J'espère que non !" la dénégation de Royaumont. Jean-Claude Dumoncel. p219

En 1958, à Royaumont, eut lieu un colloque publié sous le titre La philosophie analytique, avec un Avant-Propos de Leslie Beck dans lequel Beck affirmait qu’entre philosophie analytique et philosophie continentale « plusieurs oppositions se montrèrent irréductibles ». Pour les illustrer, il donnait entre autres cette version de la confrontation entre Ryle et Merleau-Ponty : quand Merleau-Ponty demanda : « notre programme n’est-il pas le même ? », la réponse ferme et nette fut : « J’espère que non ».

- Approche de la notion d'autopïèse chez Félix Guattari. Quelle capacité certains systèmes ont-ils de reconstituer en permanence leur structure ? Françoise Jandrot.p223

Guattari écrivait, à propos du livre de Pierre Lévy : « L’ère machinique qui s’ouvre devant nous n’est donc pas nécessairement corrélative de maléfice et de catastrophe ! Tout dépend ici des options éthico-politiques des agencements collectifs d’énonciation qui prendront en charge cette « mécanosphère ». Une des directions prometteuses de ce travail serait sa jonction – toujours les interfaces ! – avec la réflexion de Francisco Varela sur l’autopoïèse, à savoir la capacité des certains systèmes de reconstituer en permanence leur structure ».

- La prison de Lascaux et la grotte du temps logique. Xavier Leconte. p229

Le titre se présente comme un lapsus ; il y a une inversion qu’on voudrait corriger : la grotte de Lascaux et la prison du temps logique ! Sous sa forme inversée, il répond cependant assez bien à ce dont il va être question. Des choses se sont passées entre la grotte de Lascaux et la prison du temps logique, des effets de contamination, d’altération de l’une par l’autre, de la prison par la grotte et réciproquement, des effets qui justifient plutôt ce désordre, cette anomalie liminaires.


dimanche 22 avril 2012

La Cause du désir n° 80 : Du concept dans la clinique

Février 2012


Navarin Editeur - 16,25 €


Éditorial
En ligne avec Jacques-Alain Miller

Du concept dans la clinique


Un bien-dire épistémologique, Serge Cottet
D’un lieu commun…, Pauline Prost
Lacan et son usage du concept, Jean-Louis Gault
Une théorie atopique, Rose-Paule Vinciguerra
« L’Autre qui n’existe pas » et l’inconscient, Pierre-Gilles Guéguen
Ce qui résiste à l’inconscient, Pierre Malengreau
L’interprétation et au-delà, Sophie Marret-Maleval

Du concept dans la passe


Le rien et le massif, une rencontre contingente, Patricia Bosquin-Caroz
L’équivoque, Sonia Chiriaco

Enjeux cliniques


Un éclair dans la clinique, Catherine Lazarus-Matet
Du dit au dire : la place de l’interprétation, Dominique Laurent
Interpréter ce que l’enfant sait, Hélène Deltombe
De la scansion dans la clinique, Jeanne Joucla
Le concept de discours analytique : un outil clinique, Victoria Horne-Reinoso

Lacan dans le monde


Esquisses d’économie politique et psychanalyse, Juan Carlos Indart

Exthème


L’amour, encore, Lilia Mahjoub
Nathalie Sarraute : variations autour de l’impossible à dire, Pénélope Fay

La passe
Un arrachement du réel, Hélène Bonnaud

Rencontre avec Jean Pierre Raynaud
L’intime et la matière 

Élucidations dans le tumulte


Dialogue sur quelques spectacles récents supposés blasphématoires, François Regnault
Le lien social et le sujet : de la totalité à la surprise, Philippe La Sagna

La plume alerte


Entre chiens et loups. Hontologie d’Emmanuel Carrère, Philippe De Georges
Le moment républicain, Pauline Prost

La pause freudienne


Objectif : Jean-Christian Bourcart, Léonor Matet